samedi 18 novembre 2017
Chroniques de R-H Coulombe & M Jutras
Rose-Hélène Coulombe & Michel Jutras

Rose-Hélène Coulombe & Michel Jutras

Nous sommes deux experts contribuant à l’essor et au rayonnement des industries agricole, alimentaire, culturelle et touristique. Une approche d’accompagnement basée sur le jumelage d’expertises. Rose-Hélène Coulombe et Michel Jutras signent des chroniques dans les médias écrits. Ils partagent leurs savoirs et de leurs contacts auprès de jeunes professionnels qui bâtissent leurs carrières. Membres de jurys pour divers concours.Lire la suite...

jeudi, 16 novembre 2017 14:07

Richesses régionales – 4e partie

Cette présentation des richesses régionales est issue de collectes de données et d’un travail de collaboration avec les regroupements agroalimentaires de chacune des régions touristiques du Québec. 

* Extraits du livre «Histoires de gourmands / Culture culinaire» * 

Mauricie

À mi-chemin entre Montréal et Québec, au croisement de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent, couverte de forêts au nord et de plaines fertiles au sud, la région de la Mauricie est privilégiée par la nature. Une cuisine typique, chargée de souvenirs, notamment dans le secteur de Grandes-Piles où le Village du bûcheron fait revivre une époque colorée. C’est la région par excellence pour le sarrasin, le poulamon, le gibier d’élevage, le cerf, le bison et le sanglier. Cette région a beaucoup à offrir en tourisme gourmand : des tables renommées, des produits du terroir diversifiés, des sites agrotouristiques et culturels très intéressants, une cuisine qui sait mettre en valeur les richesses alimentaires et culinaires s’inspirant des traditions adaptées aux réalités contemporaines. Le secteur du Lac Saint-Pierre compte au rang des régions désignées par l’ONU à titre de Réserve mondiale de la Biosphère. 

Montérégie

Depuis le début de la colonisation par les Français, la Montérégie est une région bioalimentaire. Elle se distingue par la production de la pomme, de cidres de grande qualité et de cidres de glace dont la réputation dépasse maintenant nos frontières. La culture de la vigne y bénéficie d’un micro climat qui est très propice à la fabrication de bons vins. La cuisine s’inspire des productions locales tout en gardant le souvenir de traditions anciennes. La Montérégie est aussi le « jardin du Québec » avec ses terres noires et une production maraichère de près de 70% de la production de légumes du Québec. Les immigrants italiens et hollandais du 20e siècle font partie de ceux qui l’ont mis en valeur. On identifie cette région à titre de royaume du foie gras de canard et elle est reconnue pour la grande diversité de sa production animale. D’ailleurs une de ses villes principales, Saint-Hyacinthe, est identifiée à titre de capitale agroalimentaire du Québec. Partout on y retrouve des possibilités d’autocueillette, des évènements gourmands qui bénéficient de la présence de plusieurs sommités culinaires et plusieurs routes thématique dont le Circuit du paysan. 

Montréal

Au temps de la Nouvelle-France, des terres riches et fertiles couvraient l’île de Montréal et on y récoltait plusieurs variétés de légumes et de fruits. Des espèces indigènes s’ajoutaient au menu : le melon, la courge et la citrouille. On accompagnait les viandes et les poissons de légumes dits d’entrepôt, navets, carottes, oignons. Si Montréal est devenue une ville renommée pour sa gastronomie, c’est sans doute qu’elle a hérité d’un goût inné pour la bonne chère issue de l’apport des gens des régions venus s’y installer lors de la grande période de l’industrialisation. À travers le temps, l’arrivée d’immigrants de nombreux pays d’Europe, d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Amérique du Sud, ont amené avec eux leurs traditions culinaires venues enrichir la cuisine québécoise de nouvelles saveurs et de produits moins connus. Lorsque l’on parle de culture culinaire montréalaise on pense aux bagels, chocolats, bières artisanales et industrielles, produits ethniques et le fameux smoked meat. Le festival Montréal en lumière permet une belle tribune aux spécialités et au savoir-faire des artisans de la terre, de la mer et de la table. Cet évènement permet également de nous faire rayonner sur la scène internationale car à chaque année, les grandes tables montréalaises y reçoivent des chefs et des gens de pays étrangers.

- Dans nos écrits, nous choisissons la nomenclature des régions touristiques pour l’identification des régions car c’est la plus usuelle pour le public en général.  

Trilogie de la Collection «Culture & Patrimoine» aux Éditions GID
«Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012
«Histoires de gourmands / Culture culinaire», 2014
«Hommes engagés à nourrir le Québec», 2017

Nous sommes fiers de contribuer à préserver et à faire rayonner
notre patrimoine agricole, alimentaire et culinaire et ses artisans !

Rose-Hélène Coulombe
Experte-conseil en agroalimentaire et en tourisme gourmand et co-auteure de la trilogie

Michel Jutras
Expert-conseil en gestion culturelle et touristique et co-auteur de la trilogie

lundi, 06 novembre 2017 07:23

Richesses régionales – 3e partie

Cette présentation des richesses régionales est issue de collectes de données et d’un travail de collaboration avec les regroupements agroalimentaires de chacune des régions touristiques du Québec. 

* Extraits du livre «Histoires de gourmands / Culture culinaire» * 

Îles-de-la-Madeleine

Ce coin de pays est reconnu d’abord pour son homard que certains qualifient de meilleur au monde. On y élève le pétoncle géant, la moule bleue et les huîtres. Le mets le plus célèbre est le pot-en-pot qui renferme poissons et pommes de terre entre deux abaisses de pâte. On peut y visiter un fumoir qui présente sa technique de travail et offre la dégustation de produits dont le hareng, poisson de notre patrimoine. De nos jours, toute une gamme de produits locaux transformés s’ajoute pour le bon plaisir des nombreux visiteurs saisonniers : fromage dont le plus célèbre est le Pied-de-Vent, bières locales, sanglier, salaison, saucissons et charcuterie, boissons alcoolisées, loup marin. Ils ont développé au fil du temps le «Le bon goût frais des Îles-de-la-Madeleine», une image promotionnelle très représentative des richesses de ce coin de pays.

