samedi 18 novembre 2017

Le bonheur était dans la bouteille…italienne par R.Huet

Le 5 novembre 2008 avait lieu une dégustation de vins italiens au Marché Bonsecours organisée par la Délégation commerciale d’Italie. Dans trois salles resplendissantes, 110 producteurs étaient venus tout exprès pour faire découvrir aux Montréalais leurs vins en provenance de 18 régions de la péninsule.

Ce 4 à 7 de dégustation a été une fête pour les papilles et pour le cœur, et une magnifique leçon pratique! Plus de 500 sortes de vins de qualité étaient offerts aux amateurs curieux qui avaient eu le bonheur d’obtenir une invitation. Des produits incroyables comme des grands barolos, les rois des vins, des barbarescos dont les bouteilles peuvent dépasser les cinq cent dollars, des chiantis, coulaient à flots. J’y ai gouté les vins capiteux de la Sicile, de la Casa Vinicola Calatrasi, de Firiato et de Fondo Antico, qui sont de pures merveilles.

Si vous pensez que les Italiens ne produisaient comme mousseux que l’Asti, qui très doux, c’est plutôt un vin pour dames, j’y ai découvert avec ébahissement des dizaines de mousseux, dorés et dans tous les tons de rose, qui allaient de l’authentique brut jusqu’au plus tendre des doux. À bien des égards les mousseux italiens surpassent les espagnols. J’ai particulièrement apprécié ceux d’Eugenio Collavini, de la Cantina Colli del Soligo, de Bellusi Spumanti, Spama Cadellosio, Terre Cortesi, Vando Spumanti, qui avaient souvent plusieurs variétés chacun et je ne veux pas oublier Genagricola avec son excellent spumante Borgo Magredo.

Dans l’ancienne Rome, parait-il qu’on ne prenait pas le vin de la façon qu’on le boit aujourd’hui, on y ajoutait des épices. L’idée qui m’avait fait faire la grimace ! Je me trouvais devant la table de Spama Ca’dell’ozio où je dégustais leurs barolos et leur barbaresco, lorsqu’on me versa un Barolo Chinato qui est fait de barolo, et d’une décoction d’herbes et de racines, où on décèle l’amer de l’écorce de quinquina et la rhubarbe, pour le reste, la formule est secrète. Le plaisir de toutes mes papilles fut instantané, à tel point que ce fut la seule fois que je demandai à goûter une seconde fois. On m’a dit que c’est le seul vin italien qui se marie bien avec le chocolat. Les anciens Romains ne connaissaient pas le quinquina qui vient d’Amérique, mais je suis maintenant certain qu’ils réussissaient parfaitement leurs vins aux aromates.

Évidemment en seulement trois heures nous n’avons pas pu goûter à tous les vins. Nous avons fait ce qui était possible en faisant confiance à notre instinct. Une dégustation aussi variée était possible parce que les vins se combinaient avec un excellent buffet de la maison Cornelier qui nous a permis de ne pas boire avec l’estomac vide. On y trouvait des bruschetta chauds, du foie gras excellent, des tapenades, des bouchées avec infiniment de choses, un porcelet trônait près d’un saumon à l’abricotine, et pour finir une meule de parmesan, des olives un peu partout, et des raisins. Les Italiens font bien les choses ! Honnis soient les salons de dégustation où l’on vous sert des tristes verrines et des petites bouchées fades ! Dans une fête du vin il faut un grand buffet !

Pour couper les effets de l’alcool, de l’eau minérale San Pellegrino et Aqua Panna étaient aussi à la disposition des visiteurs.
C’est dommage que la plupart de ces vins extraordinaires ne soient pas disponibles à la SAQ ou que certaines ne le soient que dans les succursales Sélection. Car le bon vin italien est bon pour tous. Pour un gourmet, le rêve serait que la Société des Alcools du Québec déclare 2010 l’année du vin italien, et lève certains obstacles pour que des maisons peu ou pas représentées puissent aussi être présentes, pour le plus grand bonheur des amateurs québécois.

Roger Huet
Président du Club des Joyeux
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À propos de l' auteur

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...