dimanche 22 avril 2018
Chroniques de Roger Huet
Roger Huet

Roger Huet

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...

Bonjour,

À partir du 11 septembre prochain, je vais animer Littérature et gourmandise, une nouvelle émission de radio au 91,3 FM où nous parlerons de vin.

L’émission aura deux volets : dans le premier je ferai la présentation de textes littéraires formidables sur la gourmandise, de l’antiquité à nos jours. Dans le deuxième volet d’une durée environ de 13 minutes je ferai une entrevue à un producteur qui nous présentera son domaine, elle sera suivie d’une dégustation de quelques-uns de ses produits.

Littérature et gourmandise sera en onde tous les samedis de midi à midi trente.

J’invite les agences à communiquer avec moi, pour me signaler les disponibilités de leurs producteurs, lorsqu’ils seront de passage à Montréal. Elles devront notamment m’indiquer le nom des producteurs, leur origine, et les vins qu’ils souhaitent qu’on déguste et qu’on analyse en ondes.

Il n’y a que seize émissions dans la programmation de l’automne et je souhaite remplir mes horaires le plus tôt possible pour pouvoir réserver les salles d’enregistrement. Les émissions seront préenregistrées.

Radio Ville-Marie a un auditoire de 500 000 personnes; elle diffuse partout au Québec grâce à ses puissants émetteurs. Elle est captée dans le monde par internet.

Pour boucler la boucle, dans une nouvelle chronique à Samyrabbat.com je vais décrire tous les vins dégustés à ma dernière émission radio.

J’attends de vos nouvelles,

Roger Huet
Chroniqueur et Animateur
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514-637-7545

Il y a peu de grands pays producteurs de vins qui soient aussi pauvrement représentés au Québec que la Grèce. Elle a une géographie riche, des climats variés, une tradition dans la production du vin plusieurs fois millénaire. En dépit de cela, lorsqu’un consommateur curieux veut acheter une bouteille de vin grec à une succursale de la SAQ les préposés le regardent avec des yeux sceptiques. Parfois, ils se souviennent que quelque part, dans l’entrepôt, ils ont vu une bouteille de vin grec. Ce qu’ils apportent le plus souvent c’est du Retsina, un vin blanc dans lequel on a fait macérer une boule de résine de pin et qui a un goût rébarbatif pour les non initiés. Le Retsina est fait avec les pires vins, et la production est insignifiante par rapport à la production grecque. En Grèce on trouve la gamme la plus variée dans les rouges et dans les blancs. Les vins de liqueur sont incomparables et les mousseux dignes des dieux de l’Olympe! Pourquoi les Québécois sommes-nous privés de tels trésors?

L’autre jour j’étais invité à une dégustation de vins de la maison Costa Lazaridi, qui avait lieu au restaurant La Queue de cheval. J’ai été accueilli par Tony Manarolis, Président de l’agence Ampelopsis et par l’œnologue Chrissa Giatra. Plusieurs de mes confrères et consœurs étaient présents. Alain Lebel des Fidèles de Bacchus qui rentrait justement d’une visite au domaine Lazaridi, nous racontait son émerveillement.

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Tony Manarolis prit la parole et nous dépeignit Kostas Lazaridis comme un homme d’exception. Milliardaire, il décide de bâtir un vignoble millionnaire à Drama, dans la Macédoine grecque. Au milieu de ses 230 hectares de vigne, il a construit un complexe vinicole d’avangarde, qui est une merveille architecturale. Il l’a doté de l’équipement le plus moderne pour la fabrication de vin et la distillation d’eau de vie. Le centre dispose de services pour accueillir les visiteurs. Près d’Athènes, le promoteur a créé un deuxième complexe de 113 000 pieds carrés qu’il a baptisé Oenotria Gi Costa Lazaridi. On y trouve un cellier souterrain, un Musée du Vin, et des facilités intérieures et extérieures pour accueillir des événements sociaux et d’entreprise.

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Chrissa Giatra, était assise à côté de moi, Elle ressemble, en plus belle, à Angelina Jolie. Elle prit la parole et nous demanda si elle pouvait s’adresser à nous en anglais. Je lui répondis que nous aimions beaucoup son accent grec quand elle parle français, et lui croquai une photo. Elle acquiesça de bonne grâce et nous expliqua que l’équipe de techniciens et de scientifiques de l’entreprise Lazaridi était unique en Grèce et que c’était le seul producteur de vins qui comptait avec les services de Michel Rolland. Le Domaine Lazaridi fait de la culture biologique et n’hésite pas à assembler des vins issus de cépages grecs et de cépages français et italiens, bien qu’il produise aussi quelques vins de monoculture.

Elle nous présenta ensuite les principales collections : L’Améthystos qui se déclinent en blanc, en rouge, en rosé et en cava. Le nom est inspiré de la pierre semi-précieuse, qui selon la légende a le pouvoir d’empêcher de s’enivrer ceux qui la portent comme amulette.

Après les Améthistos, Kostas Lazaridis a créé la série Château Julia, en honneur de sa femme. Alain Lebel nous a témoigné de sa beauté et de sa grande élégance. Les Châteaux Julia se déclinent en blanc et en rouge. En blanc avec les Charonnays de Drama et d’Adriani, l’Assyrtiko et le Sémillon. En rouge ils se déclinent en Merlot et en Refosco-Agiorgitiko.

Il y a la collection Domaine Costa Lazaridi qui se décline en blanc avec Syrah, Viognier, Viognier-Muscat et Mallagouzia-Muscat et en rouge avec Cabernet Sauvignon et Syrah.

La collection Oenotria Land, en rouge seulement, se décline en Cabernet Sauvignon, en Agiorgitiko et en Syrah-Agiorgitiko, qui porte la signature Michel Rolland.

Le Domaine Costa Lazaridi a aussi une collection de Magnums de 1,5 et de 3 litres dont les bouteilles sont peintes à la main par trois de ses artistes à domicile, Yannis Nanos, le créateur de toutes les étiquettes du domaine, Konstantinos Kesrestetzis et Diana Papadopoulou. Ces artistes expriment leur art sur chaque bouteille pour le seul plaisir des collectionneurs.

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Imad Nawani, Maître d'Hôtel au restaurant La Queue de Cheval.

Tony Manarolis nous a montré deux magnums qu’il a reçus en cadeau et qui sont des œuvres d’art.

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Légende de la photo: Tony Manarolis pointant un magnum!

Nous avons commencé la dégustation avec l’Amethystos Sauvignon blanc 2009. Belle robe jaune. Bouquet complexe de vanille, de fruits secs, de noix. Une touche minérale joyeuse et de la fraicheur qui joue avec vos papilles. Il a cinq ans de garde. (Importation privée $ 30).

On nous a servi l’Oenodea White 2009, fait de Mallagouzia et de Muscat. Robe cristalline or clair. Bouquet fleuri et fruité plein de nuances. En bouche ample, toujours fruité et minéral. Semi-sec, Longue finale élégante. (Importation privée $ 18)

Commença alors la symphonie des rouges. On nous servit d’abord l’Amethystos Red 2007, 80% Cabernet Sauvignon, 15% Merlot et 5% Agiorgitiko. Vieilli en cuves de chêne français pendant 12 mois, avant d’être embouteillé. Robe rouge foncé avec des reflets violets. Beau bouquet de fruits rouges, de cardamone et de vanille. Belle amplitude en bouche, avec des nuances de cerise et de groseille, des tanins fins, de la fraîcheur, beaucoup d’élégance. Un vin à boire jeune (SAQ 24,85).

Le sommelier nous versa de l’Améthystos Cava 2004, 100% Cabernet Sauvignon. Ce vin a maturé 18 mois en barriques françaises neuves et 2 ans en bouteilles avant d’être vendu. Robe rouge foncé, vin charnu qui laisse de belles larmes sur le verre. Nez ample, épicé, nuances de café, de chocolat, de tabac blond et de framboise. Complexe en bouche, des tanins puissants mais ronds qui tapissent vos papilles avec élégance. Belle et longue finale. Un vin qu’on peut garder jusqu’à 20 ans. (SAQ $48).