Lanaudière

Longtemps reconnue comme lieu de la culture du tabac blond, Lanaudière a revu l’avenir agricole de sa région en 2004 pour se tourner vers les cultures maraîchères, les petits fruits et les cucurbitacées. Cette région a l’avantage de posséder une belle combinaison de reliefs, de lacs et de rivières qui favorisent la production de produits du terroir, la chasse et la pêche. Les érablières, produit d’appel de la région, fournissent de belles occasions pour l’approvisionnement en produits d’érable : sucre mou, sucre granulé, gelée, confiserie (bonbon et chocolat) et boissons alcoolisées. On y produit également des vins et des liqueurs à base de petits fruits. Plusieurs circuits gourmands proposent de partir à la découverte des quelques 70 entreprises lanaudoises offrant des produits locaux sous le logo «Goûtez Lanaudière».

Laurentides

Cette grande région touristique a longtemps été reconnue comme lieu privilégié de villégiature. On la qualifie de l’un des plus anciens berceaux de la gastronomie au Québec. Grâce à sa vocation traditionnelle de villégiature et à ses infrastructures touristiques, elle intègre parfaitement l’agrotourisme et le tourisme gourmand à son développement régional. Galettes de sarrasin et fèves au lard sont du domaine des souvenirs locaux. Depuis 2010, le circuit «Chemin du Terroir» permet de découvrir les richesses agricoles, alimentaires et culinaires. Il s'agit d'un chemin balisé de plus de 226 kilomètres. Le logo "Laurentides j’en mange" est bien établi dans la région. On le reconnait dans les épiceries, dans les marchés publics, dans les restaurants, sur des fiches-recettes et dans les petites boutiques spécialisées. 

Laval

Cette capitale horticole du Québec s’est développée en complémentarité aux attraits  culturels et historiques locaux afin d’offrir une offre agrotouristique périurbaine alléchante. C’est à la fois une ville et une région agricole qui s’étend sur une superficie de 245 kilomètres carrés. On y compte une soixantaine de kiosques fermiers, regroupés en réseau, qui sont de véritables marchés de quartiers. Les produits les plus caractéristiques sont : les petits fruits, le cantaloup, les fleurs comestibles, les légumes de serre et de champs et les produits d’aménagement paysager. Les «Saveurs de Laval» se découvrent soit par Internet ou en sillonnant les routes de l’île. «Les Chemins de la nature» allient bien l’appréciation de beaux paysages et l’approvisionnement en produits. Le circuit «La venue des récoltes» nous amène vers les serres de détail, les kiosques fermiers, la cueillette de fraises, framboises et pommes. Les vins lavallois sont maintenant une réalité.  

- Dans nos écrits, nous choisissons la nomenclature des régions touristiques pour l’identification des régions car c’est la plus usuelle pour le public en général.  

Trilogie de la Collection «Culture & Patrimoine» aux Éditions GID
«Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012
«Histoires de gourmands / Culture culinaire», 2014
«Hommes engagés à nourrir le Québec», 2017

Nous sommes fiers de contribuer à préserver et à faire rayonner
notre patrimoine agricole, alimentaire et culinaire et ses artisans !

Rose-Hélène Coulombe
Experte-conseil en agroalimentaire et en tourisme gourmand et co-auteure de la trilogie

Michel Jutras
Expert-conseil en gestion culturelle et touristique et co-auteur de la trilogie

samedi, 21 octobre 2017 11:37

Richesses régionales – 2e partie

Cette présentation des richesses régionales est issue de collectes de données et d’un travail de collaboration avec les regroupements agroalimentaires de chacune des régions touristiques du Québec. 

* Extraits du livre «Histoires de gourmands / Culture culinaire» *

Chaudière-Appalaches

Conjuguant tradition et innovation, cette région a su développer une cuisine distinctive. Cette cuisine s’inspire des ressources abondantes de la région, dont l’érable à sucre pour lequel la région est le principal producteur au Québec. Chaudière-Appalaches est bien identifiée, entre autres, par la production du porc et des œufs de consommation. On y trouve également la caille, le faisan, la pintade, le lapin et même le sanglier, sans oublier l’esturgeon noir du Saint-Laurent. Cette région se démarque par ses entreprises affichant fièrement l’enseigne «Arrêt gourmand». Ce réseau régional met en vedette les produits de nos terroirs et propose aussi des circuits de balades gourmandes. Pour découvrir et goûter les saveurs de Chaudière-Appalaches, on n’a qu’à partir à la recherche de ces panneaux promotionnels.

Charlevoix

La topographie de la région favorise une production agricole particulière. Depuis déjà plusieurs années, des producteurs et jardiniers maraîchers ont introduit de nouvelles cultures telle la pomme de terre bleue. Des élevages spéciaux s’y implantent et on y trouve piscicultures de truite, élevage d’agneaux, de veau. L’industrie fromagère y est également très présente et La laiterie Charlevoix, de Baie-Saint-Paul, est certifiée économusée du Fromage. C’est une des premières régions à créer un circuit aux saveurs régionales. La Route des Saveurs de Charlevoix regroupe une quarantaine de producteurs, transformateurs et restaurateurs. Certaines boulangeries utilisent même les anciens fours à pains artisanaux. C’est l’agneau de Charlevoix qui a obtenu la première certification IGP (Indication Géographique Protégée) au Québec.

