samedi 18 novembre 2017

Une entrevue avec Miguel A Torres

J’ai rencontré le célèbre vigneron espagnol Miguel A. Torres à Montréal, qui m’a accordé cette entrevue.

roger miguel a torres

RH – Monsieur Torres vous avez fondé en 1992, la Primum Familiae Vini, aussi connue comme PFV. Cette association internationale réunit des familles qui sont parmi les meilleurs producteurs de vin au monde. Elles viennent de France, d’Allemagne, d’Italie, du Portugal et d’Espagne bien entendu. On ne peut y accéder que par invitation.

Qui regroupe la PFV aujourd’hui et quels sont ses objectifs?

MIGUEL A. TORRES – Aujourd’hui les membres de PFV sont: Vega Sicilia, Egon Müller, Symington, Pol Roger, Perrin, Joseph Drouin, Tenuta San Guido, Hugel, Antinori, Mouton Rothschild et Torres.

PFV est née d’un désir de garder nos entreprises dans des mains familiales. Nous partageons tous les mêmes valeurs économiques et sociales et des projections à long terme.

Une fois par année, toutes les familles se rencontrent pour notre pour notre réunion annuelle. C’est un événement social très charmant où participent même nos petits-enfants. Nous nous réunissons régulièrement pour une dégustation de presse et pour les dits « dîners d’enchères de bienfaisance " où nous mettons aux enchères une caisse de 11 bouteilles qui contiennent le vin le plus haut de gamme de chaque famille. Ce sont vraiment des événements marquants.

Nous échangeons aussi notre expérience sur le plan technique et commercial: dans certains pays, nous utilisons par exemple nos réseaux mutuels de distribution, et même nous sommes des partenaires comme c’est le cas en Chine, où Baron Philippe de Rothschild est partenaire de Torres Chine depuis 2007.

RH – La Primum Familiae Vini a la volonté de marquer ses distances avec les groupes financiers qui font du vin. Pouvez-vous nous expliquer en quoi diffèrent les grandes familles productrices de vin des groupes producteurs de vin?

MIGUEL A. TORRES – La différence capitale est qu’aucun membre de PFV n’a aucune partie de leurs actions sur le marché boursier, parce qu’en le faisant, nous perdrions notre indépendance. Sur papier cela semble une charmante déclaration, mais dans la pratique, ce n’est pas toujours facile parce que le commerce du vin est un secteur à forte intensité financière. On a besoin de beaucoup de capitaux dormants. À partir du moment où vous plantez une vigne jusqu’à ce que vous vendez du vin il se passe environ 10 ans! Donc, nous ne pouvons pas tout faire en même temps. Par exemple, nous ne pouvons pas construire 3 caves dans 3 régions viticoles différentes en même temps, parce que nous voulons nous autofinancer.

Voilà pourquoi il est si essentiel de demeurer une propriété familiale pour rester indépendant. C’est aussi pourquoi notre propre règle à la maison Torres, qui est de réinvestir 95% de notre bénéfice chaque année, est si importante.

RH – Votre famille faisait du vin dans le Pénédès depuis le Dix-septième siècle, mais l’histoire moderne de Torres y Compañía commence en 1870. Avec 5 générations fortes, elle a été très fertile. Racontez-nous son histoire.

MIGUEL A. TORRES – En effet, en 1870, Jaime et Miguel Torres ont fondé l’entreprise et construit la cave en face de la gare de Vilafranca del Pénedès, où nous avons encore nos bureaux aujourd’hui. Ensuite, la deuxième génération a élargi l’entreprise et à ce moment-là, nous sommes devenus «négociants»; nous vendions et exportions nos vins en fûts. Le stockage des vins était fait dans des grosses barriques. Pour vous donner une idée de la taille de ces barriques, lorsque Sa Majesté le Roi Alfonso XIII a visité notre bodega en 1904, le déjeuner a été servi à l’intérieur d’une barrique de bois de 500 000 litres.

La troisième génération, celle de mon père a été la première à embouteiller du vin dans la région et les exportations se sont accélérées.