On nous a versé un Domaine Costa Lazaridi Syrah 2006. Robe rouge foncé, reflets violets. Arômes de petits fruits des bois, de violette et de lavande. En bouche ce sont les fruits qui prédominent, surtout la cerise, mais il y a aussi des saveurs de pain d’épices, de réglisse, une belle fraîcheur, des tanins ronds et bien fondus et une belle et longue finale. (Importation privée $ 35).

Le sommelier nous apporta un Château Julia Refosco-Agiorgitiko 2006, qui est un assemblage de deux cépages, l’un italien et l’autre grec. Belle robe, rouge foncé. Nez complexe de chocolat, de noix de coco, de vanille, de fruits rouges. Ample en bouche avec beaucoup de fraîcheur, des tanins fermes et une finale marquée par le boisé. C’est un vin de longue garde. (Importation privée $ 37 la bouteille, caisses de 6 bouteilles).

Pour finir nous avons goûté l’Œnotria Land Syrah-Agiorgitiko. Le raisin est vendangé lorsqu’il garde encore de sa verdeur, pour qu’il ait un caractère structuré, masculin, riche. Les peaux sont laissées longtemps en contact avec le moût pour qu’elles donnent au vin sa personnalité et sa robe rouge foncé. Ce vin a vieilli 3 ans en barrique et un an en bouteille. C’est le trésor de la gamme et il est signé Michel Rolland. Arômes de figue et de chocolat, de prunes et de vanille. C’est un vin élégant. En bouche il est rond, caressant, tout en finesse, des tanins veloutés et une longue finale à peine boisée. C’est un vin superbe dont nous avons eu l’honneur de déguster la première bouteille arrivée à Montréal. (Importation privée $ 100 la bouteille, caisses de 6 bouteilles).

Les verres ont été changés. Le banquet a commencé. L’équipe de La Queue de Cheval nous a servi deux entrées, tout d’abord un Mezze Ouzo – féta au four, olivies Kalamata, sardines marinées, tomates rôties, échalotes grillées – accompagné d’une coupe d’Améthystos Sauvignon blanc.

Chrissa Giatra leva son verre et nous souhaita «Yamas!» – bonne santé – en grec. Je lui proposai de trinquer à la manière des moines espagnols, en silence, car ils font des vœux de silence, et avec les yeux fermés… et le miracle se produisit, nous fûmes traversés par un frisson qui fut remarqué des autres convives. Tous les garçons voulurent trinquer avec Chrissa comme des moines espagnols, mais Chrissa leur répondit avec une moue fort gracieuse qu’ils devaient se conformer du «Yamas!»

On nous apporta une soupe Avgolemono : bouillon de poulet maison, riz, émulsion d’œufs et jus de citron. La conversation était festive. Les confrères et les consœurs journalistes gastronomes étaient en verbe, ils sont toujours fort spirituels.

On nous servit l’entrecôte USDA Prime, vieilli à la perfection dans les celliers de La Queue de Cheval, servi avec des rognons grillés, et une salade féta. En accompagnement, on nous versa de l’excellent Amethystos Cava 2004.

Comme dessert on nous apporta le typique : yogourt, miel grec et noix, accompagné d’un Domaine Costa Lazaridi Viognier et Muscat, un vrai délice. La Queue de Cheval a réussi un beau mariage mets et vins.

Félicitations a Tony Manarolis pour le charmant repas qui nous a permis de rencontrer Chrissa Giatra et de découvrir les trésors du Domaine Costa Lazaridi

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux

Adresses utiles :
Agence Ampelopsis : www.ampelopsiswines.com
Domaine Costa Lazaridi : www.domaine-lazaridi.gr
Queue de Cheval: (514) 390-0090

mercredi, 04 août 2010 23:52

Le magicien

J’ai été agréablement surpris en ouvrant une invitation de Sylvie Cardin, directrice des communications à La Céleste Levure pour rencontrer François Lurton à une dégustation de vins au Toquet.

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François Lurton est une vedette dans le monde vinicole, il a de grands vignobles en France, en Espagne, au Portugal, en Argentine et au Chili. Il ne produit que des bons vins. Son père est lui-même un viticulteur renommé de Bordeaux, André Lurton, propriétaire entre autres du Château Bonnet, de La Louvière et de Dauzac. On dit qu’il aurait possédé autrefois le Château Margaux.

Né dans un vignoble, François, tout jeune a participé aux travaux de la vigne. En 1988 riche de son expérience il se lance en affaires comme consultant de grandes sociétés productrices et distributrices de vins. Il fonde un peu plus tard une maison de production avec son frère Jacques. Leur entreprise prospère et en 2007 François rachète la part de Jacques qui part développer des projets en Australie. La compagnie prend le nom de Domaines François Lurton.

«Il est possible de faire du bon vin, partout où pousse la vigne dans des conditions normales», affirme François Lurton. Il sélectionne soigneusement les terrains, plante des vignes adaptées à chaque terroir. Ses vins sont vieillis et mis en bouteille dans chaque pays, certains sont envoyés à son immense entrepôt de Bordeaux pour consolidation.

Voilà ce que je savais de lui au moment où j’ai traversé les portes du Toqué. Dans la salle réservée j’ai rencontré Sylvie Cardin et Jacques Lessard de La Céleste Levure qui représentent les vins français, chiliens et portugais des Domaines François Lurton. Il y avait aussi Sylvain Brizard des Vins et Spiritueux Diamond Estates qui en représente les vins d’Argentine et Marguerite Aghaby de L.B.V. International qui s’occupe du portefeuille des vins d’Espagne, plusieurs journalistes étaient là, ainsi qu’un jeune homme dans la trentaine que je pensais être un des œnologues de Lurton. Je me suis penché vers ma voisine et je lui ai dit ma déception pour l’absence de Monsieur Lurton. Elle m’a signalé le jeune homme et m’a dit «c’est lui». Comme l’entreprise a pris vingt ans à prendre la taille qu’elle a, je me suis dit qu’à moins d’avoir commencé à l’âge de quinze ans, il ne pouvait être que le fils de François. Le jeune homme prit la parole et avec verbe et passion nous a décrit sa vie, son entreprise, ses vignobles. Il possède 450 hectares, et avec des fermages il en gère 700. Rigoureux dans ses méthodes, il s’impose de goûter personnellement aux baies de chaque vignoble avant les vendanges; ce qui l’oblige a se déplacer sur cinq pays, mais qui lui permet également de choisir la vinification à donner à chaque vin, en fonction du raisin que la vigne à produit dans l’année. Il produit ainsi 70 vins, avec des arômes qui interprètent le terroir. Il nous a invité à déguster ses vins, en commençant par les blancs.

Le sommelier nous a servi Les Fumées Blanches 2009, vin du Languedoc sans indication géographique, fait de l’assemblage d’une dizaine de Sauvignons de la région de Gers. Belle robe jaune tirant vers le vert. Arômes de fruits et de fleurs qui vous explosent gentiment dans la bouche. Beaucoup de fraîcheur et des saveurs d’agrumes qui se fondent avec élégance (SAQ 13,85) Un cadeau à ce prix! Monsieur Lurton pense que le Languedoc est la prochaine Bourgogne pour les blancs.

On nous a servi un deuxième vin, le Pinot Gris, Valle de Uco 2010, un vin de la région de Mendoza, Argentine. Lorsque François Lurton a acheté le terrain, c’était un désert. Il a voulu planter des Pinots Blancs et par erreur ils ont planté des Pinots Gris, qui sont devenus à la mode. En 2010 il a fait un vin 100% Pinot Gris. Belle robe jaune aux reflets d’émeraude, Complexe et plein de finesse. La minéralité se fond avec le fruité, de façon harmonieuse. Disponible (SAQ $14,95).

Le sommelier nous a versé le Gran Lurton, corte Friulano 2009, élevé en barrique de chêne français. Pour protéger le raisin de la grêle ils placent des filets au-dessus du vignoble. Robe pâle, des arômes charmants de fleur d’oranger et d’acacia, de pommes vertes et d’agrumes. Beaucoup d’harmonie, long en bouche. Disponible (SAQ $22,90)..

