dimanche 25 février 2018
La petite reine du Nord

La petite reine du Nord

Les agents de vin la connaissent bien. Pour promouvoir leurs produits dans le Nord, de La Malbaie à Sept-Îles, c’est une référence, elle s’appelle SUSANA OCHOA VEGA. Elle est active dans tous les médias, télé, radio et journaux locaux. J’ai voulu vous la faire connaître. Je l’ai rencontrée à Montréal pendant le Salon des Vins d’Espagne.

RH – Vous êtes un exemple d’adaptation et de réussite au Québec, SUSANA OCHOA VEGA. Racontez-nous où vous êtes née et ce que vous avez fait avant d’immigrer dans la belle région de La Malbaie.

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SUSANA OCHOA VEGA – Je suis née au Mexique, où j'étais professeure d’espagnol. Je suis arrivée du Mexique directement à la Côte-Nord, et là j’ai commencé à apprendre le français et à connaitre la culture, à m’intégrer et à développer mon programme d’espagnol. Un jour, j’ai vu une affiche de l’école hôtelière de Charlevoix, je l’ai prise et l’ai gardée pendant quelques années.

RH – Qu’est-ce qui vous a poussée à immigrer au Québec, et surtout dans le Nord?

SUSANA OCHOA VEGA – «Qui prend mari, prend pays». Je me suis mariée avec un Québécois qui travaille dans le domaine de la santé sur la Côte-Nord.

RH – Lorsque vous arrivez, vous ne connaissez rien de votre pays d’adoption. Quelles ont été premières vos impressions, et vos premiers défis?

SUSANA OCHOA VEGA – Ma première impression a été de découvrir la simplicité chez les Québécois, ainsi que leur bénévolat. Mon premier défi c’était d’apprivoiser le froid, parce que je suis arrivée en janvier.

RH – Vous êtes arrivée munie d’un diplôme d’anglais et d’une longue expérience dans l’enseignement de l’espagnol aux étrangers, mais il vous restait à apprendre le français, que vous parlez aujourd’hui très bien.

SUSANA OCHOA VEGA – J’ai appris le français par moi-même en appliquant le même système que j’utilisais pour mes élèves d’espagnol. Quand j’ai été prête, j’ai demandé à une dame de m’aider à converser. Quelques années plus tard, j’ai reçu des cours de francisation.

RH – Qu’est-ce que vous faisiez pour vivre, au début?

SUSANA OCHOA VEGA – Au début, je me suis surtout occupée d’apprendre le français et de comprendre la culture, pour ainsi pouvoir m’intégrer. Le premier emploi que j’ai réussi à obtenir était femme de chambre. À la même période, j’ai commencé dans un restaurant et aussi aux croisières aux baleines. Tout cela a débuté à Tadoussac.

RH – Quelle était votre clientèle pour vos cours d’espagnol?

SUSANA OCHOA VEGA – Ma clientèle a été celle des débutants, que je considère comme la plus difficile, puisqu’un bon départ est gage de succès pour l’étudiant.

RH – Vous êtes une passionnée et avec le temps, vous allez bâtir une méthode que vous publiez en cinq volumes, qui est vraiment intéressante.

SUSANA OCHOA VEGA – C’est le résultat de mon expérience dans l’enseignement, qui commence avec un livre pour débutants, suivi d’un autre de niveau intermédiaire, puis d’un troisième de niveau avancé, ensuite vient l’espagnol pour voyager avec deux guides et finalement, l’espagnol médical.

RH – L’enseignement de l’espagnol sera toujours une de vos activités parallèles qui vous permettra d'en vivre, avec l’avantage qu’elle vous laisse le temps de faire autre chose. Cette autre chose va devenir le vin. Comment avez-vous découvert votre intérêt pour le vin?

SUSANA OCHOA VEGA – Mon mari est un amateur de vin et c’est lui qui m’en a transmis la passion. À la maison il y avait toutes sortes de livres qui se rapportaient au vin, le Guide Phaneuf, un livre de Chartier, encore un autre de Jacques Orhon. J’entendais si souvent parler de Nadia Fournier et de Véronique Rivest, que j’aurais pu penser qu’elles étaient mes voisines. À travers mes nombreuses observations culturelles, j’ai remarqué l’attrait des Québécois pour le vin. Dans la restauration, j’ai constaté que le vin faisait vraiment partie de la culture. Alors j’ai décidé de me former en restauration ainsi qu’en sommellerie, afin de donner un meilleur service à la clientèle, et puis j’ai sorti mon affiche pour m’inscrire à l’école hôtelière de Charlevoix.

RH – Quand avez-vous compris que vous pouviez promouvoir le vin et les spiritueux dans le Nord?

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SUSANA OCHOA VEGA – Quand j’ai vu l’intérêt des Québécois pour en savoir plus à propos de ce qu’ils buvaient, je me suis mise à faire des suggestions de vins et les gens se montraient enthousiastes. C’est ce qui m’a stimulée à commencer à écrire dans les journaux.