La quatrième génération, celle de mon frère, ma sœur et moi a seulement essayé de continuer le travail accompli par les générations précédentes, de pousser les affaires un peu plus loin et d’assurer une transition réussie vers la prochaine génération. Ce que beaucoup de gens ne réalisent pas c’est que ma femme d’origine allemande a également beaucoup aidé à bâtir la société et en particulier sur le marché allemand, qu’elle a initié et dirigé pendant de nombreuses années. C’est aujourd’hui un des marchés les plus importants pour nous.

roger famille torres

La famille Torres

Ma femme est actuellement présidente de la Fondation Miguel Torres, qui se concentre sur des projets de développement social comme la protection des enfants, en construisant des écoles et des foyers pour orphelins.

Aujourd’hui, la 5e génération gère la cave et elle fait un excellent travail en développant nos vins premium et super premium. L’Espagne et le Chili ont beaucoup à offrir; il y a encore beaucoup de travail à faire.

RH – L’esprit de famille a des répercussions concrètes d’abord sur votre personnel où les mille travailleurs de la maison sont traités comme des membres d’une équipe et non comme des numéros, ensuite, avec l’environnement et avec le commerce équitable.

MIGUEL A. TORRES – Dans la définition de l’ADN de notre entreprise, nous plaçons nos gens en première position. Ensuite, nous plaçons l’Écologie, le Commerce Équitable, notre Fondation Torres Miguel (qui aide en particulier les enfants orphelins), la Recherche et développement, l’Innovation, nos clients directs qui sont nos importateurs, les consommateurs finaux et aussi le fait que nous sommes une entreprise familiale.

Pour revenir à votre question: oui, nous essayons de traiter notre équipe en tant que membres de l’équipe, en fait, autant que possible en tant que partenaires. Si je regarde trente ans en arrière, je suis vraiment fier de voir que tout le monde se sent faire partie l’entreprise et tout le monde recherche l’excellence dans tous les domaines: dans les vignes, dans la recherche, dans la production, dans le marketing, les ventes, la distribution, et ainsi de suite.

Il y a aussi notre souci de l’environnement et du commerce équitable. Cette focalisation sur l’écologie a toujours fait partie de la philosophie de notre entreprise, mais je dois dire que la présentation du film d’Al Gore «An Inconvenient Truth» en 2007 nous a fait nous dépêcher encore plus. J’ai immédiatement organisé une réunion du conseil de famille et nous avons décidé d’investir 10 millions d’euros pour une période de 10 ans dans notre programme baptisé "Torres & Earth" qui couvre des projets tels que les énergies renouvelables, l’optimisation de l’utilisation de l’eau, l’éco-efficacité dans le transport, la réduction des émissions de CO2, et l’adoption des mesures dans les vignes. Si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, je vous invite à consulter notre site Web spécial: torresearth.com/en. Vous verrez comment dans ce secteur clé, nous continuons à travailler dur pour atteindre notre objectif de réduire les émissions de CO2 de 30% par bouteille d’ici 2020.

Jusqu’à présent, nous avons réduit notre empreinte de carbone de 13% dans l’ensemble de nos activités, en tenant compte des émissions dues à l’activité à l’interne, appelée champ 1, des émissions indirectes dues à la consommation électrique, champ 2 et aux émissions, produites par nos intermédiaires: fournisseurs de matières premières et auxiliaires (en amont) et par la distribution (en aval), champ 3.

Si nous ne prenons en considération que notre siège social et les émissions indirectes (1 et 2), nous travaillons déjà aux côtés des vignerons et de nos producteurs de vin. La réduction atteint ici un chiffre aussi élevé que 38% comme conséquence directe du programme environnemental Torres & Earth.Il faut se rendre compte que sur le champ 3 les émissions représentent plus de 80% de notre empreinte de carbone. Nous avons maintenant besoin d’un engagement de la part des fournisseurs de matériaux, des auxiliaires, en particulier des fabricants de bouteilles et d’emballages. J’ai invité nos fournisseurs les plus importants en septembre dernier à notre cave pour discuter de la façon comment ils peuvent contribuer à diminuer leur empreinte de carbone.