Côte-Nord (Manicouagan, Duplessis)

Quand on pense à la Côte-Nord, on pense immédiatement au crabe des neiges et à la crevette nordique que l’on appelle à tort la crevette de Matane. Ce territoire est riche en produits marins : mactre de Stimpson, couteau de mer, oursin, buccin, mye, concombre de mer, pétoncle géant et pétoncle cultivé. La pêche se fait dans le Saint-Laurent, de Tadoussac à Blanc-Sablon. Il y a eu beaucoup d’efforts de concertation de la part des cuisiniers afin de développer une cuisine régionale mettant leurs richesses alimentaires et culinaires en valeur. Les petits fruits sauvages y abondent : fraises des champs, framboises, bleuets, chicoutai, airelle vigne-d’Ida. L’airelle, aussi appelée graine rouge, est très prisée, notamment par les Innus qui l’appellent uishatshimina (fruits amers). Les richesses boréales y sont également en vedette : sapins, bouleaux, épinettes, le thé des bois, le pimbina, la camarine, la gadelle et autres.

Gaspésie

Le premier produit d’appel de la Gaspésie est, sans contredit, ses différentes espèces marines. Cette région est aussi propice à la fabrication de fromages, à la production laitière et bovine. Particulièrement en Haute-Gaspésie et dans la Baie des Chaleurs, la production de petits fruits est en émergence. La région a beaucoup à offrir et la «Gaspésie gourmande» en est un bel exemple. C’est une association axée sur la promotion des produits aux saveurs gaspésiennes. On peut aussi faire «Le tour de la Gaspésie», reconnu comme l’un des plus beaux parcours en Amérique, tout en découvrant et en dégustant les produits régionaux. Ce réseau comprend des artisans : producteurs, transformateurs, pêcheurs, restaurateurs, hôteliers et cuisiniers. Ils ont su se regrouper pour développer et faire découvrir leur terroir.

- Dans nos écrits, nous choisissons la nomenclature des régions touristiques pour l’identification des régions car c’est la plus usuelle pour le public en général.  

Trilogie de la Collection «Culture & Patrimoine» aux Éditions GID
«Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012
«Histoires de gourmands / Culture culinaire», 2014
«Hommes engagés à nourrir le Québec», 2017

Nous sommes fiers de contribuer à préserver et à faire rayonner
notre patrimoine agricole, alimentaire et culinaire et ses artisans !

Rose-Hélène Coulombe
Experte-conseil en agroalimentaire et en tourisme gourmand et co-auteure de la trilogie

Michel Jutras
Expert-conseil en gestion culturelle et touristique et co-auteur de la trilogie

lundi, 09 octobre 2017 07:40

Richesses régionales – 1re partie

Cette présentation des richesses régionales est issue de collectes de données et d’un travail de collaboration avec les regroupements agroalimentaires de chacune des régions touristiques du Québec. 

* Extraits du livre «Histoires de gourmands / Culture culinaire» *

Abitibi-Témiscamingue, Nunavik, Baie-James, Eeyou Istchee

La région a connu une immigration diversifiée provenant de partout au Québec. À partir des années 1915, 27 nationalités différentes dont des gens d’Europe de l’Est, d’Italie, de Chine sont venus également s’y établir. La cuisine s’est développée en s’inspirant des traditions amérindiennes locales et de ces nombreuses cultures. Aujourd’hui, on peut voir une plantation de vignes dans le secteur du Témiscamingue et consommer partout au Québec l’eau Eska de Amos. Le regroupement Goûtez l’Abitibi-Témiscamingue facilite l’approvisionnement de ces trésors régionaux au menu de plusieurs tables de la région, dans les marchés publics locaux et à l’extérieur du territoire.

Bas Saint-Laurent

Le Bas-Saint-Laurent n’a pas oublié ses vieilles traditions culinaires, on les sent présentes sur tout le territoire. On y retrouve l’agneau de Kamouraska, l’anguille, les produits de l’érable et bien d’autres. Il y a plusieurs années que l’on reconnaît le Bas-Saint-Laurent pour la qualité de ses pommes de terre et ses produits tels les herbes salées. La marque Saveurs du Bas-Saint-Laurent, regroupant plus de 160 entreprises, permet d’offrir des produits agroalimentaires locaux et des menus élaborés par des cuisiniers et pâtissiers qui savent mettre en valeur les trésors des producteurs et transformateurs.

Cantons-de-l’Est

Cette terre ancestrale des Abénaquis, devenue refuge des Loyalistes à la fin du 18e siècle, pays de colonisation anglo-saxonne et canadienne-française, a bénéficié, au cours des siècles, de multiples influences culturelles. La cuisine de cette région étonne par la diversité de ses saveurs. En effet, qui n’a pas entendu parler du canard du lac Brome, des vins de Dunham ou de Magog, des fromages de l’Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac, du moût de pomme, de la fleur d’ail et du cidre de glace. Cette région est riche en possibilités gourmandes, produits frais, produits transformés, truite d’élevage, fromages… Créateurs de saveurs Cantons-de-l’Est est la marque régionale qui les identifie.

Centre-du-Québec

La gamme de produits régionaux ne cesse de s’élargir d’année en année sur ce territoire. L’érable à sucre règne en roi dans cette région, notamment par la présence de la coopérative des producteurs de sirop d’érable de Plessisville et de son Festival de l’érable, un des plus vieux événements annuels du Québec. On identifie la canneberge à titre de produit spécifique, fruit qui est bien présent dans nos habitudes et nos traditions alimentaires. On compte également des fromageries réputées et un festival annuel qui a réuni l’ensemble des producteurs de fromages du Québec. C’est dans le cadre de cet évènement gourmand que le Concours des fromages fins du Québec (Prix Caesus) a été mis en place. La création de la fameuse poutine nous viendrait de ce coin de pays.

