mercredi 18 juillet 2018
Chroniques d'Olivier de Maisonneuve
Olivier de Maisonneuve

Olivier de Maisonneuve

Diplômé sommelier-conseil de l’Université du vin de Suze-La Rousse, en France, j’ai commencé mon apprentissage du monde vinicole en suivant les cours Les Connaisseurs de la SAQ. Aujourd’hui, j’en suis devenu un animateur! Chroniqueur vins et alcools dans diverses publications, dont le magazine Fugues, je parcoure la planète pour mettre images et visages sur ces produits qui me font vivre tant d’émotions.

samedi, 05 juillet 2014 12:13

Champagnes Krug, droit au cœur

C’est toujours du pur bonheur quand les astres s’alignent pour vous faire faire des rencontres parfaites.

C’est ce qui s’est produit lorsque les champagnes Krug m’ont reçu à la Maison Boulud pour un lunch-rencontre avec le chef de cave M. Eric Lebel, qui en était à sa première visite ici.

J’ai eu l’immense privilège de découvrir cette maison champenoise l’an dernier en compagnie d’Olivier Krug, à l’occasion du 170e anniversaire de sa fondation par Joseph Krug, un homme de vision qui souhaitait offrir un champagne de caractère,année après année, peu importe les aléas du millésime. Pour se faire, il constitua une grande bibliothèque de vins de réserve.

C’est avec cette vaste bibliothèque que M. Lebel travaille aujourd’hui, et qui lui permet de composer une symphonie de centaines de notes dans la Grande Cuvée. Est-ce 120,ou 170? Chaque millésime a son air propre, mais a en commun une qualité sans compromis.

Deux choses sont assez remarquables chez Krug.Premièrement, il n’y a pas de notion pyramidale de montée en prestige. Que ce soit un millésimé ou une Grande Cuvée, ou un cru, on y attache le même soin et la même minutie. On ne veut produire que de grands champagnes. La différence de prix se joue au niveau de la rareté,  de la quantité produite, pas en termes de qualité.

Et deuxièmement, grâce à la vision de sa présidente Margareth  Henriquez, une petite révolution s’est produite avec la création des Krug ID, un code sur chaque bouteille ou M Lebel raconte l’histoire de la création de cette cuvée,du millésime et du potentiel de garde.

Pour notre lunch, qui proposait du champagne de l’entrée au dessert, on nous a d’abord servi un verre de Grande Cuvée (SAQ 727453) Ensuite, un grand moment avec ce 1998, servi avec des cappelletti sur lesquels trônait une caille royale, C’est aussi le premier millésime sous la direction de M. Lebel. Fait exceptionnel pour la Maison, il y a dans cette cuvée, une bonne proportion de chardonnay. Ca donne un champagne au nez riche, harmonisant des notes de pamplemousse rose,de fleurs , de noix et de pain grillé. Si l’attaque est aussi riche en bouche, il s’y rajoute peu après une rafraîchissante acidité, qui lui donne une allonge remarquable.

Puis, avec du homard des Iles de la Madeleine, on nous a proposé l’accord avec du Brut Rosé (SAQ 226563) qui est un ravissement qu’il faut savourer quelques minutes seul, afin d’en apprécier les secrets susurrés sous sa personnalité affirmée. C’est ample, texturé et épicé à la fois. La maison nous assure qu’il tiendra tête aux viandes goûteuses, comme le canard laqué, et aux caris!

Finalement, on nous a resservi un verre de Grande Cuvée pour le dessert de petits fruits rouges. Un atterrissage tout en douceur qui nous a vu repus et le sourire aux lèvres. Un parcours sans faute.

On dit qu’on se souvient toujours de sa première fois, avec Krug, et c’est indiscutablement vrai dans mon cas, mais cette deuxième fois m’a ravi tout autant. Il ne me reste plus qu’à aller sur place pour ma troisième expérience. Avec un peu de chance, j’espère que ce sera bientôt…

krug olivier
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jeudi, 17 juillet 2014 17:32

Votre homme en Italie!