On apporta un vin d’Espagne de la région de Rueda. Le vin de Rueda est toujours blanc. C’est une région dont les vins aujourd’hui ont une énorme demande. L’Hermanos Lurton, de Rueda. 85% Verdejo, 10% Sauvignon et 5% Viura a une robe claire; très rond, très doux, arômes de pêche et d’abricot, une touche minérale. Un vin de plaisir d’une grande élégance. Disponible en importation privée.

Les sommeliers retirèrent les verres de blanc et apportèrent le premier rouge, le Malbec Reserva 2008, un vin de la région de Mendoza (Argentine). Belle robe rouge sombre. Vin puissant aux arômes de figue. En bouche, structuré, robuste, complexe, mais à la fois rond. Il glisse dans votre gorge comme du velours. (SAQ 16.95).

Le Sommelier nous versa le Gran Lurton Cabernet Sauvignon, de Mendoza. Un vin fait à 85% de Cabernet Sauvignon et à 15% Malbec. Les raisins sont récoltés à la main, un premier tri manuel sur table vibrante et les baies sont passées sur tribaie, une machine qui fait une sélection par densité. On fait deux macérations, la première pré-fermentaire à 8o C, pendant 5 jours, ensuite une fermentation dans des cuves en ciment, suivie d’une deuxième macération avec des remontages réguliers. Le vin est élevé dans des barriques de chêne français et américain, dont la moitié sont de premier vin. Le résultat c’est un vin rouge rubis, aux arômes de violette, rond en bouche, boisé, herbacé, astringent, minéral et superbement bon! (SAQ $22.95).

Toujours d’Argentine, le sommelier nous a versé le Piedra Negra Malbec millésime 2006. Ce vin exige toute la maîtrise de François Lurton sur la vigne. Il effectue une taille courte à la fin de l’hiver. Il procède en été à des vendanges partielles en vert, pour favoriser la maturation et la concentration des raisins qu’il laisse sur la vigne. La date des vendanges est décidée par analyse gustative vers la fin de l’été. Il laisse macérer pendant 7 semaines, avant de soumettre le moût à une fermentation malolactique en barrique, et d’élever ensuite ce vin dans les mêmes barriques pendant trois mois. Il complète la vinification dans des barriques de chêne français de 225 litres, dont 50% sont neuves et 50% de premier vin. Le vin ainsi obtenu a une robe rouge foncé. Un nez puissant et riche en arômes de fruits rouges, de pain d’épices et de cacao. En bouche, il est ample; on retrouve le fruité des arômes, des tanins ronds et bien fondus qui tapissent votre langue. Une longue finale. Un vin élégant du début à la fin (SAQ $ 34.75).

Le sommelier nous a servi un vin du Chili de la Vallée de Colchagua appelé Hacienda Araucano Reserva, millésime 2008, 100% Carmènere, le cépage de spécialité chilienne. Vendanges manuelles, fermentation en cuves inox avec des levures choisies, pressurage en ne gardant que les premières presses pour éviter d’avoir des tanins acerbes. La moitié est élevée en barriques de chêne français pour arrondir encore les tanins. Le vin a une belle robe rouge sang. Beau bouquet de fruits rouges mais aussi de tabac, de cardamone. Ample en bouche, boisé, des tanins ronds. (SAQ $ 14.95)

On a rempli nos verres de Hacienda Araucano Reserva 2009, 100% Pinot Noir. François Lurton nous a dit combien il aimait les Pinots Noirs du Nouveau Monde, tellement plus ronds que ceux de France.

Le Hacienda Araucano est un vin étonnant et complexe. Il n’est pas très minéral, mais il a un bouquet agréable, fleuri, une belle rondeur et il est long en bouche. Un vin de gourmet (Disponible en importation privée).

Le sommelier annonça qu’il allait nous servir un vin espagnol. J’ai ressenti un joyeux frisson. Le vin rouge en Italie, en France et dans le Nouveau Monde c’est un vin tranquille, en Espagne c’est un vin joyeux, un vin de fête. C’est le vin que tu bois dans de tout petits verres en dégustant des tapas, lorsque tu fais la tournée des bars avec des amis, après le travail. C’est un vin que tu bois dans une « bota» (petite outre), quand tu assistes à une «corrida» en criant «Olé» au son des pasodobles, c’est encore le vin que tu bois sec, avant de te lancer devant la meute de toros à Pampelune pour les «Sanfermines». Si elle te rattrape tu es encorné alors tu cours à en perdre haleine et lorsque tu es à bout de souffle, tu te hisses à un balcon bas et tu vois passer la meute beuglante à quelques centimètres au-dessous de toi, et tu as une montée d’adrénaline incroyable.

L’Heredero Lurton Tempranillo 2008 c’est cela. Un vin rouge foncé, tannique, riche en saveurs, assez alcoolisé. Sur la région de Toro d’où il provient, François Lurton s’est associé à Michel Rolland qui a permis à tellement de vins d’évoluer et de s’épanouir. (SAQ $ 14.95) .

Monsieur Lurton nous annonça que nous allions terminer la dégustation avec des vins du Portugal.

Au Portugal il y a 323 variétés de raisin qui se retrouvent souvent mélangées dans un même terroir. On nous versa un Barco Negro Douro 2008, un multi cépage de vignes pré-phylloxériques. Robe rouge, presque noire. Arômes de caramel, de cerise bien mûre, de clou de girofle. Frais en bouche, festif, un bon degré d’alcool. (SAQ $ 14.90) .

Pour finir, nous avons dégusté le Quinta do Malho 2007. Un vin multi-cépages. Après récolte, les raisins sont foulés dans le «lagar», à l’ancienne. Robe rouge noir. Arômes de caramel, d’épices, de tabac, de chocolat, de fruits rouges des bois. En bouche beaucoup de fraîcheur, des tanins ronds, une belle et longue finale. Un vin de gourmet. (Disponible en importation privée).

On changea nos verres, on nous servit le repas. Des grisini enrobés de prosciutto en entrée, suivis de pieuvre et salade. Ensuite moelle de bœuf, champignons, parmesan et croutons, puis carpaccio de bœuf, morilles, asperges et fromage et finalement un bon dessert : crème à la rose, sorbet à la fraise et fraises des bois. Nous avons accompagné le repas des vins de Domaines François Lurton.

Au café, je posai la question qui me brûlait depuis le début : l’âge de François Lurton. J’ai 52 ans, dit-il. Je lui demandai quel était son secret pour en paraître 35. Il me répondit qu’il tenait cela de famille et que son père à 84 ans en paraissait vingt de moins et dirigeait personnellement ses vignobles.

J’avais un oncle, un peu original qui s’adonnait un peu à l’alchimie. Il croyait fermement à l’existence de la «Fontaine de Jouvence» et faisait des travaux mystérieux pour obtenir la pierre philosophale, celle qui transforme le plomb en or. Il nous a quittés sans avoir jamais percé ces deux mystères.

J’avais devant moi, au Toquet, un homme qui avait bu dans la Fontaine de Jouvence et qui transformait le raisin en or!

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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Voici les adresses des Domaines François Lurton et de ces agents au Québec :
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La Céleste Levure. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Vins et Spiritueux Diamond Estates. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
LBV. International Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Dans le monde des vins, certaines rencontres sont particulièrement heureuses et instructives. L’autre jour Marnie Williamson, déléguée pour le développement du marché canadien pour Wine Australia m’a invité à une classe de maître comparative au Lion d'or.

Je me suis rendu au vénérable café-théâtre de la rue Ontario ou j'ai été reçu de la façon la plus charmante par Marnie qui m'a offert une coupe remplie d'un excellent mousseux Thorn Clarke Sandpiper Brut NV. (18.90$ Représentés par Les Vins la Rochelle inc.)