RH – Chez Torres chaque vignoble a toujours été marqué par des étiquettes qui ont percé les frontières: Vous avez d’abord commencé en Catalogne dans le DO Pénédès avec le label Coronas.

roger vins de torres

MIGUEL A. TORRES – Oui, nous avons commencé avec Coronas comme premier vin en bouteille en 1942, mais à cette époque, la DO Pénédès n’existait pas encore, elle n’a été fondée qu’en 1960. Mes ancêtres étaient tout à fait en avance sur leur temps et ils avaient déjà enregistré Coronas comme marque en 1907. Mais en ces jours lointains Coronas était vendu en fût, surtout sur le continent américain. Plus tard, mon père a constaté pendant ses voyages aux États-Unis, que les contrats à terme favorisaient les vins de marque en bouteille. C’est ce qui a motivé la naissance de plusieurs des vins historiques de notre cave: le Coronas déjà mentionné en 1942, Viña Sol en 1947 et Sangre de Toro en 1952.

RH – Le “Gran Coronas Mas Laplana Etiqueta Negra 1970” remporte l’Olympiade Mondiale des Vins organisée par Gault-Millau à Paris en 1979.

MIGUEL A. TORRES – Oui, la dégustation Gault & Millau a été un moment important dans l’histoire de Torres. Pour la petite histoire, lorsque je suis revenu de mes études en France dans les années soixante, j’ai convaincu mon grand-père de produire un top Cabernet Sauvignon espagnol. C’est ainsi qu’est né Mas La Plana. C’était un vin différent, un Cabernet Sauvignon de Catalogne, élégant et complexe, habillé d’une étiquette noire sur une bouteille de Bourgogne. Il était tellement à part qu’il a acquis immédiatement une bonne réputation. Quand Gault & Millau m’a appelé en 1979 pour dire que notre mono-cépage Mas La Plana millésime 1970 l’avait emporté dans une dégustation à l’aveugle à Paris sur quelques-uns des meilleurs vins français, cela a été merveilleux pour nous car on a mis notre vin sur la carte du monde. La dégustation de Gault-Millau à l’aveugle a été un point tournant pour notre cave et l’esprit de ‘79 nous a toujours guidés depuis ce temps pour faire les meilleurs vins.

D’ailleurs ce que beaucoup de gens ne savent pas c’est que Mas La Plana a un "petit frère" appelé Gran Coronas Reserva, qui est en fait un de nos meilleurs vendeurs au Québec. Je dis «petit frère», car Gran Coronas est aussi un Cabernet Sauvignon à 85%, le reste étant du Tempranillo. Selon le millésime, il porte parfois le Cabernet Sauvignon du domaine Mas La Plana.

RH – Dès 1979 la famille Torres investit au Chili et crée Bodegas Torres de Chile.

MIGUEL A. TORRES – Oui, nous avons fait le saut au Chili en 1979. C’était mon bon ami Alejandro Parot avec qui j’ai étudié à l’Université de Dijon qui m’a amené au Chili pour me montrer les possibilités de la Vallée Centrale; c’est un paradis pour le vin à cause de son climat, de la qualité de son sol et de ses caractéristiques géographiques. Quand je suis arrivé au Chili, j’ai été par contre sidéré lorsque j’ai appris quels étaient les salaires courants des travailleurs agricoles! Nous les avons immédiatement rehaussés de 4 fois. Vous pouvez imaginer que cela n’a pas plu à certains de nos voisins, mais nous avons pensé que c’était de notre devoir de le faire. Aujourd’hui les caves chiliennes peuvent obtenir une certification qu’elles agissent correctement, mais cela me remplit de fierté d’avoir été en 2010, le premier établissement vinicole au Chili, à obtenir le "Fair for Life" (la certification sociale et de commerce équitable) de l’OMI Suisse.

RH – Dans quelles autres régions avez-vous essaimé?

MIGUEL A. TORRES – En Espagne, la première région à l’extérieur du Pénédès c’était à Conca de Barbera, toujours en Catalogne, où nous cultivons nos célèbres vins Milmanda et Grans Muralles. Nous avons acheté la propriété en 1975 et nous avons découvert que c’était l’endroit idéal pour commencer notre projet de récupération des cépages ancestraux, qui étaient pratiquement disparus de nos vignobles catalans.

Nous avons commencé en plaçant des petites annonces dans la presse locale en demandant aux gens de nous contacter, quand ils découvraient des vignes qui auraient pu être plantées avant la période du phylloxéra. Nous avons eu beaucoup de réponses au cours des années et certains de ces cépages ancestraux tels que le "Garró" et le "Querol", on les retrouve aujourd’hui dans l’assemblage de Grans Muralles.