- Dans nos écrits, nous choisissons la nomenclature des régions touristiques pour l’identification des régions car c’est la plus usuelle pour le public en général.  

Trilogie de la Collection «Culture & Patrimoine» aux Éditions GID
«Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012
«Histoires de gourmands / Culture culinaire», 2014
«Hommes engagés à nourrir le Québec», 2017

Nous sommes fiers de contribuer à préserver et à faire rayonner
notre patrimoine agricole, alimentaire et culinaire et ses artisans !

Rose-Hélène Coulombe
Experte-conseil en agroalimentaire et en tourisme gourmand et co-auteure de la trilogie

Michel Jutras
Expert-conseil en gestion culturelle et touristique et co-auteur de la trilogie

Au Québec, la majorité des économistes familiales ont enseigné dans des écoles publiques. Les autres ont travaillé au sein des départements de relations publiques d’organismes privés et gouvernementaux et ceux de consultation ou d’assistance auprès des consommateurs pour les gouvernements et l’entreprise privée. Leurs champs d’actions étaient larges et correspondaient à plusieurs volets de base, dont: l’alimentation, la conservation des aliments, les conserves domestiques, le logement, l’habillement, la consommation, les méthodes de travail, les relations familiales, le développement de l’enfant. 

Économie familiale / Métamorphoses de la société 

L’économie familiale étant la recherche continuelle d’une amélioration des conditions de vie des individus et des familles dans leur rapport avec la société, les métamorphoses profondes de la société à travers le temps suscite des interventions particulières de la part des professionnels de ce secteur. À titre d’exemple, pendant les deux guerres mondiales, les cours sont davantage orientés sur la façon d'alléger les tâches ménagères et d'accroître l'autonomie des femmes.

Même après la Seconde Guerre mondiale la vie continue d'être difficile pour les Québécois. Progressivement, l’unité de la famille rurale perd de sa vigueur avec le départ des jeunes vers les villes pour trouver de l’emploi. Il faut beaucoup d'imagination aux familles pour joindre les deux bouts. On a recourt à différents moyens pour étirer le budget. On fait même du savon comme autrefois que l’on appelle «savon du pays» (un mélange d’eau, de graisse et de caustique).

Aujourd’hui, face au flot d’informations qui circulent sur l’alimentation, le développement de l’enfant, la protection de l’environnement et autres concepts de l’économie familiale, les professionnels de ce secteur se doivent d’être en recherche continue pour améliorer les conditions de vie des individus et des familles afin des les aider à mieux s’ajuster à la vitesse des changements de la société. 

(Collaboration spéciale de deux économistes familiales, Carmelle Thérien-Viau, membre du conseil d’administration de la Fédération internationale pour l’économie familiale de 1934 à sa retraite, et Marielle Préfontaine, qui a été Directrice de l’École de nutrition et d’études familiales de l’Université de Moncton) 

Dans le livre «Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012, les auteurs ont rendu hommage à des économistes familiales qui ont contribué à l’avancement de la profession au Québec et qui ont permis le rayonnement de nos forces sur la scène internationale. (Collaboration spéciale de Sœur Jeannine Cornellier, elle est de celles qui ont participé à cet avancement) 

Carmelle Thérien-Viau est native de Montréal. Pour sa famille, étudier est très important. Elle étudie à l’École ménagère provinciale où elle obtient en 1938 un Diplôme d’enseignement ménager décerné par l’Université de Montréal. Dans les années 1940, elle côtoie Jehane Benoît pour qui elle travaille, entre autres à son restaurant végétarien le Salad Bar, un concept très innovateur pour le temps. Carmelle aide à la préparation des salades et dessine et confectionne les modèles d’uniformes destinés aux serveuses de table. Cette spécialiste en arts textiles et vêtements a possédé une École de couture où elle a donné des cours de dessins de patrons et de méthodes de couture. Elle a ensuite enseigné plusieurs années à la CECM en arts ménagers. 

Henriette Rochette-Le Hir fait ses études primaire et secondaire à l’Académie St-Louis de France où elle reçoit un Diplôme Supérieur en Lettres-Sciences. Elle obtient une bourse pour s’inscrire à l’École Ménagère régionale de Loretteville, nouvelle orientation que les Sœurs de la Charité de St-Louis donnent à leur institution. Cette nouvelle approche semblait révolutionnaire car elle comportait - en plus des cours de base, français, anglais, sciences et mathématiques - des cours pratiques de cuisine et alimentation, couture et habillement, tissage, ainsi que des mises en situation pratique et un stage d’immersion. Dans ce cadre, elle a le privilège d’être recrutée par Évelyne Leblanc, du ministère de l’Agriculture d’Ottawa, pour l’assister au stand du ministère dans le cadre de l’Exposition agricole annuelle de Québec. Elle travaillera par la suite dans divers domaine se rattachant à l’économie familiale. En 1978, entre autres, la C.E.C.M, lui confie le mandat de recueillir les informations au sujet des projets pédagogiques novateurs existant dans les écoles de son territoire. À la fin de son mandat en 1979, trois publications sont éditées par le gouvernement du Québec : L’enfant de quatre à douze ans et l’école, L’adolescent et l’école, L’Enfant et les défis d’adaptation