Le lobby était plein de conseillers de la SAQ, où j’ai aussi rencontré des bons amis chroniqueurs et sommeliers. Catherine Dupont était là, elle vient de lancer son entreprise Rhé-To-Rik pour la révision, et la conception de textes; métier ô combien rare et nécessaire, à cette époque de communication électronique ! (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.).

J'aime bien les dégustations à l'aveugle, elles nous permettent de repositionner les vins. Lorsque le prestige des marques et la force de promotion ont un trop grand poids sur le critère de qualité, la dégustation à l'aveugle nous donne l'heure juste.

Lorsque les portes se sont ouvertes et que nous avons pénétré dans la salle, des dizaines de tables impeccablement mises nous attendaient. Il y avait 21 verres en 4 rangées devant chaque chaise. J'ai pris place entre mon ami Claude Grenier qui fait des photos exquises et Geoff McFadzean développeur du marché du vin au Canada. Sur l’estrade, nos trois animateurs, Véronique Rivest, une de nos plus grandes sommelières, Bill Zacharkiv, chroniqueur de vins à The Gazette et Nadia Fournier, l'étoile montante, co-auteure du Guide Phaneuf des vins.

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Crédit Photo: Véronique Rivest

Les sommeliers nous ont servi cinq vins 100% Chardonnay. Nous les avons goûtés, en essayant de débusquer les intrus, car tous n'étaient pas Australiens. Une fois l’exercice terminé, les animateurs nous ont demandé nos préférences, et nous avons pu constater combien les avis étaient partagés, même au niveau des animateurs.

Voici les vins que nous avons testés :

Yabby Lake Chardonnay 2006, Mornington Peninsula, 41.95$
Verget, Pouilly-Fuissé 2007, Terroir de Vergisson La Roche, 46,75$
Shaw & Smith M3 Chardonnay 2008, Adelaide Hills, 40.00$, Représentés par Altovin
Oakridge Chardonnay 2008, Yarra Valley, 50.00$
Paul Hobbs Chardonnay 2006, Russian River, 75.50 $

Au goût, il nous a été impossible de déterminer l’origine de ces vins

Les numéros correspondant aux vins australiens sont les 1, 3 et 4.

À tour de rôle Véronique, Bill et Nadia nous ont raconté l’Australie des Chardonnays. Les régions où on les cultive, les caractéristiques du sol et de la vinification, et finalement leurs visites aux vignobles.

Nous avons recommencé l’exercice avec 5 vins 100% Pinot noir, là encore les préférences étaient partagées et l’origine très difficile à déterminer.

Voici les Pinots que nous avons testés :

Gulf Station Pinot Noir 2008, Yarra Valley, 24.65$,représentés par Les Sélections François Fréchette
Oakridge Pinot Noir 2008, Yarra Valley, 33.00$
Coldstream Hills Pinot Noir 2007, Yarra Valley, 35.00$,représentés par Fosters Wine Estates
Pommard 2007, la Chaniere , Marechal, 49.25$
La Crema Pinot Noir 2008, Russian River, 44.25$

Voici les numéros correspondant aux Pinots noirs australiens: 1, 2 et 3.

Encore une fois nos animateurs nous ont fourni une riche information sur tout ce qui concerne la culture et la vinification du Pinot noir en Australie.

Et nous avons commencé la troisième ronde des dégustations avec six Syrah ou Shiraz, comme disent les Australiens.

Voici ceux qui nous ont été servis :

François Villard Saint-Joseph 2007, 64.25 $
Jacob’s Creek Centenary Hill Shiraz 2004, Barossa, 49.95$,représentés par Corby Distilleries
Austin Hope Syrah 2005, Paso Robles, 51.25$
Peter Lehmann Stonewell Shiraz 2004, Barossa, 74.95$, représentés par Société Commerciale Clément
Thorn-Clarke William Randell Shiraz 2006, Barossa, 49.00$,représentés par Les Vins la Rochelle inc.
Fox Creek Reserve Shiraz 2006, McLaren Vale, 70.00$,représentés par Nathan Cunningham

Les Syrah australiens sont les numéros 2, 4, 5 et 6

Les informations apportées par nos animateurs étaient toujours précises.

Les sommeliers nous ont finalement fait le service des Cabernet-Sauvignon :

Château Reynella Cabernet Sauvignon 2005, McLaren Vale, 32.25$,représentés par Vincor Canada
Alkoomi Blackbutt 2005, Frankland River, 42.00$,représentés par Les Champs Ensoleillés inc.
Heitz Cabernet Sauvignon 2005, Napa Valley, 52.50$
Château Smith-Haut-Lafitte 2006, Pessac Léognan, 80.00$
Katnook Estate Odessy Cabernet Sauvignon 2005, Coonawarra, 75.00$ Représentés par Charton Hobbs

Les numéros correspondant aux vins australiens sont les 1, 2 et 5.

N’étant pas des néophytes, les participants à la dégustation à l’aveugle, avons été sincèrement impressionnés par la qualité des vins australiens qui égale déjà les meilleures productions d’Europe et des États-Unis.

Nous avons été charmés par les commentaires de nos trois animateurs qui nous ont fait passer deux heures bien agréables.

Si vous voulez connaître plus sur les vins d’Australie ou préparer un voyage de découverte, vous pouvez contacter Marnie à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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jeudi, 29 juillet 2010 22:19

Une soirée au F Bar

Lorsque Marie Andrée Gagnon m’a invité à un souper de presse au F Bar, je me suis demandé comment allait se situer le dernier-né des Ferreira, par rapport au Ferreira Café qui est un des hauts lieux de la gastronomie portugaise à Montréal.

Le F Bar est en pleine place des Spectacles, devant la magnifique fontaine qui fait danser les jets d’eau qui se colorent pendant la nuit.

Conçu par les architectes de la Ville de Montréal, Le F Bar est un long tube carré, rempli de tables, divisé en deux par un comptoir d’alcools. Les cuisines sont au sous-sol. Autant le Café Ferreira est feutré, autant le F bar est moderne, clair, très en fête. Une terrasse longe le local sur la Place des Spectacles comme un balcon de théâtre. Le midi on peut y déjeuner pour 20 dollars, qui est un prix excellent pour une cuisine de qualité. Le concept « lowfood bistro» a été lancé en France pour la première fois par le triple étoilé Antoine Westermann, avec un succès colossal.

labellesicilienne

«La belle sicilienne!»

Carlos Ferreira n’a pas voulu que le F Bar soit une copie réduite du Ferreira Café. Il a embauché un chef français, Gilles Herzog qui a créé une cuisine créative et moderne avec quelques éléments de cuisine portugaise. Parmi les entrées, les calmars frits en croûte de maïs, mayo limépicée est un chef d’œuvre. La soupe glacée aux pois frais, saucisson noir, croûtons, menthe et écume de fromage de chèvre frais, est délicieuse. Il y a un choix de six entrées à midi, et neuf le soir. Les plats principaux sont encore plus admirables. Pour la plupart ils sont servis dans des cocottes individuelles qui servent d’assiettes. Imaginez un flétan, condiment de raisins noirs, persil, amandes, beurre, noisettes et Xérès, ou un poulet de Cornouailles grillé à la Portugaise, calmars fondants et lentilles. C’est tellement bon que vous regrettez de ne pas avoir une cuillère pour racler la sauce au fond du pot. Il y a six choix de plats principaux à midi et dix le soir. Après vous devez succomber au charme des desserts. Le riz au lait, à la vanille, griottes au porto et estragon est délicieux, mais le sablé à la fleur de sel d’Algarve, crémeux de dattes et yogourt de chèvre glacé c’est péché. Un excellent expresso pour terminer, je vous laisse imaginer le bonheur de vivre.

La carte des vins est intéressante. Les vins portugais sont à l’honneur mais il y a aussi des vins français, italiens et espagnols, de très bons portos et des champagnes.

Le service est à la hauteur! En cuisine c’est le règne des hommes, sur le plancher, des jeunes femmes superbes, secondées par une équipe de serveurs, veillent à vous faire vivre un instant de pur bonheur. On vous laisse manger à loisir, mais elles sont conscientes qu’à midi et peut-être le soir, avant un spectacle vous pourriez être pressés. On réduit donc votre temps d’attente. Une assiette dégustée, l’autre ne tarde pas à arriver et toujours avec un sourire, et un mot gentil.

