jeudi 23 novembre 2017

La Suisse- Son Chasselas et les autres

La réputation de la Suisse n’est plus à faire. La beauté de ses paysages pittoresques, sa rigueur administrative dans le domaine bancaire et de l’assurance, sa précision horlogère, ses produits laitiers et son chocolat sont ses atouts connus dans le monde entier.

Curieusement ce que les Suisses ont le moins diffusé, c’est leur viticulture et leur savoir-faire en la matière. En effet, jusqu’à très récemment leurs vins étaient consommés sur place en presque totalité.

L’arrivée de vins étrangers, moins chers et de bonne qualité, leur impose d’envisager une exportation leurs vins. Environ 50 cépages autochtones ont été identifiés, répartis sur un vignoble de 15 153 hectares. La Suisse, avec sa production annuelle de plus de 1,1 million d’hectolitres répartis approximativement et équitablement  entre rouge et blanc (le chasselas restant roi et maitre), sa réglementation stricte et ses normes d’hygiène exemplaires, commence pour notre plus grand plaisir à faire parler de ses vins et plus particulièrement de son chasselas cépage aux cinq surnoms, et peut-être plus. .

Ce célèbre Chasselas Suisse
L’arrivée du chasselas en Suisse a une origine tout à fait incertaine. Ce cépage était déjà paraît-il, connu dans l’Egypte ancienne, ce qui ferait de lui un des plus vieux cépages. Mais comment s’est-il retrouvé en Europe ? Et, plus particulièrement en Suisse ?

Il existe des documents affirmant qu’en 1523, des ceps en provenance de Constantinople sont arrivés en France, pour y être plantés. Ils auraient été introduits ensuite dans le Valais, par un officier Valaisan au service du régiment des Gardes Suisses en France, sous LOUIS XIV. Depuis, plusieurs noms lui ont été attribués selon la langue ou la région où il a fait souche. En effet, dans son pays d’adoption en Suisse alémanique, il se nomme Gütedel et prend le nom de Perlant à Genève, de Dorin dans le canton de Vaud, de Neuchâtel dans le canton du même nom et de Fendant dans le Valais.

A noter sa grande différence avec le raisin de table de Moissac. Toutefois, quel que soit son nom, il s’est merveilleusement adapté aux différents sols et conditions climatiques de ses différentes régions d’adoption et reste encore le cépage privilégié des vignerons puisqu’il représente à lui seul 37 % de l’encépagement et 50 % de la production totale.

La Suisse brièvement…

La Suisse ou confédération Helvétique (CH) est un pays aux dimensions modestes avec une superficie de 41288 Km2 soit 1/12 de la France, que l’on peut traverser en 600 km. Elle est constituée de 23 cantons plus 3 demi-cantons, le tout regroupé en 4 régions linguistiques distinctes qui lui confère une richesse d’expressions et de traditions diverses se reflétant au quotidien dans la manière de vivre, de manger et bien sûr de boire. Les quatre langues officielles sont couramment parlées :

  • L’Allemand  par 70 % de la population, constitue la Suisse Alémanique. Située au centre, frontalière au nord-est de l’Allemagne avec Berne comme capitale (fédérale) et Zürich, Bâle ou Lucerne.
  • Le Français par 20 % de la population, constitue la Suisse Romande. Située du nord au sud-ouest et frontalière de la France, elle est aussi appréciée pour sa situation sur la rive nord du lac LEMANet surnommée Riviera Suisse, avec Genève et Lausanne comme villes principales.
  • L’Italien  par  9,5 % de la population, dans le canton du Tessin. Le Tessin riverain du célèbre Lac Majeur est situé au sud-est avec Lugano et Locarno comme villes principales.
  • Le Romanche  par 0,5 % de la population Suisse dans le canton des Grisons frontalier de l’Autriche et du Liechtenstein est de ce fait, la région linguistique la plus discrète. La langue Romanche est issue de la rencontre d’italophones et de germanophones. En effet, les légions romaines, parlant le latin, traversaient les Alpes, faisaient des haltes prolongées dans la région et, devait donc pouvoir converser avec la population autochtone qui ne parlait que le germain.


La suite  sur ces sujets : Survol historique du vignoble et Géographie du vignoble et sa mosaïque de microclimats dans la prochaine chronique!


Patrick COULIBEUF
Expert en vins
Membre de la compagnie des Courtiers Jurés-Experts
Piqueurs de vins de Paris.
 33 (0) 6 16 58 02 03
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À propos de l' auteur

Après avoir terminé sa scolarité en Charente, plus précisément à JARNAC, au Royaume du Cognac (avec François MITTERAND comme voisin), il débute à Paris des études dentaires tout en assumant durant les vacances scolaires des activités de guide accompagnateur international qui lui ont donné la chance de parcourir le monde. Lire la suite...