jeudi 23 novembre 2017
Le temps d'un chroniqueur

Le temps d'un chroniqueur

Les agences de vins se plaignent de plus en plus souvent que les chroniqueurs ne répondent plus à leurs invitations. Les difficultés de circulation en ville et en banlieue sont en partie responsables.

Lorsqu’il faut compter une heure de voiture pour se rendre à une invitation, cela en fait deux pour retourner à la maison ou au bureau.

Les difficultés de stationnement sont endémiques à Montréal et dans certains endroits, et à certaines heures, le stationnement coûtera une vingtaine de dollars. Même lorsqu’on est chanceux de trouver une place de stationnement dans la rue, il est rare que l’on s’en sorte pour moins de 15 dollars.

Autrefois, à la fin de la dégustation, les agences offraient un bon repas aux chroniqueurs, dans un restaurant de qualité. C’était une façon de les remercier de s’être déplacés, d’espérer qu’ils écrivent une chronique, qu’elles ne payaient jamais, et de ne pas les laisser prendre leur voiture le ventre vide et avec de l’alcool dans le corps.

Aujourd’hui, certaines agences coupent dans les dépenses médias et n’offrent, plus souvent qu’autrement, qu'une collation légère. Au moins les chroniqueurs ne pourront plus dire qu’ils sont traités comme des pique-assiettes, il n’y a rien dans l’assiette.
 
Si le chroniqueur accepte d’écrire une chronique, cela va lui prendre 3, 5, 10 heures de travail, ajoutées au transport et au temps qu’il aura passés dans la dégustation, 5 heures de plus, et ses frais de stationnement; cela revient cher de produire une chronique.

Ces agences, qui s’en tirent avec la seule dépense de quelques fonds de verre de vin, sont mortes de rire.
 
Si les chroniqueurs boudent les dégustations chez les agents de vins, la solution la moins chère et la plus équitable, c’est d’envoyer des échantillons aux chroniqueurs, qui vont les déguster, évaluer leur intérêt, et écrire tranquillement leur chronique dans le confort de leur foyer.
 
Il est vrai qu’il y a des agences qui ont décidé de réduire les frais de ce côté également. Elles prétendent se rendre chez les chroniqueurs avec des bouteilles, parfois ouvertes, leur faire goûter un fond de verre, et repartir avec les bouteilles vers un autre chroniqueur ou restaurateur. L’imagination des agences pour sauver de l’argent n’a pas de limites, mais elles se tirent dans le pied, quant à la visibilité escomptée.
 
Je vous invite à lire ces commentaires d'Alexandre Taillefer, alors que le comédien Marc Labrèche le reçoit en entrevue, dans le journal La Presse du samedi 15 octobre 2016:
 
Marc Labrèche : «Parle-moi de ton rôle de chroniqueur dans les pages de Voir…»
 
Alexandre Taillefer : «Je parle d’un point de vue citoyen et j’essaie d’aborder des sujets qui ne sont pas simples. C’est très compliqué d’écrire une chronique. Je ne suis pas capable d’écrire ça en 35 minutes. Ça peut me prendre jusqu’à 20 heures de réflexion sur un sujet et il se peut que je scrappe tout à la dernière minute. Écrire une chronique une fois par mois, ce n’est pas suffisant pour creuser tous les volets d’une question, mais c’est mieux qu’une clip dans le journal ou à la télé. Je pourrais rester assis dans mon fauteuil, mais je me dis que si je veux changer la société, je peux militer et écrire.»
 
Samy Rabbat

À propos de l' auteur

Je suis un «réseauteur dans l’âme» et je suis en charge du développement des affaires dans les réseaux de l'agroalimentaire, des alcools et de l'hospitalité (HRI-HORECA). Mes objectifs sont de vivre en très bonne santé financière, en équilibre et en harmonie.