Ce projet de recherche incroyable est toujours en cours et nous sommes maintenant en pleine expansion dans le reste de l’Espagne.

Plus tard, en 1991, nous avons acheté 90 hectares dans la région de Priorat, car nous voulions être en mesure d’offrir des vins de qualité supérieure de toutes les régions d’Espagne. En Priorat nous avons construit une cave en 2007 pour les vins de Salmos et de Perpetual. Plus tard, nous avons ajouté 160 hectares à Jumilla en 2003 et 40 hectares à Toro en 2004, mais on n’a pas encore sorti de vin de ces domaines.

Nous avons aussi construit des caves à Ribera del Duero en 2004 et dans la Rioja en 2007. Les vins de ces ‘bodegas’ ont été lancés à partir de 2005. Ce sont Celeste de Ribera del Duero et Ibericos de Rioja en 2009. En 2014, nous avons acheté un établissement dans Rueda, à Villafranca de Duero, pour faire notre vin Verdeo de cépage Verdejo. Nous avions auparavant sorti notre premier millésime de Verdeo en 2011, en louant les installations de la famille Lurton.

Pour le moment, nous avons un montage semblable dans Rias Baixas, où nous louons les l’installation d’amis et où nous avons lancé notre premier Albariño avec le millésime 2012 du Pazo das Bruxas.

RH – Nous n’avons pas encore mentionné les activités de la Famille Torres en Californie, que votre sœur Marimar dirige avec fermeté et avec des idées bien à elle.

MIGUEL A. TORRES – Ma sœur Marimar s’est installée en Californie en 1975. Elle était responsable de notre maison pour le marché américain et à ce moment-là elle était mariée à un Américain. Après deux années de recherche, elle a acquis des terres dans Russian River Valley (Sonoma County) et a commencé à planter la vigne en 1986. Aujourd’hui, le domaine a 30 hectares plantés en Chardonnay et en Pinot Noir. La bodega est 100% certifié biodynamique et est détenue et gérée entièrement par Marimar et sa fille, ma nièce Cristina. Elles font toutes les deux vraiment des grands vins qui obtiennent très souvent des notes de plus de 90 points dans les plus importants magazines de vin.

RH – Comment voyez-vous l’avenir Monsieur Torres?

MIGUEL A. TORRES – Compliqué en raison du changement climatique: mais le réchauffement planétaire et le changement climatique affecte tous les producteurs de vin dans le monde, et non seulement ceux d’Espagne. Tout le monde a remarqué des changements dans le climat au cours des dernières décennies: par exemple chez Torres, la température moyenne a augmenté de 1 oC au cours des 40 dernières années, avec le résultat que la récolte doit être faite maintenant environ 10 jours plus tôt qu’il y a 20 ans. En général, je pense que nos vignes peuvent résister à une autre augmentation de 1 degré, par la mise en œuvre d’une série de pratiques viticoles qui retardent la maturation des raisins. Ce faisant, nous pouvons minimiser les effets du changement climatique dans les caractéristiques de nos vins. Par contre, si la température augmentait le 2 à 4 degrés Celsius d’ici 2100, ce que des nombreux scientifiques prévoient, nous allons avoir des gros problèmes et des grands changements à faire. Voilà pourquoi c’est très important que les gouvernements prennent des mesures coordonnées et il était bon de voir qu’ils l’ont fait au Sommet sur le climat l’année dernière à Paris.

Je ne pense pas qu’en raison du changement climatique la viticulture va disparaître de notre région "de base", le Pénédès. Le plus probable c’est que nous aurons à replanter des variétés de nos cépages plus résistantes à des températures élevées et au stress hydrique ou peut-être que nous devrons sélectionner d’autres cépages plus adaptés aux températures plus élevées; et les vins ne seront plus les mêmes.

En prévision de cela nous avons déjà planté des vignes dans des régions froides telles que les pré-Pyrénées, où nous avons plus de 120 hectares à environ 1000 mètres d’altitude. Nous ne produisons pas encore de vin à partir de ces vignes car nous sommes encore dans la phase expérimentale. De plus, nous avons également acheté un autre morceau de terre de 100 hectares à environ 1200 mètres d’altitude, qui est encore trop froid pour cultiver la vigne.

