samedi 18 novembre 2017
La dégustation de l’Instituto del vino italiano di qualità Grandi Marchi, du 27 février 2009

La dégustation de l’Instituto del vino italiano di qualità Grandi Marchi, du 27 février 2009

La différence entre la dégustation de vins italiens au Marché Bonsecours du 5 novembre dernier et celle du 27 février était d’abord dans l’ambiance, au Marché Bonsecours il y avait 110 producteurs qui venaient nous faire goûter leurs produits, dans trois salles resplendissantes, remplies de gourmets et de curieux heureux qui exprimaient leur joie parfois bruyante et qui s’arrêtaient au buffet gastronomique italien avec un bon verre à la main. 


Le 27 février il n’y avait que 17 producteurs. Des grands noms de vins italiens, qui offraient à un groupe de visiteurs triés sur le volet, la possibilité de goûter et d’évaluer des vins de qualité, presque tous disponibles à la S.A.Q. L’ambiance était celle d’une chapelle. Les vins y étaient dégustés avec minutie et l’art du vin considéré par les heureux invités avec un immense respect. Des files de coupes à chaque table permettaient de goûter sans mélanger les saveurs.

Le buffet servi, était sobre, fait exclusivement de bouchées, pratiques lorsqu’on ne dispose que de petites tables rondes ou que l’on mange sur le pouce. Chose curieuse, les visiteurs mangeaient sans boire, voulant reposer leurs papilles pour continuer la dégustation dans les meilleures conditions possibles. Je dois avouer que j’ai péché, en m’accompagnant d’un verre de Franciacorta brut, cuvée Prestige 2008 Doc de Ca’del Bosco, pétillant en petites bulles et d’un extraordinaire jaune paille, un poème. Disponible (SAQ $ 37). Pour ma part j’adore aussi leur Anna Maria Clementi 1999, qui n’y était pas, mais qui est disponible à la SAQ $ 104,80.

Les vins présentés à la dégustation à l’Instituto del vino italiano di qualità Grandi Marchi pourraient être classés en deux catégories : élégants et poétiques, parfois les deux. Je me suis limité à gouter un seul vin par exposant, afin de garder la tête froide et les papilles aiguisées, jusqu’à la dernière goute. J’avais soigneusement noté les noms de certains vins mythiques que je ne voulais pas manquer, mais dans d’autres cas, je me limitais à demander, le vin qu’ils avaient choisi de servir au souper d’apparat, le soir même – un par producteur – en me disant qu’il serait parmi leurs meilleurs produits.

Ma première expérience a été le Gewurztraminer 2006, Doc Sud Tirol de la maison Alois Lageder, reconnu pour être un vin exceptionnellement sec pour ce cépage. Délicieux. (2006 non disponible à la SAQ mais le 2007 $ 25,85)

Toujours dans les blancs l’Anthìlia de la maison Donna Fugata, de Sicile, m’a semblé très agréable, élégant et chatoyant. Les étiquettes de tous les vins blancs de cette maison sont poétiques et puisent dans la légende. Disponible (2007 SAQ $ 15,95)

Une maison étonnante est Jermann, dont les blancs, portent tous des noms anglais. Le Were Dreams 2006 m’a bien plu. (SAQ $ 26,65)

À partir de là j’ai décidé de me limiter aux vins rouges.
Deux heureuses découvertes de la maison Mastroberardino, le Villa dei Misteri 2004 Pompeiano IGT qui est le fruit de recherches pour faire revivre le vin qu’on produisait à Pompéi, jusqu’en 79 avant l’ère chrétienne. Le résultat est un vin poétique, avec une personnalité qui lui est propre et qu’on ne peut pas comparer. Serais-ce vrai que les anciens Romains mélangeaient leurs vins avec des épices? Dommage, car celui-ci est très bon tel qu’il est. J’ai ensuite goûté au Historia Naturalis 2003, un Taurasi DOCG, vin noble et élégant en bouche. Aucun des deux présentement disponible à la SAQ, par contre au souper du soir, devait être servi le Radici Taurasi Riserva 1999 dont la cuvée 2004 est disponible (SAQ $42).

De la maison Umani Ronchi, j’ai goûté leur Pelagio 2005, Marches IGT , vin qui, dit-on, n’est produit que dans les années exceptionnelles, c’est un vin raffiné, fruité sur fond minéral. La couleur de sa robe est parait-il exceptionnelle. Le croirez-vous ou non, il n’y avait dans la salle aucune lumière, à part les néons du plafond, pour observer les robes des vins. Il est disponible à la S.A.Q. $ 44.25.

Je salue le Carmenero 2001 de Ca’del Bosco. L’étiquette représente un loup déguisé en mouton blanc. C’est un vin puissant, assis, sec, aux tanins équilibrés et dont la robe est rouge rubis avec des reflets pourpres, qu’on devinait mal devant les néons du plafond. Disponible (SAQ $ 44,25).

Le Fojaneghe produit dans les terres des comtes Bossi Fedrigotti est le prototype d’assemblage bordelais en Italie. La millésime 2005 a bénéficié d’un climat plus chaud que l’habituel, et s’est bonifié. C’est un vin plein de charme, qui est maintenant dans la mouvance de la Maison Masi Agricola. Disponible (S.A.Q. $ 29,90).