Marielle Préfontaine est originaire de St-Marc-sur-Richelieu en Montérégie. Aînée des filles d’une famille agricole de onze enfants, elle a toujours aimé accompagner son père dans les travaux de la ferme, ce qui n’était pas très traditionnel à l’époque. Chez elle, le travail n’avait pas de sexe : son frère faisait des gâteaux avec leur mère et Marielle accompagnait leur père pour traire les vaches. Marielle n’a pas beaucoup d’intérêt pour les choses de la maison. Pour cette raison, ses parents qui désirent lui donner une éducation pour son avenir de femme et de future épouse, l’inscrivent à l’Institut familial des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, à St-Lambert sur la Rive-Sud de Montréal. Elle poursuit ses études à Montréal à l’Institut familial des Sœurs Grises et un an plus tard, à l’Institut de pédagogie familiale d’Outremont. Marielle est fière d’affirmer que Monseigneur Albert Tessier, directeur de la formation à l’Institut de pédagogie familiale, l’a beaucoup influencée dans son cheminement de vie. Il lui a appris l’importance de développer au maximum tout son potentiel. Elle a appliqué cette philosophie dans sa vie personnelle et professionnelle et l’a inculquée à son tour, à ses étudiantes et étudiants. En 1972, Marielle accepte un poste à l’Université de Moncton à titre de directrice de l’École de nutrition et d’études familiales, aujourd’hui connue sous le nom d’École des sciences des aliments, de nutrition et d’études familiales. Jusqu’en 1984, elle marque cette École du sceau de l’excellence, lui donne du prestige auprès des instances de l’Université et la fait connaître sur la scène internationale. 

Marie Barrette est native de Montréal. Elle fait ses études à l’Institut familial Sainte-Ursule, comté de Maskinongé, où elle obtient un Diplôme Supérieur d’enseignement ménager et d’éducation familiale. Elle complète, à l’Université de Montréal, un Baccalauréat ès sciences (1972) et une Maîtrise en nutrition (1975). Marie débute sa carrière à la C.E.C.M. en 1959. Elle y occupe divers postes : enseignante, chef de groupe, conseillère pédagogique. Son expérience la plus marquante a été le projet de coopération avec l’Association des Économistes sociales et familiales du Burkina Faso. 

Louise Bélanger-Mahoney a fait ses études à l’Institut familial St-Jacques-de-Montcalm dans Lanaudière. Par la suite, elle obtient un Baccalauréat Home Economics Education à l’Université Mount St-Vincent à Halifax en Nouvelle-Écosse, puis une Maîtrise Home Economics Education à l’Université Pennsylvania State au Massachusetts aux États-Unis. De retour au pays, elle s’établit à Montréal. Elle débute sa carrière par l’enseignement en économie familiale à la CECM. Elle est par la suite prêtée au ministère de l’Éducation à titre d’agente de développement pédagogique en économie familiale. Elle intervient alors dans tout le Québec. Plus tard, elle joint le ministère fédéral de la Consommation et des Corporations, au service d’aide aux consommateurs. C’est l’époque où la consommation commence à prendre de plus en plus d’espace sur la place publique et dans le portefeuille des consommateurs. Devant cet état de fait, Louise opte pour une orientation dans le domaine de la faillite auprès des consommateurs surendettés. 

NOTES

Les chroniques sont tirées de notre trilogie «Culture & Patrimoine»

Dans nos écrits, nous choisissons la nomenclature des régions touristiques pour l’identification des régions car c’est la plus usuelle pour le public en général.
Trilogie de la Collection «Culture & Patrimoine» aux Éditions GID 
«Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012
«Histoires de gourmands / Culture culinaire. 2014
«Histoires de gourmands / Des produits et des hommes» (Titre provisoire) parution printemps 2017

Nous sommes fiers de contribuer à préserver et à faire rayonner 
notre patrimoine agricole, alimentaire et culinaire et ses artisans!

Rose-Hélène Coulombe
Experte-conseil en agroalimentaire et en tourisme gourmand et co-auteure de la trilogie

Michel Jutras
Expert-conseil en gestion culturelle et touristique et co-auteur de la trilogie

Un brin d’histoire…

Les origines de ce domaine d’études en tant que matière académique en Amérique du Nord remonteraient en 1899 à Lake Placid dans l’État de New-York. Ellen Richards, qui prônait l'application de la science dans la vie de tous les jours est considérée comme la fondatrice. Au même moment au Canada, Adelaïde Hoodless préconise la création de ce domaine d’études. Elle ouvre une école au Young Women’s Christian Association (YWCA) d’Hamilton, recommande au ministère de l’Éducation de l’Ontario l’introduction de l’enseignement ménager dans les écoles publiques, fonde l’Ontario Normal School of Domestic Science en 1903 et préside à la mise sur pied du Macdonald Institute of Home Economics à Guelph.

Lorsque le Macdonald Institute ferme ses portes dans les années 1960, l’Université de Guelph ouvre son College of Family and Consumer Studies. Aujourd’hui, on retrouve 140 programmes d’études dans les universités canadiennes : formations générales en économie familiale, formation spécialisée en nutrition, alimentation, textile, habillement et développement de l’enfant. Ces formations sont classées sous Sciences de la famille et de la consommation par l’Association des universités et collèges du Canada.

Le recteur de l’Université Laval a reçu en mars 2011 le Prix de l'Office de la protection du consommateur pour ses programmes en Sciences de la consommation. Lors de la remise de ce prix, le président de l’Office de protection du consommateur a affirmé que les Sciences de la consommation ont des retombées concrètes dans la société. Il a poursuivi en disant que les programmes formant les professionnels en consommation sont de plus en plus nécessaires dans cet univers en perpétuelle mouvance

Appuyée sur les sciences sociales, physiques, biologiques de même que sur l’analyse des méthodes de travail, des gestes et du temps, les programmes en Sciences de la consommation ou en Économie familiale ouvrent un éventail de carrières aux diplômés. La co-auteure de cet article, Rose-Hélène est fière de préciser qu’elle est économiste familiale de formation et de profession. 

rose helene economiste familiale livreGuide alimentaire visuel pour un pays en démarche d’alphabétisation – Burkina Faso (Photo Michel Jutras) Guide alimentaire visuel pour un pays en démarche d’alphabétisation – Burkina Faso (Photo Michel Jutras)

Différentes appellations de l’Association québécoise de l’Économie familiale au fil du temps 

  • 1968 : Association des diplômées en sciences ménagères et familiales
  • 1971 : Association des diplômées en sciences familiales
  • 1976 : Association des diplômées en économie familiale
  • 1980 : Association d’économie familiale du Québec
  • 1990 : L’association d’économie familiale du Québec 

Au début du 20e siècle, des associations d’économistes familiales sont fondées avec objectifs de soutenir les membres dans leurs interventions. Au Québec, lors de la révolution tranquille des années 1960, les professionnelles en économie familiale entreprennent des démarches de fusion de leurs associations pour une nouvelle orientation des actions, une meilleure synergie, une garantie de support des autorités ministérielles et un perfectionnement continu de leurs membres afin de faciliter leur adaptation aux besoins de la société.