Par ailleurs je suis optimiste sur l’avenir de notre maison. La direction est dans des très bonnes mains avec la 5ème génération et nous avons une excellente équipe. Cette combinaison va nous permettre de continuer à grandir en valeur, plutôt qu’en volume. Nous voulons continuer à produire des vins de grande qualité qui reflètent la personnalité de chaque région et de chaque vignoble, des vins authentiques. Comme je vous l’ai déjà mentionné, il y a environ dix ans, nous avons commencé notre expansion autour de l’Espagne à Priorat, Rioja, Ribera del Duero, Rueda et Rias Baixas pour devenir un véritable joueur espagnol dans les vins de haute qualité. Un de nos futurs projets est de lancer des projets individuels pour faire des vins icônes dans ces régions. Nous sommes en processus d’acquérir plus de terres de vieilles vignes et sommes convaincus que l’Espagne a encore des régions et des cépages à découvrir.

Nous allons continuer à récupérer des "cépages catalans perdus" qui existaient avant le Phylloxera et nous voulons étendre cette recherche au reste de l’Espagne.

Au Chili, par ailleurs, nous poursuivons nos recherches et nos expériences sur des variétés anciennes à Itata et Maule, avec des vieux Moscatel et des vieux Cariñena.

Dans ce domaine il y a encore beaucoup de travail à faire!

RH – Merci de m’avoir accordé cette entrevue Monsieur Torres.

En me quittant Miguel A. Torres m’a laissé 5 bouteilles à déguster.

J’ai débouché en premier le vin blanc, Gran Viña Sol 2014, fait de Chardonnay et de Perellada, 13,5d’alcool. Le raisin provient des terres du Pénédès.

roger vina sol

Fermentation du Chardonnay en fûts du Limousin pour rehausser son caractère, tandis que le Perellada fermente en cuves inox à température contrôlée. Vieillissement du vin pendant 5 mois, pour 1/3 en fûts de chêne et pour 2/3 en inox.

Belle robe dorée avec un léger reflet vert. Un parfum très concentré de biscuit et de chèvrefeuille, d’ananas et de pêche. Un peu de vanille.

En bouche c’est un vin sec, frais, généreux, onctueux, très savoureux, avec des arômes riches en fruits exotiques, un bel équilibre et une finale longue et soyeuse.

C’est d’abord un vin d’apéritif qui ira très bien avec des canapés. C’est aussi un vin de repas parfait avec les fruits de mer, sublime avec le saumon, et avec les viandes blanches. Il s’accorde également avec bonheur avec les fromages de chèvre. Je suggère de le servir assez frais en apéritif, autour de 9 oC et vers 11 oC pendant le repas. Il peut se garder trois ans en cave.

Gran Viña Sol 2014 est disponible à la SAQ, code 00064774. Prix 18,20$.

J’ai ensuite dégusté les vins rouges, en commençant par Gran Coronas, Reserva 2012, Appellation Pénédès. Il est fait de Tempranillo avec un peu de Cabernet Sauvignon, 14o d’alcool. Le raisin provient du vignoble de Mas la Plana. C’est le premier des vins nobles de la Maison Torres.

roger gran coronas

Fermentation pendant 15 jours en cuves inox à température contrôlée. Élevage de 12 mois en fûts de chêne français et américains dont 30% neufs.

Belle robe rouge intense. Bouquet de fruits mûrs principalement de prune et de groseille, Viennent ensuite la cerise, la framboise et une légère odeur d’herbe fraîchement coupée. Un deuxième nez apporte des notes de tabac, de café, de cacao, de noix et de truffes, un peu d’épices également, surtout du poivre noir, et des notes balsamiques.

En bouche c’est un vin élégant, profond, avec des tanins soyeux et aimables. Ses arômes rappellent la fraise, la groseille, la mûre et son passage en chêne lui donne des notes de chocolat et de vanille.

Il a une belle fraîcheur qui s’harmonise à la perfection avec l’alcool. Une très longue finale délicieusement gourmande.

C’est essentiellement un vin de gastronomie qui accompagne avec panache les viandes rouges, bœuf et gibier, il est très bon également avec les ragoûts, les paellas, délicieux avec un plateau de fromages. On doit le servir à 17 oC.

Il a un potentiel de garde de 10 ans en cave.