J’ai aussi goûté au Masi Costasera Amarone della Valpolicella 2005. Il mérite qu’on s’y arrête car il est exceptionnel. On a raison de dire que c’est un vin moderne au cœur ancien. Noble, parfumé, équilibré. C’est le fruit du mariage parfait d’un connaisseur tel que Masi et les terres de l’Amarone. Disponible 1 seule bouteille, 9L dans une succursale de Québec (SAQ $ 748,75).

De la maison Bolgheri, le Guado al Tasso Antinori Bolgheri 2005 m’a tout de suite charmé. Un très bon équilibre de parfums, acidité contrôlée, des tanins puissants. Six siècles de tradition florentine, montrent combien l’art de ce vin est raffiné. Disponible (SAQ $ 82,25).

En nous approchant de la table de la maison Pio Cesare, nous savons que le plaisir est assuré. Nous pénétrons dans le monde délicieux des Barolos. Le Barolo Ornato est né d’un heureux mariage de la tradition et de la technique. Il apparaît pour la première fois en 1985 et n’est produit que dans les années de grands millésimes. Le Barolo Ornato 2004 DOCG Pio Cesare a été décrit comme un vin au bouquet gracieux et d’une épaisseur émouvante, c’est en effet ce que j’y ai trouvé. J’ai aimé son bouquet, ses tanins, son opulence, et sa caresse. Bien sûr je me suis efforcé d’admirer sa robe rouge rubis profond, à la lumière du plafond. Disponible (SAQ 94,75)

Une autre excellente maison pour le Barolo est certainement Michele Chiarlo qui en cinquante ans de travail sérieux, d’intelligence et de passion, a réussi à bâtir une des plus prestigieuses maisons italiennes.
J’ai goûté au Barolo Cerequio 2004 DOCG, 100% nebiolo, et je l’ai trouvé superbe. Un bouquet extraordinaire, des tanins fins, et une délicatesse qui vous mène au bord du péché. Disponible (SAQ 74,50).

Un des vins les plus adorables à mon goût est le Brunello di Montalcino DOCG 2001, de la maison Biondi Santi, que l’on peut le laisser vieillir dit-on de 20 à 40 ans. Disponible (SAQ 166,25).

De la région de la Ombrie nous vient le Rubesco Vigna Monticchio Riserva, de la maison Lungarotti. Belle robe, plaisantes arômes, tanins sobres, mais un goût qui se prolonge agréablement en bouche. (La SAQ a le Torgiano 1977 à $ 299,50 et le Torgiano de 1997 a $ 40,50). Lungarotti c’est aussi un complexe hôtelier à Torgiano, voué à la dégustation de ses vins et à la gastronomie régionale. Ils ont un Musée du vin et un Musée de l’huile d’olive.

L’Azienda Rivera produit à Montepulciano di Puglia, des vins agréables, avec des corps et légers, fruités et épicés, à la fois. J’ai goûté à « Il Falcone ». Disponible à la S.A.Q. $ 23,30, très bon rapport qualité-prix.

La maison d’Ambrogio e Giovanni Folonari nous a apporté de vins charmants, qui viennent de la région de Chianti où se trouvent leurs domaines Cabreo, qui produisent La Pietra blanc et le Cabreo Il Borgo rouge. J’ai goûté le deuxième : très agréable en bouche, une belle robe, des tanins bien équilibrés, des saveurs arrondies. Disponible à la SAQ $ 55,25.

La famille Carpene œuvre dans les vins depuis le dix-neuvième siècle. Ils ont laissé leur marque dans les pétillants, et furent les premiers à implanter une école d’œnologie en Italie. Le Carpene-Malvolti Cuvée Brut Prosecco di Conegliano est aujourd’hui connu à travers le monde, agréable au goût et très abordable. Disponible à la SAQ $ 16,75.

La maison Tenuta San Guido se spécialise dans la production d’un vin de type Graves (Bordelais), car le climat sur la côte Tyrrhénienne de la Toscane ressemble étrangement, de l’avis de son propriétaire, au climat de la région de Graves. Pour réussir le tour de force de parvenir à la qualité des premiers crus bordelais, on laisse vieillir les vins un peu plus longtemps en Toscane. Le Sassicaia Bolgheri 2005 qui est produit dans cet esprit est un vin excellent, disponible à la SAQ à $ 169.

Ma dernière visite à été à la table de la maison Tasca d’Almerita. J’aime les vins de la Sicile, et en particulier ceux de Tasca d’Almerita, qui sont le fruit de la passion, de la tradition et d’une technique superbe. Ce sont des vins de soleil. Le Nero d’Avola, Regaleali 2006 a une jolie couleur rubis sombre, un bouquet puissant, des tanins assez subtiles, mais une texture ample et agréable. Disponible à la SAQ $ 17,95.

Merci à tous ces grands viticulteurs qui viennent de si loin pour nous faire déguster leurs créations, si pleines de surprises, de subtilité, et de délicieuses saveurs. Je recommande à mes amis de les essayer sans réticence et je sais qu’ils en seront comblés.

Roger Huet, amateur.
Club des Joyeux Retraités.

À propos de l' auteur

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...