Sur l’invitation de Conf’agricoltura, le plus important et le plus ancien organisme de représentation et de protection des joueurs de moyenne et grande taille du milieu agro-alimentaire italien, j’ai rencontré le Dr Luigi Mastrobuono, qui voulait parler un peu de la vision qu’ils avaient à la veille de l’Expo Anch’io15, qui se déroulera de  mai à novembre 2015.

olivier italie
De gauche à droite: Olivier de Maisonneuve et le Dr Luigi Mastrobuono
 

Il s’agit d’une rencontre internationale qui a lieu à tous les quatre ans à différents endroits de la planète. Lui et son organisme espèrent se servir de ce forum ou les plus importants acteurs mondiaux du milieu se retrouvent, pour passer d’un modèle de foire ou tout le monde met en vitrine son savoir-faire, à une table de concertation pour voir comment avec ces savoir-faires, on peut trouver des solutions pour lutter contre le problème de la faim dans le monde.

Ils aimeraient aussi en profiter pour proposer l’expertise de l’Italie dans ce domaine en servant de leader dans cette table de concertation. Bien sûr, ils proposent un espace ou pourrait se créer des initiatives individuelles entre certains pays, mais aussi ils aimeraient que se mettent sur pied des projets collectifs globaux ou on pourrait concevoir une quantité ,voire une abondance mais en insistant sur l’aspect qualitatif. Mais tout ça doit commencer par une communication concertée ou technique et commerce équitable iraient de paire.

Et le rapport avec le vin? Comme le vin représente 1/6e des exportations de l’Italie, on veut s’en servir aussi comme modèle, et essayer de mettre les entreprises viticoles et les marchés internationaux en contact et surtout en communication pour que chacun puisse bâtir davantage de compréhension et de développement communs. Ma rencontre, en compagnie d’une délégation d’agences d’importation des quatre coins du Canada,et de producteurs Italiens de diverses tailles, était un exemple pour montrer concrètement comment réaliser ces objectifs d’échanges d’expertise mais aussi de permettre simplement de se connaître..
Grâce à cette expo de 2015, il y aura  la possibilité de bâtir sur ces rencontres en favorisant les visites avec les acteurs du milieu, dans leur régions respectives, au travers des ambassades, ou directement auprès de Conf’agricoltura. Evidemment , ils sont bien conscients que la patience est de mise, mais ils espèrent voir s’amorcer de véritables premiers pas vers un futur mondial commun et durable. 


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Surement un des plus beaux vignobles du Québec, ce domaine des Basses-Laurentides est dirigé par le dynamique Daniel Lalande, descendant d'Adélard Lalande, qui a fondé la première cabane à sucre commerciale du pays!

Ce qui devait n'être qu'un hobby en 1998, s’est vite transformé en passion dévorante de temps et d'énergie, dont on peut en savourer les fruits tant au domaine qu'à la SAQ ou dans divers marchés publics.

Le vignoble est fort bien situé au cœur d'une région qui offre 170 jours sans gel, de même qu'une moyenne d'unités thermiques de 1200 heures ou la température est supérieure à 10°, ce qui est comparable à Marlborough, en Nouvelle-Zélande.

olivier terrasse

 

olivier frontenac


 Aujourd'hui, il s'y produit plus de 11000 caisses de divers produits, allant d'un mousseux, élaboré selon la méthode classique, au vin de glace, et de vin fortifié, au vin rosé! On y retrouve aussi deux gammes de vins tranquilles en rouge et en blanc. D'abord, il y a les Williams, offerts autour de $15.00, qui se dégustent facilement au quotidien. J'ai goûté cette semaine le blanc 2013, un assemblage de quatre cépages, qui m'a vraiment charmé. C'est joliment aromatique, tant au nez qu'en bouche, qui a une bonne fraîcheur en finale, mais aussi un corps qui surprend.

Comme me le mentionnait Laetitia Huet, la maître de chai,  c'est un vin qui propose plusieurs visages, donc qu'il faut vraiment réessayer à plusieurs occasions pour le découvrir à plein. Cette semaine, le vandal-cliche tassait un peu ses voisins, au nez, mais les autres étaient bien là au second plan. Il se boit agréablement seul, et il vous surprendra en accompagnant une viande blanche en sauce ou un poisson assez gras. J'ai beaucoup apprécié.