Gran Coronas Reserva 2012 est disponible à la SAQ, code 36483. Prix 21$. Une aubaine!

J’ai poursuivi ma dégustation avec Mas La Plana Cabernet Sauvignon 2010, qui célèbre son quarantième millésime.

roger torres mas la plana

Un petit vignoble de 29 hectares de Cabernet Sauvignon donne le plus emblématique de tous les rouges de la Maison Torres. Il est produit en quantité très limitée, mais il est acclamé dans le monde entier.

Vieilli 18 mois en fûts de chêne français, ce vin à une robe couleur cerise foncée et offre un bouquet intense qui est caractéristique du Cabernet Sauvignon du vignoble Mas La Plana. Parfums de cassis et de confiture de cerise. Un deuxième nez révèle des notes de pain grillé, de chocolat blanc et d’épices, clou de girofle, poivre et cèdre.

Ample et vif en bouche, il présente une structure très intéressante, avec tanins mûrs qui promettent une excellente évolution et une très longue garde. Ce vin élégant et puissant se termine dans une finale longue et soyeuse.

Sublime avec le gibier et tout aussi délicieux avec l’agneau rôti, avec les oiseaux nobles: faisan, pintade, très bon avec les sauces aux truffes, excellent avec les fromages de brebis.

Mas La Plana 2010 fait partie du noble héritage de la famille Torres. Les quarante millésimes ont porté leur fruit. Il est entré dans l’histoire en 1979, mais aujourd’hui il entre dans la légende.

Mas La Plana 2010 est disponible à la Société des alcools du Québec, en format 750 ml, code 12663282. Prix 60$.

En format 3L code 12847111. Prix 340$.

En format 6 L. code 12847348. Prix 705$.

J’ai terminé la dégustation des rouges avec Celeste Crianza 2013, Appellation Rivera del Duero, 100% Tempranillo, 14o d’alcool.

Fermentation d’environ 7 jours en cuves inox à température contrôlée. Élevage de 12 mois en fûts de chêne français et américain.

roger torres celeste

Étiquette bleu nuit parsemée d’étoiles. Robe rouge foncé avec reflet grenat. Le vin fait des larmes sur la paroi du verre.

Riche bouquet de fruits sauvages: mûre, framboise, et aussi confiture de bleuets. Viennent ensuite des notes de garrigue, de thym de champignons sauvages, d’épices et de réglisse. Il y a également des notes fumées. En bouche les tanins sont ronds, charnus, l’arôme de prune se mélange avec des notes de vanille. Une belle minéralité, et beaucoup de fraîcheur. Une longue finale pleine de gourmandise.

Idéal pour l’accompagnement des viandes. Il est aussi bon avec le bœuf qu’avec l’agneau et même avec le porc rôti. Il fait aussi un bon mariage avec les viandes mijotées et le petit gibier. Il est également bon avec les pâtes, et parfait avec les fromages à croute dure, comme le Manchego ou le Comté. On doit le servir à 16 oC. Il a un potentiel de garde de 7 ans.

Torres Celeste Crianza est vendu à la SAQ, code 11741285. Prix 22,05$.

J’ai terminé cette dégustation avec un superbe Torres 10 ans, Imperial Brandy, 40o d’alcool, vieilli en barriques qui ont contenu du Cognac.

L’activité de distillation et d’élevage de brandy a commencé chez les Torres en 1928. Torres 10 Gran Reserva est commercialisé depuis 1946 et il est le plus vendu de sa gamme.

En 1997 un Torres hors d’âge de plus de 20 ans a été élu Meilleur brandy du monde.

roger torres 10 brandy

Robe couleur topaze profond. Parfum chaud d’épices subtiles avec des notes de chêne et de caramel. La bouche est riche en tanins. On y décèle des arômes d’abricot, de tabac turc blond et sucré, une fraîcheur de réglisse et une longue finale chaude et caressante. Les arômes de ce merveilleux brandy persistent dans le verre pendant de longues heures.

Torres 10 Imperial Brandy est vendu à la SAQ, code 00094367. Prix 31$.

BODEGAS TORRES
Vilafranca del Penedès (Barcelona) 

Représentés au Québec par Amphora, vins fins et spiritueux
 
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Roger Huet
Chroniqueur vins et spiritueux
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com 
LaMetropole.com

 

À propos de l' auteur

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...