L’AEFQ, qui comptait plus de 300 membres en 1990, a toutefois mis fin à ses activités en 2000 après l’abolition du programme d’économie familiale dans les écoles secondaires du Québec, programme qui était devenu obligatoire en deuxième année du secondaire en 1982, tant pour les garçons que pour les filles. Cependant, même si le programme d’économie familiale a été aboli, les besoins de base des cellules familiales sont toujours présents. Ce sont surtout les parents qui le disent et certains d’entre eux croient qu’un retour aux sources pourrait avoir sa place au Québec. Le mois de mars étant celui identifié pour souligner la journée internationale de la femme, la FIEF décrète en 1978, le jour du 20 mars comme la Journée mondiale de l’économie familiale.

Un bel exemple de transfert d’expertises

La publication de La cuisine au Burkina Faso, Du patrimoine culinaire à une alimentation améliorée (2004) - Association Burkinabè d’économie Sociale et Familiale, est un projet réalisé avec la collaboration de l’AEFQ (secteur Montréal) et l’appui financier de l’Agence canadienne de Développement International (ACDI). La réalisation de cet ouvrage a contribué au développement du pays à travers la valorisation des aliments locaux et des techniques culinaires traditionnelles. Il a également joué un rôle sur l’alphabétisation de la population en permettant de suppléer à l’insuffisance de documents pratiques de base, adaptés à l’alimentation et à la cuisine traditionnelle. Le livre a été publié en quatre langues et utilisé par des pays limitrophes du Burkina Faso.

NOTES

Les chroniques sont tirées de notre trilogie «Culture & Patrimoine»

Dans nos écrits, nous choisissons la nomenclature des régions touristiques pour l’identification des régions car c’est la plus usuelle pour le public en général.
Trilogie de la Collection «Culture & Patrimoine» aux Éditions GID 
«Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012
«Histoires de gourmands / Culture culinaire. 2014
«Histoires de gourmands / Des produits et des hommes» (Titre provisoire) parution printemps 2017

Nous sommes fiers de contribuer à préserver et à faire rayonner 
notre patrimoine agricole, alimentaire et culinaire et ses artisans!

Rose-Hélène Coulombe
Experte-conseil en agroalimentaire et en tourisme gourmand et co-auteure de la trilogie

Michel Jutras
Expert-conseil en gestion culturelle et touristique et co-auteur de la trilogie

mercredi, 24 mai 2017 14:23

Hommes engagés à nourrir le Québec

Nous sommes heureux de vous présenter le dernier livre de la Collection «Culture & Patrimoine» «Hommes engagés à nourrir le Québec», publié aux Éditions GID. Place à nos coups de cœur au masculin et leurs trésors, recettes, souvenirs, bons coups, anecdotes !

Dans HOMMES ENGAGÉS À NOURRIR LE QUÉBEC, nous avons choisi de privilégier les secteurs de l’agriculture, de la transformation alimentaire, de l’hôtellerie-restauration et de la formation. Nous rendons hommage à plusieurs hommes engagés dans le monde agricole, alimentaire et culinaire qui ont laissé leurs marques et qui prennent souvent le relais d’une génération à l’autre. On y trouve des histoires de familles et d’ambassadeurs ainsi que la mise en valeur des identités québécoises influencées par l’apport de nos ancêtres et des communautés culturelles, soient : trésors culinaires, produits agricoles, produits alimentaires et mets identitaires.

rose helene livre hommes engages nourrir quebec

Ce troisième livre complète la trilogie de la Collection «Culture & Patrimoine». Notre premier livre rendait hommage aux femmes engagées à nourrir le Québec, le deuxième permettait de faire connaître les acteurs et les évènements qui ont permis de doter le Québec d’une culture culinaire.

Notre collection «Culture & Patrimoine» constitue les bases de notre projet reposant sur la mémoire collective québécoise. Ce sont les premiers jalons de notre plateforme, pour le patrimoine agricole, alimentaire et culinaire. Cette dernière est construite à partir de nos recherches, nos expériences et nos échanges avec des centaines et des centaines de personnes qui ont contribué avec fierté à la réalisation de cette oeuvre collective.

Par ces trois livres, nous vous transmettons le sens même de notre mission soit de «Donner à notre culture culinaire ses lettres de noblesse en offrant une vitrine au savoir-faire de nos artisans et artisanes de la production à la table». La réalisation de cette collection nous a permis de constater, qu’au Québec, une des forces de notre patrimoine agricole, alimentaire et culinaire repose sur le transfert des savoirs «de génération en génération», plusieurs histoires de familles le démontrent. Ce constat a été aussi à l’origine de nos choix, parfois pas toujours évidents. Il est encourageant de voir tous les acteurs qui sont à l’œuvre dans les différents secteurs de notre agriculture, notre industrie alimentaire et notre culture culinaire sans compter les secteurs satellites qui complètent la chaîne agroalimentaire.

Rose-Hélène et Michel, un heureux amalgame de l’agroalimentaire, du patrimoine, de la culture et du tourisme!