RH – Vous découvrez donc que le vin est un produit complexe et varié et qu’il y a un langage qu’il faut connaître pour pouvoir le raconter et le commenter. Comment l’avez-vous appris?

SUSANA OCHOA VEGA – De la même façon que j’ai appris le français. Je suis une spécialiste en apprentissage des langues, et le monde du vin est aussi un langage pour moi; il implique l’histoire, la géographie, le vocabulaire et la culture.

RH – Parlez-nous de vos cours en restauration et en sommellerie.

SUSANA OCHOA VEGA – J’ai fait l’ASP avant le DEP. J’ai eu le plaisir de commencer la sommellerie avec Mme Danielle Belley, qui malheureusement est décédée deux mois plus tard. Après j’ai eu d’autres professeurs dans le même programme. Parmi eux, Shawn St-Pierre et Daniel Galarneau m’ont accompagnée dans mon cheminement.

Le DEP en restauration m’a aidée à connaitre davantage la gastronomie que nous avons au Québec et je me suis amusée à faire de nombreux accords avec les vins.

RH – Vous commencez d’abord à écrire pour des journaux régionaux.

SUSANA OCHOA VEGA – Ce sont Les Éditions Nordiques (Charlevoix, Côte-Nord et Manicouagan) qui m’ont donné ma première chance en 2016. Ce que je cherchais, c’était de vulgariser, tout en demeurant professionnelle, afin que ce soit facile à comprendre pour le public, en utilisant le langage et des produits de la vraie vie, et surtout en restant moi-même.

Par rapport au vin, je combine la thématique aux besoins du client. Alors, en partant, je demande des échantillons aux agences, mais souvent c’est moi qui achète les produits.

RH – Après les journaux, vous commencez à collaborer à la radio.

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SUSANA OCHOA VEGA – J’ai débuté en 2017 à Essipit (Les premières nations) "CHME Rock ma vie" avec Anne-Sophie Paquet et ensuite à la radio de Charlevoix CIHO FM 96.3 avec Geneviève Charbonneau, qui a embarqué dans cette aventure. Les émissions portent sur la dégustation, les accords, et surtout sur la présentation de produits et les événements reliés au vin. Nous avons beaucoup de plaisir dans le studio, c’est super le fun, on s’amuse beaucoup en découvrant le monde du vin.

RH – Finalement c’est la consécration, vous passez à la télé.

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SUSANA OCHOA VEGA – Au début, nous devions faire seulement des petites capsules sur le vin à la télévision communautaire de la Côte-Nord. Finalement, cela a donné une émission complète de 30 minutes qui s’appelle "Le bon vin" et qui est diffusée par deux télévisions communautaires sur la Côte-Nord, de Tadoussac jusqu’à Sept-Îles.

Dans Charlevoix il existe quatre émissions, deux d’espagnol pour voyager et deux sur le vin, qui s’appellent "Vino et Étiquette". Toutes sont diffusées par deux télévisions communautaires différentes, de Baie-Saint-Paul jusqu’à Baie-Sainte-Catherine.

Je crois à mon concept de mélanger ma culture, ma langue et le monde du vin dans une même émission. J’ai toute la liberté pour faire la décoration, la présentation, et pour choisir la thématique.

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RH – En dehors de la vie professionnelle, comment vit Susana Ochoa Vega à la Malbaie?

SUSANA OCHOA VEGA – J’ai une grande “petite” famille où le seul Québécois “pure-laine” c’est mon mari. Tout le monde demeure dans Charlevoix. Nos amis sont des Québécois et des Latinos. Chaque fois qu’on en a la chance, on fait “La Fiesta” toujours à la façon mexicaine, c’est-à-dire avec beaucoup de nourriture, beaucoup de téquila et de la musique très forte. À la maison, j’aime écouter des documentaires à la télévision, j’aime la danse et la création artistique. Je m’implique également avec la MRC de Charlevoix pour aider à l’intégration des immigrants en faisant des activités culturelles. Je suis membre du Lions Clubs, ce qui me permet de m’impliquer dans la communauté de Charlevoix.

RH – Quelles sont vos projets pour 2018?

SUSANA OCHOA VEGA – Continuer mon aventure dans le monde du vin.

RH – Susana Ochoa Vega, vous êtes un bel exemple pour les immigrants qui veulent faire leur vie au Québec, car vous avez su vous rendre utile et intéressante pour les gens qui vous accueillent.

Je vais mettre vos liens pour que les agents et les vignerons puissent vous contacter. Merci de m`avoir accordé cette entrevue.

SUSANA OCHOA VEGA – C’est moi qui vous remercie et «Salud».

Note: Susana a recommandé le vin à l’émission du 14 janvier 2018 de Tout le Monde en Parle, et elle était présente dans la salle.

 

Liens :

Susana Ochoa Vega
355, boulevard Kane
La Malbaie (Québec) G5A 1K8
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Roger Huet
Chroniqueur vins
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com
LaMetropole.com
Touristica.ca 

À propos de l' auteur

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...