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Martine St-Cyr

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Julie Chapdelaine

Je sais que je vous ai donné envie de découvrir le F Bar de la Place du Quartier des Spectacles. Vous ne serez pas déçus! Quant à moi, j’y compte bien y retourner bientôt.

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux.
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samedi, 17 juillet 2010 09:14

Trois vins qualité-prix imbattables

Souvent mes amis me disent, tu décris de bien bons vins, mais ils sont parfois dispendieux. Ne connais-tu pas quelques vins à petits prix?

Justement j’ai eu dernièrement l’opportunité de découvrir trois vins très sympathiques, et dont les prix sont imbattables. Il s’agit de trois vins américains dont le prix est seulement 9,95$ la bouteille à la SAQ.

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Le premier est le Barefoot Pinot Grigio blanc, qui est très frais,

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le deuxième est le Barefoot Shiraz, à robe rouge foncé, arômes de fruits rouges,

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et le troisième est le Barefoot Zinfandel à la robe rouge sombre; épicé et fruité. C’est un vin jeune qu’il faut de préférence faire décanter au moins une heure. Mais c’est aussi un vin idéal pour faire des Sangrias espagnoles maison. Mélangez un litre de Barefoot Zinfandel, et un litre de Ginger Ale dans un grand bol, ajoutez deux oranges coupées en quatre avec la pelure. On laisse refroidir pendant une heure et on sert. Simple et facile. Cette délicieuse et rafraichissante boisson est idéale pour tout l’été.

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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vendredi, 16 juillet 2010 21:40

Un banquet décadent à Montréal

Lorsque Marc Bolay m’a envoyé une invitation pour un banquet de Presse à l’Auberge St Gabriel, dans le vieux Montréal, je me suis rappelé avec nostalgie du temps où j’amenais ma fille, alors petite, pour le brunch du dimanche.

J’ai toujours aimé ces vieilles pierres qui transpirent l’histoire. L’auberge a été bâtie en 1688, du temps du Régime français, par un soldat entrepreneur dont on a oublié le nom. Après de multiples vocations, elle est devenue finalement un restaurant gourmet, aujourd’hui propriété de Marc Bolay, Guy Laliberté et du charmant Garou, qui viendra peut-être vous serrer la main s’il n’est pas en tournée ou en spectacle.

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Marc Bolay et Garou

Le désigner Bruno Braën a fait un travail intéressant en mettant en valeur des éléments traditionnels de l’édifice avec des éléments ludiques qui nous incitent à la détente et à la joie. À l’entrée vous tombez nez à nez avec la colonne vertébrale d’une baleine qui placée à la verticale couvre deux étages. Il y a des aires pour passer un bon moment avec des amis où des tables de pierre émergent du sol, lui aussi en pierre. La section bar est aérée, longue, bien fournie en bouteilles, servie par la charmante Shereem. Devant le bar les bancs sont recouverts de la véritable étoffe d’uniforme du Régiment francophone, Royal 22e. Au fond, deux corps d’orignaux servent de pied de lampe; à droite, sous une murale de Jordi Bonnet des tables émergent des troncs d’arbre. L’auberge a un extraordinaire logo, une création de Caroline Desvaux de l’agence Bleublancrouge.

J’ai été accueilli par Marc Bolay avec une coupe de champagne. Des personnalités très connues de la presse gastronomique étaient là. La décoration hétéroclite a opéré sa magie et nous avons bavardé comme des bons vieux amis, même lorsque nous venions de nous connaître.

Nous avons été invités à passer à table. À l’entrée de la salle à manger, on nous a présenté des plateaux avec des bouchées, des tartiflettes de pomme de terre au lard et aux chanterelles, suivies de bruschettas et d’une bombe farcie au foie de volaille avec condiment de raisin blond et pistache qui était péché. Il s’en est suivi un petit gazpacho, du saucisson vaudois maison et des petits hamburgers de bison, oignon rouge confit au porto et mayonnaise à l’huile de truffe. Pour boire, au choix du champagne ou vin blanc.

Après ces hors d’œuvre, nous avons pris place dans la longue table au centre de la salle à manger.

On nous a servi une délicieuse soupe froide de petits pois, menthe et pamplemousse suivie de rillettes de Tours maison, mostarda et moutarde de violettes et une salade de pousses et d’herbes fraîches.

La conversation allait bon train, les vins étaient bons, les convives heureux Lorsqu’on déposa à notre table un incroyable plateau de fruits de mer. Des calmars frits en croûte de polenta épicée, côtoyaient des pétoncles poêlées sauce dolce forte, faite d’orange, de miel et de gingembre, et sa brunoise de concombres, tandis que d’énormes huitres winamp, condimentées au vinaigre balsamique blanc, échalote et thym, faisaient les coquettes avec des crabes des neiges, sauce cocktail. Dans un coin du plateau, des crevettes géantes de taille olympique, entouraient une salade de palourdes. C’était frais, goûteux, extraordinaire!

Ceux qui pensaient que le banquet était terminé se trompaient. Le chef Gonzalez et son adjoint nous ont présenté une pièce de viande remarquable encore crue, pour nous apporter un peu plus tard un plateau de chateaubriand de l’auberge accompagné d’un boudin délicat. Comment résister à l’appel de la chair d’une cuisson et d’une tendreté parfaites? Alors Garou est venu nous dire bonjour, avec la gentillesse et le sourire qui le caractérisent. Il a répondu à nos questions et a accepté de bonne grâce de poser pour nos photos.

Après le départ de Garou on nous a apporté un dessert appelé le Petit pot de crème : Nutella maison, crumble, mousse à la banane. Quelle douceur! Quelle délicatesse!

Avant le café, le Chef Eric Gonzalez est venu s’enquérir si nous étions satisfaits. Nous l’avons remercié. Non seulement la nourriture mais le service était parfait. Notre sommelière Annie Beefaroni a beaucoup de classe et de professionnalisme.

À cause de mon métier de chroniqueur, je suis toujours en dégustation. Je peux te dire, ami lecteur, que, pour une occasion spéciale : en famille, avec des collègues ou des clients ou pour un enterrement de vie de garçon, il faut faire l’expérience culinaire de l’Auberge St-Gabriel. C’est inoubliable!

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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lundi, 12 juillet 2010 17:02

Le meilleur du meilleur de l’Italie

Lorsque Gianni Fabrizzio du Gambero Rosso m’a invité à déguster les 3 bicchieri bianchi 2010 concédés à sept maisons de la Vénétie, je me suis dit que c’était un événement à ne pas manquer.

Le Gambero Rosso est le plus prestigieux guide des vins de l’Italie. Ils décernent chaque année des notes à plus de 15 000 vins italiens, divisés en catégories régionales. La distinction des 3 bicchieri (les trois verres) est octroyé aux meilleurs vins dans chaque catégorie.

La Vénétie avec une production de plus de 300 millions de bouteilles est la plus importante de l’Italie non seulement en termes de bouteilles mais également en termes de DOCG et de DOC

L’événement devait se tenir dans le prestigieux Le Latini, dont le propriétaire Moreno de Marchi possède aussi l’Énotheca di Moreno de Marchi qui est à la fois la plus belle collection de vins fins italiens au Canada et une agence de vins de qualité. À notre arrivée nous étions invités à choisir notre table, les producteurs devant venir s’asseoir avec nous à tour de rôle, en apportant leur bouteille primée.

Nos premiers visiteurs furent l’œnologue Graziano Prà, propriétaire de l’Azienda Agricola Prà Graziano accompagné de Madame Laura Meile, directrice à l’exportation. La propriété se trouve à Monterforte d’Alpone. Leur première étiquette date de 1983, lorsqu’ils ont commencé à commercialiser le Soave Classico, alors que l’entreprise était dirigée par Angelo, le père de Graziano. Aujourd’hui leur vignoble s’étend sur Monte Grande, Foscarino et Ponsara avec l’objectif clair de ne produire que des vins de qualité.

grazino pra laura meile

Ils nous ont versé leur Soave Classico Monte Grande 2008, un vin de culture biologique certifiée ISO, Garganega 80% et Trebbiano di Soave 20%.