Nous trouvons important de rendre hommage à toutes les pionnières qui ont formé, développé et maintenu le goût pour les arts culinaires, les arts textiles et l’artisanat dans nos villes et villages québécois.

Parmi les bâtisseurs du Québec, on compte plusieurs femmes issues du monde de l’agriculture et de la colonisation. Les qualités les plus marquantes de ces bâtisseuses sont l’efficacité, l’imagination, le goût de réaliser et la débrouillardise avec peu de moyens et beaucoup de sérieux.

Une citation de Georges Bouchard, agronome et fondateur des Cercles de Fermières du Québec en 1915: «Les Arts domestiques sont une source de bénéfices, ils sont une source d’attraction touristique en plus d’être une noble tradition, un instrument de survivance.»

Depuis toujours, les recettes et les techniques culinaires se transmettent de mère en fille et elles se perfectionnent avec le temps. Autrefois, dans les foyers de la classe moyenne et ouvrière, les marchandises «achetées toutes faites», comme on disait dans le temps, étaient considérées comme des «articles de luxe». Chaque foyer se suffisait grâce à l’ingéniosité et à la vaillance des femmes. C’est dans ce contexte que l’on pouvait parler de «femmes dépareillées» qui veillaient au bien-être de tous les membres de leur famille en les habillant des pieds à la tête et en les nourrissant avec ingéniosité.

Aux quatre coins du Québec, les organisations féminines ont permis d’adapter et de renouveler sans cesse ces techniques artisanales qui autrefois étaient strictement utilitaires. Si les coffrets patrimoniaux du Québec s’enrichissent de si belle façon au fil des générations, on le doit en grande partie aux Cercles de Fermières du Québec qui ont mis de l’avant la devise : découvrir, moderniser, innover et créer.

Les organisations féminines ont été un apport précieux à la vie culturelle, sociale et aussi religieuse du Québec. Elles sont en quelque sorte une forme d’école populaire à la portée de plusieurs femmes. Être membre, éveille en chacune le désir d’apprendre tout en créant des contacts grâce au réseautage, un principe encore très actuel.

Quelques associations féminines qui ont marqué leur époque dont certaines sont encore actives :

  • Cercles des Fermières du Québec (CFQ)
  • Association féminine d’éducation et d’action sociale (AFEAS)
  • Quebec Women’s Institute (QWI)
  • Fédération des agricultrices du Québec (UPA)
  • Alliance des femmes professionnelles des métiers de bouche (Regroupement professionnel de chefs, cuisinières, pâtissières ayant existé de 1995 à 2013)
  • Association d’économie familiale québécoise (AEFQ) (ce regroupement de femmes économistes familiales a cessé ses activités en 2000)

NOTES

Les chroniques sont tirées de notre trilogie «Culture & Patrimoine»

Dans nos écrits, nous choisissons la nomenclature des régions touristiques pour l’identification des régions car c’est la plus usuelle pour le public en général.
Trilogie de la Collection «Culture & Patrimoine» aux Éditions GID 
«Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012
«Histoires de gourmands / Culture culinaire. 2014
«Histoires de gourmands / Des produits et des hommes» (Titre provisoire) parution printemps 2017

Nous sommes fiers de contribuer à préserver et à faire rayonner 
notre patrimoine agricole, alimentaire et culinaire et ses artisans!

Rose-Hélène Coulombe
Experte-conseil en agroalimentaire et en tourisme gourmand et co-auteure de la trilogie

Michel Jutras
Expert-conseil en gestion culturelle et touristique et co-auteur de la trilogie

Au 19e siècle, c’est grâce aux communautés religieuses masculines que l’on voit s’ouvrir les écoles d'agriculture pour les garçons dans le milieu francophone. Sainte-Anne-de-la-Pocatière (1859), Oka (1893) et Saint-Hyacinthe (1898) se sont alors démarqués comme les grands pôles de la formation agricole au Québec. Les formations universitaires francophones d’agronomes et de vétérinaire, que nous connaissons aujourd’hui, découlent de ces institutions.

Suite à la réforme de l’éducation, à la fin des années 1960, tous les centres de formation deviendront laïcs et les religieux, désireux de poursuivre leur travail, seront intégrés aux équipes d’enseignants. En héritage, ils nous ont légué des traditions dans la culture des potagers et des arbres fruitiers. Leur influence est réelle dans l’enseignement agricole, maraîcher et horticole. Ils ont contribué à notre patrimoine agricole, alimentaire et culturel, ce qui permet, de nos jours, d’avoir une diversité des saveurs qui qualifie les territoires et caractérise notre gastronomie. On n’a qu’à penser au cidre de pommes, au fromage Oka ou aux bleuets enrobés de chocolat.

Du côté anglophone, Sir William Macdonald et James W. Robertson fondent en 1890 le Campus Macdonald de l’Université McGill, à Sainte-Anne-de-Bellevue, dédié à la formation agricole universitaire.

Trappe d’Oka

Les trappistes se retirent de l'enseignement agricole en 1962, suite à l'expiration d'une entente de 1930 qu’ils avaient conclue avec le gouvernement provincial selon laquelle ils s'engeaient à dispenser un enseignement universitaire en agriculture pour les trente prochaines années en échange d'une subvention de 300 000$. Les activités de l'Institut sont alors transférées à la faculté d'agronomie de l'Université Laval. En 1974, les moines d'Oka vendent la fromagerie et la coopérative Agropur l’acquiert un peu plus tard. Au tournant des années 2000, la communauté comptant à peine une trentaine de moines songe à se relocaliser et choisie de s’installer dans la région de Lanaudière, au pied de la Montagne coupée. Le monastère, construit en 2009, prendra le nom d’Abbaye Val Notre-Dame.

NOTES

Les chroniques sont tirées de notre trilogie «Culture & Patrimoine»

Dans nos écrits, nous choisissons la nomenclature des régions touristiques pour l’identification des régions car c’est la plus usuelle pour le public en général.
Trilogie de la Collection «Culture & Patrimoine» aux Éditions GID
«Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012
«Histoires de gourmands / Culture culinaire. 2014
«Histoires de gourmands / Des produits et des hommes» (Titre provisoire) parution printemps 2017

Nous sommes fiers de contribuer à préserver et à faire rayonner
notre patrimoine agricole, alimentaire et culinaire et ses artisans!

Rose-Hélène Coulombe
Experte-conseil en agroalimentaire et en tourisme gourmand et co-auteure de la trilogie

Michel Jutras
Expert-conseil en gestion culturelle et touristique et co-auteur de la trilogie

Les communautés qui offrent ce type d’enseignement ménager et qui suivent les traces des pionnières sont : Ies Soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours, les Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, les Sœurs de la Providence, les Sœurs de la Charité (Sœurs Grises) de l’Hôpital général de Montréal, les Servantes du Cœur Immaculé de Marie dites Sœurs du Bon-Pasteur de Québec, les Sœurs de la Charité de Saint-Louis, les Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire, les sœurs de l'Assomption de la Sainte-Vierge, les Soeurs de Sainte-Croix, les Filles de Jésus et les Sœurs de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil de Montréal.

Au cours des années suivantes le nombre d’écoles s'est accru, passant de seize à quarante-trois.

En quelques années à peine, l’Abbé Tessier a complètement transformé les programmes de formation. Parmi les innovations les plus audacieuses, il y a eu les stages. L’un de puériculture et l’autre en tant que maîtresse de maison au «Petit foyer» (emplacement situé à l’intérieur de l’Institut familial, il comportait les pièces d’une vraie maison, cuisine, salle à manger, salon). La religieuse responsable de «Petit foyer» laissait la responsabilité de toutes décisions à l’étudiante et n’intervenait que pour prévenir de graves erreurs.

En 1941, le Comité catholique accordait aux Instituts familiaux le privilège d’un diplôme supérieur donnant le droit d’enseigner les arts ménagers dans les écoles publiques du Québec. Les années 1950 ont constitué l'âge d’or de ces Instituts.

Jusqu’en 1960, on compte cinquante-huit écoles. Les religieuses collaboraient avec entrain et confiance, elles enseignaient autant les matières académiques que les notions de base de gestion, de pédagogie familiale offertes par les Instituts familiaux plus importantes que des techniques de cuisine, de couture, de décoration intérieure et de puériculture. Les religieuses des Instituts familiaux se perfectionnaient dans des écoles spécialisées, telles l'École supérieure des arts et métiers, l'Institut pédagogique des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame à Westmount et l’École supérieure de Pédagogie familiale des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie à Outremont.

Au départ, les premiers professeurs de cet Institut, fondé par l’abbé Albert Tessier à l’automne 1942, ont été des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, plusieurs religieux dont le père Alcantara et l’abbé Lussier et quelques autres professeures universitaires laïques.

En 1947, l’Université de Montréal accordait la catégorie d’École affiliée à l’École supérieure de Pédagogie familiale avec privilège de décerner un Baccalauréat en Pédagogie familiale.

Parmi toutes les diplômées de l'Institut, 115 religieuses ont obtenu leur baccalauréat alors que 112 ont obtenu un diplôme supérieur de pédagogie familiale. De plus, 129 laïques étaient bachelières et 194 ont obtenu leur diplôme supérieur. Ce type de formation suscitait de l’admiration devant l’étonnante fusion de pensée dont témoignait le comportement des religieuses de trente ou quarante communautés du Québec.

L’adoption du projet de Loi 60 marque la fin des Instituts familiaux. Vers 1965, tout le Québec a assisté à un très grand bouleversement du système scolaire qui a marqué la création du ministère de l'Éducation. Les Instituts familiaux ont donc été évalués, les résultats ont montré qu'ils ne pouvaient pas se donner les structures nouvelles et nécessaires pour former les étudiantes et les préparer plus adéquatement à accéder au système universitaire. Cette étape marquait la fin d'une époque charnière de notre histoire et de la transmission du savoir mis en lumière par le travail acharné et les réalisations exceptionnelles de ces pionnières de I’enseignement au féminin.

Aujourd’hui, on dit qu’on innove en éducation, en expérimentant des formations, de niveau secondaire, où les élèves se retrouvent dans des locaux reconstituant un lieu de vie où ils apprennent les principes de l’art ménager et culinaire afin de devenir autonome et améliorer leur santé.

(Collaboration spéciale, certaines informations sont extraites du texte : Cornellier, Jeannine, «Du coton à la soie, enseignez-moi ma soeur…», magazine Histoire Québec, volume 13, numéro 2, 2007, pages 39–43.)

* Légende de la photo principale: Trois étudiantes en cours de cuisine, date inconnue (Collection Sœurs du Bon-Pasteur de Québec)

NOTES

Les chroniques sont tirées de notre trilogie «Culture & Patrimoine»

Dans nos écrits, nous choisissons la nomenclature des régions touristiques pour l’identification des régions car c’est la plus usuelle pour le public en général.
Trilogie de la Collection «Culture & Patrimoine» aux Éditions GID
«Femmes engagées à nourrir le Québec», 2012
«Histoires de gourmands / Culture culinaire. 2014
«Histoires de gourmands / Des produits et des hommes» (Titre provisoire) parution printemps 2017

Nous sommes fiers de contribuer à préserver et à faire rayonner

notre patrimoine agricole, alimentaire et culinaire et ses artisans!

Rose-Hélène Coulombe
Experte-conseil en agroalimentaire et en tourisme gourmand et co-auteure de la trilogie

Michel Jutras
Expert-conseil en gestion culturelle et touristique et co-auteur de la trilogie

Page 1 sur 2