Très belle robe cristalline, jaune-vert, bouquet riche de fleurs blanches : jasmin, fleur d’oranger, arômes de pamplemousse de citron vert. En bouche beaucoup de fraîcheur et en même temps assez onctueux, on retrouve les fruits du bouquet. L’élevage en baril lui donne une touche complexe et une belle structure. Un vin définitivement élégant avec une minéralité très agréable.

Notre deuxième viticulteur était une dame Féderica Bon, responsable export marketing de l’Azienda Agricola Ca’ Rugate. Cette propriété appartient à la famille Tessari depuis 1986. Elle exploite 50 ha de vignobles situés sur une colline volcanique dans la zone du Soave Classico. La famille Tessari qui avait derrière elle une longue tradition dans les vins, a réuni 150 instruments et outils qu’elle a utilisés pour faire du vin dans les derniers 100 ans et a créé l’Œnomusée.

Federica Bon nous a parlé de ses vignes indigènes : la Garganega et le Trebbiano employés pour la fabrication du vin blanc et des cépages de Corvina, de Rondinella et de Corvinone qu’ils emploient pour la fabrication des rouges. Elle nous a décrit ses vins dits classiques : le Soave Classico, le Valpolicella, le Valpolicella Superiore, l’Amarone de la Valpolicella . lls produisent également des vins doux : le Reciolo di Soave et le Reciolo della Valpollicella, et d’incroyables mousseux et des grappa.

federica bon

Elle nous a finalement servi son vin primé le Ca’Rugate Soave Classico Monte Fiorentine 2008, 100% Garganega. Robe cristalline jaune, un délicieux bouquet de fleurs et d’agrumes. En bouche de la minéralité puisée au sol volcanique où pousse la vigne. La fermentation en cuves inox lui donne un caractère ciselé. C’est un vin qui a beaucoup de fraîcheur et de finesse, très long en bouche. Un vin remarquable, représenté au Québec par Emmanuel Cabral.

Nous avons ensuite reçu à notre table l’agronome Andrea Pieropan qui venait nous présenter son vin primé Soave Classico Calvarino 2007. Son vignoble est situé au coeur du Soave Classico et son « azienda » est un domaine familial acquis en 1900. Le terrain est de l’ère terciare, argileux et basaltique d’origine volcanique. Calvarino veut dire petit calvaire à cause des difficultés à travailler cette terre tortueuse. Ils ont embouteillé pour la première fois en 1971. Pour eux, leur vin représente l’expression la plus traditionnelle et la plus authentique du vin de Soave. Le vin que nous avons dégusté est fait à 70% de Garganega et 30% de Trebbiano di Soave. Les vignes sont élévés en pergola et le raisin est cueilli à la main. Ils font la vinification en cuves de ciment vitrifié qui est totalement neutre au goût.

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C’est un vin non filtré, soumis au bâtonnage pendant six mois. Robe brillante de couleur jaune aux reflets verts. Nez complexe et riche de fleurs avec des nuances de pêche, de melon, de citron, de poire et un fond de noisette et d’amande. Beaucoup de fraîcheur en bouche. Bel équilibre avec persistance de melon et d’agrumes. Une longue finale minérale.

Notre quatrième visiteur était Franco Piona, de l’Azienda Agricola Cavalchina qui était accompagné de Christine Fréchette, car Sélections François Frechette représente ses vins au Québec.

La propriété se trouve au bord du lac Garda, un amphithéâtre de la fin de l’ère glaciaire. Elle a été fondée en 1900 et avait à ses débuts une distillerie qui est restée active jusqu’en 1967. Dans les Années 60, la famille Piona a pris conscience de l’énorme potentiel du vin de Soave et a commencé à promouvoir ses vins sur les marchés de Rome et de Milan. Pour Franco Piona, la qualité exige de la patience, de l’intelligence et de l’amour. Il ne laisse rien au hasard, les cépages sont choisis en fonction du climat et du sol, le raisin est entièrement cueilli à la main et sélectionné avec soin. Les meilleures grappes sont pour le vin, les autres sont vendues aux grossistes.

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Franco Piona, Christine Frechette et Moreno de Marchi

Le vin que nous avons dégusté était le Custoza Superiore Amedeo 2007, 40% Garganega, 30% Fernanda et 30% Trebianello et Trebiano. Belle robe jaune vert. Un bouquet riche en fleurs d’oranger et de cyclamen mais aussi de la citronnelle et du basilic, écorce de citron et de pamplemousse. En bouche il a un abord plein de fraîcheur qui parcourt vos papilles avec gaienté et élégance pour terminer dans une longue finale minérale.

Le cinquième producteur était Michel Montresor de l’Azienda Agricola Ottella. Il apportait avec lui une bouteille de Lugana Superiore Molceo 2007 qui exhibe une étiquette à carreaux multicolores comme les anciens drapeaux de la Vénétie que les porte-étendard font virevolter dans les fêtes régionales. Michele nous a expliqué que les huit carreaux représentent des octuplés nés au seizième siècle, au cœur de Lugana, immortalisés dans les armoiries préservées dans la propriété et adoptés aujourd’hui comme emblème de la compagnie. À la fin du Dix-neuvième Siècle cette propriété était la seule productrice de vin de la région, comme l’atteste G.B. Perez dans un livre publié en 1900.

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Le Lugana Superiore Molceo 2007 est fait à 90% de Trebbiano di Lugana fermenté en inox et à 10% de Chardonnay fermenté en barriques de bois.

Robe cristalline jaune paille avec des reflets d’émeraude. Riche bouquet plein de nuances de fleurs et d’agrumes, mais aussi de la pomme verte, de la vanille, du pain grillé. Très joyeux en bouche, très frais aussi, exhibant une certaine complexité à cause des différentes fermentations de ses cépages et un caractère définitivement gourmand apporté par le Chardonnay.

La représentante de Vicentini, retenue à d’autres tables n’a pas pu nous faire goûter le Soave Superiore Il Casale 2008 car on nous invitait déjà à nous déplacer dans une autre salle pour déguster le Recioto della Valpolicella Cereolo 2005, une production de Trabucchi d’Illasi, représentée par la propriétaire Raffaella Trabucchi.

Leur «azienda» à Illasi a 22 ha de vignobles et 6 d’oliviers. Ils y cultivent les vignobles traditionnels depuis 1925 et depuis quinze ans ils sont certifiés bio. Les Trabucchi recherchent essentiellement la qualité, ils affirment ne pas vouloir être compétitifs dans les prix. Ils veulent éveiller la curiosité car le vin doit être une infusion d’énergie vitale et un moyen pour parvenir à l’exaltation des sens.

Le Recioto della Valpolicella Cereolo 2005 primé avec les 3 bicchieri est fait de Corvina et de Corvinone comme l’Amarone, il a une robe pourpre foncé. Le nez dégage des nuances gourmandes de fleurs et d’épices balsamiques, de cerises mûres confiturées, de tabac et de chocolat. Une texture veloutée, qui tapisse vos papilles et de la douceur juste assez pour balancer l’acidité et les tanins. Les fruits sont tout le temps présents. Il se dégage une élégance du commencement à la fin.

Rafaella Trabucchi est une très belle dame italienne. Elle nous expliquait son vin à côté de la statue de Cicéron. Je l’ai immortalisée dans cette extraordinaire photo :

trabucchi 2

Voici le dialogue que nous avons entendu :

Cicéron : - Est-ce pour moi Raffaella?
Raffaella : - C’est pour toi, Cicéron, avec tout mon amour!

Moreno de Marchi nous avait préparé un repas à la mesure de son génie. À ma table, en plus de quelques confrères et agents, se trouvait Luigi Salerno, Directeur Général du Gambero Rosso, qui avait l’élégance d’un Marcello Mastroianni, Il était accompagné de son assistante Tiina Eriksson, une délicieuses beauté nordique dorée au soleil de l’Italie et du très efficace Gianni Fabrizio, qui nous régalait de cette dégustation.

tiina eriksson gianni fabrizzio luigi salerno

Voici le repas qui nous a été servi :

CHELE DI GRANCHIO D 'ALASKA COCKTAIL
patte de ceab/king crab leg
accompagné d’un Soave Classico Calvarino 2007 de Pieropan.
***
RAVIOLI DI CASA FARCITI ALL'ASTICE IN SALSA ALLO ZINZERO
Avec un Soave Classico Monte Fiorentine 2008 de Ca Rugate
***
FILETTO DI BISONTE....a modo mio
mignon de bison filet mignon, avec un Soave Classico Monte Grande 2008
***
FRUTTA ESOTICA AL GELATO APENA TORBINATO

Avec un espresso G.FRASI

Merci à nos amis italiens qui sont capables de tant de perfection.

Roger Huet
Chroniqueur,
Président du Club des Joyeux
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Il y a quelques jours, je me rendais à une dégustation de vins de Bolla, au Restaurant Graziella à Montréal, et je pensais à Graziella le titre d’un charmant roman d’Alphonse de Lamartine, poète romantique aujourd’hui oublié. Au Québec aussi nous avons de bons écrivains oubliés, entre autres presque tous ceux qui ont été publiés avant les Années Soixante, comme si la Révolution tranquille les avait effacés de la mémoire collective. Que connaissent nos étudiants des œuvres littéraires de Joseph Raiche, du Frère Marie-Victorin, et même de Louis Frechette? Il faudrait un jour rééditer ce patrimoine culturel pour le remettre dans les bibliothèques des écoles.

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De gauche à droite : M.Stefano Puppini, le Directeur régional du Gruppo Italiano Vini, qui produit les vins de Bolla, et de Laure Garnier, l'adjointe de Michel Beauregard, Directeur national du marketing chez Vins Philippe Dandurand.

De ce pas je suis arrivé devant la porte du Graziella où j’ai rencontré d’autres amis chroniqueurs avec lesquels nous sommes allés à la rencontre de Michel Beauregard, Directeur national du marketing chez Vins Philippe Dandurand, de Laure Garnier, son adjointe et de Stefano Puppini, le Directeur régional du Gruppo Italiano Vini, qui produit les vins de Bolla.

À l’origine le fondateur Abele Bolla avait une auberge dans la ville médiévale de Soave au Sud-est de Vérone où il était connu pour servir des vins excellents. En raison de son succès, il décide de commercialiser les vins de Soave et crée son premier chai en 1883. Le négoce prend de l’expansion au point de devoir fonder un deuxième chai à Pedemonte, sur les terres de Valpolicella pour fabriquer et commercialiser les vins de Valpolicella et de Recioto. À partir de 1946, grâce à ses contacts à New York, la famille Bolla commence à exporter vers les États-Unis. Ils sont les premiers à commercialiser l’Amarone.

Dans les années cinquante et soixante les vins de Bolla sont si bien établis qu’on voit leurs bouteilles figurer dans plusieurs films d’Hollywood. Frank Sinatra refusa même une fois de se mettre à table, si on ne lui servait pas du Bolla Soave qu’il adorait.

En 1996 le système de qualité de la compagnie est tel qu’ils reçoivent la prestigieuse certification UNI EN ISO 29002. Le Gruppo Italiano Vini prend le contrôle du Chai de Pedemonte dans les années 2006 et le contrôle total de l’entreprise en 2009. Tout en préservant la philosophie, la qualité des vins, et le respect du terroir énoncé par son fondateur, le GIV veut établir un nouveau style de vins.

Plusieurs types de vin sont produits par Bolla aujourd’hui :

Les classiques de Vérone : le Bardoline, le Soave et le Valpolicella.

Les Sélections Premium : Cabernet Sauvignon, Chardonnay, Chianti, Merlot, Pinot Gris, Pinot Noir, Riesling et Sangiovese Le Soave Classico et Ripasso et Les Sélections Amarone.

Le Gruppo Italiano Vini est représenté au Canada par les Vins Philippe Dandurand, Inc.

Nous avons commencé la dégustation avec un Prosecco superiore, le Bolla Conegliano Valdobbiadene DOCG, 90% Glera, 10% Verdeso. Une robe jaune très claire, des petites bulles, des arômes d’agrumes, de chèvrefeuille. En bouche un goût de pomme verte, avec beaucoup de fraîcheur, belle acidité, joyeux jusqu’en finale. Un vin très élégant. Il sera bientôt disponible à la SAQ au prix environ de $ 18.

Nous avons goûté ensuite le Soave Classico DOC 2009. 95% Garganega et 5% Trebbiano di Soave. Vendangé à la main. Robe jaune cristalline, bouquet souple, arômes d’ananas, de mangue. En bouche, semi-sec, une belle fraicheur, une acidité présente très agréable, des saveurs de pamplemousse, de lime, de poire et de melon. Belle longueur finale. (SAQ 11,95)

Nous avons continué avec le Valpolicella DOC Classico 2008 60% Corvina-Corvinone, 30% Rondinella et 10% de cépages divers. Ce vin a subit deux fermentations, la première en cuves inox pour préserver son fruité, et ses tanins souples et une deuxième malolactique avec vieillissement en barriques de bois pour lui donner sa rondeur, son boisé, ses arômes d’épices si riches, de fumé de tabac, de poivre. Robe rouge grenat, vin complexe et élégant, une belle fraîcheur et des tanins souples. (SAQ $ 14,95)

Le quatrième vin était le Valpolicella Doc Classico Superiore 2007 «Le Poiane». 70% Corvina-Corvinone, 30% Rondinella. Les vignes sont montées en Pergola, sur des terrains rocailleux, elles sont vendangées manuellement lorsque le raisin est bien mûr. Le raisin est pressé et laissé fermenter à 28°C pendant 15 jours pour obtenir le fruité et les tanins souples, on procède ensuite à une macération malolactique qu’on enchaîne avec une troisième fermentation dite de Ripasso afin de rehausser le vin. Pour le ripasso on pompe du jus d’Amarone sur les peaux du Valpolicella, et on le laisse fermenter pendant 20 jours, le vin est finalement élevé en fûts de chêne pendant 18 mois avant sa mise en bouteille où il se repose pendant trois mois avant sa mise en marché.

Le résultat donne un vin plus coloré, savoureux et alcoolisé que les Valpolicellas réguliers. Il exhibe une belle robe rouge sang, assez dense, arôme de cannelle, de poivre de clou de girofle. En bouche, il s’épanouit dans un éventail de goûts de fruits rouges et d’épices; bel équilibre entre les tanins ronds et bien fondus et l’acidité discrète, une longue finale très élégante.

Nous avons terminé avec un Amarone della Valpolicella Doc Classico 2006. Corvina 70% et Rondinella 30%. Chaque année le producteur doit déterminer le temps de «passerillage» de ses raisins. Le passerillage est une technique de déshydratation, par laquelle on fait sécher le raisin à température et humidité contrôlée, quoiqu’on accepte la pourriture noble qui va conférer au vin sa structure et son caractère unique. Lorsque le raisin a perdu 32% de son eau, on le presse et on le fait fermenter à sec. On obtient ainsi ce vin dont les arômes et les saveurs sont concentrées et le taux d’alcool plus élevé. Ce vin vieillit 18 mois en fûts de chêne et 4 mois en bouteille, pour augmenter son niveau de qualité. La robe est grenat foncé, le liquide colle bien au verre et forme des larmes généreuses. Le bouquet livre des parfums des fruits séchés, de figue, de cassis, de confiture de cerise mais aussi de cuir, de vanille, de chocolat et de cèdre. En bouche, il est sec et corsé, mais ses tanins mûrs sont ronds et bien fondus avec l’acidité et le fruité. On apprécie l’équilibre raffiné entre les arômes et les saveurs et sa complexité. Un vin élégant qui a une longue finale ronde et persistante qui dévoile sa minéralité. Un trésor. Il sera disponible à la SAQ à la fin de l’année au prix de $ 40.00

La chef Graziella Batista et son associé Pierre Julien, nous avaient préparé un menu pour être marié aux vins de la maison Bolla.

Nous avons eu en entrée la Zuppa di Tartufoli e anatra, accompagnée d’un Prosecco di Conegiiano e Vaidobbiadene, suivie d’un Culatello, Parmigiano e aceto vecchio accopagné d’un Soave classico 2009. Comme Primo, on nous a servi des Gnocchi di Grana Padano con ragu di coniglio avec un Valpolicella Classico 2008. Et comme Secondo un Brasato d'agnello all'erbette avec un Valpolicella Classico superiore 2007 Ripasso Le Poiane, que nous aurions pu aussi déguster avec l’Amarone della Valpolicella Classico 2006, qui nous a été servi avec le dessert qui consistait en un Semifreddo di pere e cake alle spezie.

C’était délicieux ! Je suis rentré chez moi tout à fait content de ma soirée et de la charmante compagnie de mes amis gourmets.

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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samedi, 19 juin 2010 15:30

Vins de Provence, vins de fraîcheur

La presse gourmande était invitée à une dégustation de vins de Provence exprimant le terroir. Je me suis rendu au Restaurant Le Newton où j’ai été accueilli par madame Cassandre Pérusse, en représentation de la SOPEXA qui m’a présenté M. Roque Pertusa, Président du Conseil Interprofessionnel des vins de Provence.

Plusieurs de mes confrères journalistes et chroniqueurs étaient déjà au travail.

Pour situer le territoire disons qu’il se se trouve dans le Sud-est de la France en face de la Méditerranée, entre la rive gauche du Rhône et la rive droite du Var.

Le climat près de la Côte est méditerranéen, avec des étés chauds et secs et des hivers doux. Il est plus humide à l'Est, et alpin au Nord. Dans sa partie centrale et côtière où le sol est calcaire, la végétation est du type garrigue, vulnérable aux incendies. À l’Ouest et au Nord, la Provence est par contre humide et verdoyante.

Les cépages blancs les plus courants sont : le Rolle, l’Ugni Blanc, la Clairette, le Sémillon et le Bourboulenc Blanc ou Doillon.

Les cépages rouges sont : le Mourvèdre, la Syrah, le Grenache, le Cinsault, le Tibouren, le Carignan, le Cabernet Sauvignon et la Counoise.

L’histoire vinicole y est très ancienne. Ce sont les Grecs, qui 600 ans avant J.C. ont planté les premiers ceps autour de Massilia (Marseille). C’est là que les premiers vins français ont été produits.

En 1951 les vins de Provence accèdent au rang de Vins Délimités de Qualité Supérieure. À partir de 1977 ils obtiennent la classification d’Appellation d’Origine Contrôlée.

Il y a neuf Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) provençales: Côtes de Provence, Coteaux Varois en Provence, Coteaux d’Aix en Provence, Les Baux de Provence, Coteaux de Pierrevert, Bellet, Cassis, Bandol et Palette. Les trois premières appellations représentent 95% du vin provençal. Le vignoble couvre 26 890 hectares d’où l’on tire 161 millions de bouteilles : 89% sont de vin rosé, 8% de rouge et 3% de blanc.

Un courant de sympathie a tout de suite passé entre Monsieur Pertusa et moi. Nous avons découvert par la suite que nous étions liés par la culture espagnole. Il est né en Espagne et moi j’y ai passé dix années heureuses. Je l’ai prié de s’asseoir à ma table et de déguster ensemble les quatre vins rosés qui nous étaient proposés.

Nous avons commencé par le Billette Rosé de Provence du Domaine La Gordonne. Appellation Côtes de Provence. Robe rouge clair tirant à rosé. Arôme fleuri et de fruits exotiques. Beaucoup de fraicheur en bouche. Corsé, généreux, élégant. (SAQ # 23465 - $11,80).

Monsieur Pertusa connaît bien l’histoire du Château La Gordonne. Les Romains s’y sont installés au 1er siècle avant J.C. et ont planté la vigne. Au Moyen-âge les Chartreux de la Verne exploitent le vignoble. Vers 1650 le domaine est acheté par le Conseiller Gourdon qui lui donne le nom de La Gordonne. Plusieurs propriétaires se succèdent jusqu’à la Révolution Française où l’État confisque et vend le domaine aux enchères. Il est acheté par la famille Combeau qui le revend trente ans plus tard, aux négociants de Marseille Joseph et Bernard Magnan.

En 1922 un viticulteur du nom de Grimaud fait l’acquisition du domaine mais doit le vendre à la Société Gérard et Cie en 1941. Elle est absorbée à son tour par la Société Méridionale Salinière en 1965, qui fusionne avec la Cie des Salins du Midi et des Salines de l'Est, pour finir dans le giron des Domaines Listel.

Le deuxième vin que nous avons dégusté est le Roseline Prestige 2009, Appellation Côtes de Provence. Robe claire pâle tirant à Mandarine. Arômes de fleurs provençales. En bouche semi-sec, complexe, un peu de minéralité, bel équilibre, velouté, élégant ! (SAQ # 534768 $ 15,70)

Ce vin sympathique est produit par le Château Ste Roseline qui a été autrefois un cloître médiéval.

En troisième place nous avons dégusté le Pétale de Rose 2009, Appellation Côtes de Provence. Fait de huit cépages cultivés de façon biologique. La Robe a une très jolie couleur rose pâle. Arôme charnu de fleurs : chèvrefeuille et jasmin principalement. En bouche beaucoup de fruit et légèrement minéral, avec une approche d’abord vive, qui s’adoucit et se fait caressante. Belle fraîcheur et une longue finale. (SAQ # 425496 $ 17,85)

Le domaine de 89 hectares qui produit le Pétale de Rose a été autrefois un monastère, ensuite la résidence d’été des Évêques de Toulon et porte deux noms : Château La Tour de l’Evêque et Château La Tour Sainte Anne. La propriétaire actuelle, est Madame Régine Sumeire dont la famille a acquis le château en 1958. C’est elle, qui a créé le Pétale de Rose. Son château a une fontaine magique, la fontaine aux Dauphins. On raconte que suite au départ de son époux pour la croisade, la châtelaine aurait empoisonné le puits de ses pleurs. Son chagrin aurait desséché la fontaine. Le grand-père de la propriétaire actuelle a mis fin à la malédiction en lui apportant de l’eau par gravité.

En dernier nous avons goûté le CUVÉE CLARENDON 2008, Appellation Côtes de Provence, du domaine Gavoty. Robe Rose Saumon. Le nez est une explosion de fleurs et de fruits, des fraises, des pêches, beaucoup de fraicheur, un vin jovial et charmant.

Le Domaine Gavoty est lui aussi chargé d’histoire. Il est situé sur la Via Aurelia dont on déterre encore des vestiges archéologiques, comme cette borne de l’époque de Néron qui se retrouve aujourd’hui dans le caveau du domaine. Il est dans le giron de la famille Gavoty depuis 1806. Madame Roselyne Gavoty qui était en charge de la vinification depuis 1985 dirige maintenant avec son époux, toutes les activités du domaine.

La Provence produit aussi des vins blancs agréables. La SAQ en propose deux : le Château La Tour l’Évêque 2008 et l’Orenga de Gaffory 2006. Seize vins rouges sont aussi disponibles dans les succursales SAQ; des vins pleins de fraicheur et d’harmonie. Néanmoins, pour nous Montréalais, la Provence demeure la terre des rosés. Ils nous accompagnent du printemps à l’automne et se marient si bien, lorsqu’il fait beau et chaud, avec les poissons, avec les fromages, avec les viandes blanches et rouges!

Lorsque nous nous sommes quittés, Roque Pertusa m’a dit «¡ Hasta la Vista!», ce qui veut dire que nous aurons l’occasion de le revoir.

« ¡ Hasta la Vista, Roque !»

Roger Huet
Chroniqueur
Président du Club des Joyeux
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