On propose aussi la gamme supérieure qui s'appelle Phénix, comme le mythique oiseau qui renaît de ses cendres, qui est offert à 21,50$. Ce n'est pas gratuit comme allusion, puisque le domaine a été détruit par un violent incendie en 2007, pour se rebâtir et se repositionner parmi les leaders de l'industrie viticole québécoise. Le blanc et le rouge profitent d'un séjour en barriques de chêne françaises neuves, achetées auprès des meilleures maisons de tonnellerie, ce qui fait pétiller les yeux de Madame Huet, quand elle en parle. Mais elle insiste qu'elle ne veut surtout pas que le bois prenne le dessus sur l'expression des cépages et du millésime. Elle s'en sert comme écrin pour les éléments typiques du vignoble.

J'ai eu le plaisir de goûter au Phénix rouge 2012 (millésime de rêve au Québec) et je peux vous garantir qu'à l'aveugle, vos invités ne devineront pas son origine. Ça vient défaire les préjugés qu'on peut avoir sur les rouges du Québec. Le nez de fruits des champs et de bois fin, rappelle un peu certains portos; la bouche est ample et ronde, et d'une bonne longueur. C'est très velouté comme sensation. S'il est bon dès à présent, essayez d'en faire vieillir une bouteille pendant 7 ans. On nous promet une belle surprise.

Tant en rosé qu'en blanc, les bulles du domaine sont aromatiques et savoureuses, non sans finesse. Dans le Monde, la liqueur d'expédition est agrémentée de vin de glace, sans que ça ne vienne l'alourdir. C'est bien frais, en finale, et doté d'une certaine structure qui l'a rendu très intéressant avec un accord sur un macaroni au fromage gouda fumé!

J'ai aussi un faible pour la vendange tardive Cuvée glacée des Laurentides, à base de Vidal, pour son équilibre sucre-acidité. Ses parfums de fleurs, d'agrumes et de pêche sont bien séduisants. Le vin de glace Monde est aussi délicieux et gourmand.

Plusieurs activités sont proposées au domaine. Que ce soit pour participer aux vendanges, pour une réception spéciale, ou pour visiter le chai, beaucoup de surprises et de plaisir vous attendent. Je vous souhaite aussi de découvrir les accords mets-vins proposée par le chef et la sommelière du vignoble. C'est aussi savoureux que bien présenté, comme vous le montre, j’espère, mes photos.

olivier repas

 

olivier verres


 Une nouveauté aussi originale que spéciale cette année : en association avec l'agence In Vino Veritas, on peut posséder pendant un an, un rang de vigne, et profiter de 3 rencontres-formations sur la vigne et l'élaboration du vin au domaine. On reçoit aussi une caisse de 12 bouteilles de son vin, avec une étiquette personnalisée! Un superbe cadeau à offrir.

Vignoble Rivière du Chêne
807, Rivière-Nord, Saint-Eustache,
Québec, J7R 0J5


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samedi, 11 octobre 2014 22:30

Champagnes Duval-Leroy

Dans le cadre cossu du magasin Birk's, la maison Duval-Leroy nous a invités à savourer sa gamme de champagnes offerts à la SAQ.

Empreints de grâce et plutôt aériens, des notes délicatement briochées et de subtil rancio traversent cette collection de flacons de luxe. La fraîcheur en bouche est une constance et permet des finales qui interdisent aux flûtes de rester pleines bien longtemps.

La Cuvée Design Paris est de facture classique, mais présentée dans une bouteille à l'étiquette or et bleu nuit, œuvre du peintre américain LeRoy Neiman.
Saq : 10516414  $69.25

duvalbrut


Le brut 1er Cru, est issu de chardonnays 1ers crus et grands crus, et
 de 30% de pinot noir. Ça peut sembler contradictoire, mais c'est intensément subtil! Plein de notes fugaces interpellent votre nez.
SAQ : 12141089  $71.00

duvalrose

Le brut Rosé, est assez fougueux. Le notes de cerises, typiques du pinot noir, et une certaine amertume doucement épicée, en font sans contredit, un rosé de fine gastronomie.
SAQ : 11316334  $87.75

Peut-être moins connu du public Québécois, le demi-sec est une belle gourmandise. Avec un nez et une bouche plus riches, plus veloutée aussi, c'est un vrai péché mignon. Suggéré au dessert, il comblera les dents sucrées, sans jamais être lourd.
SAQ 12346797  $67.00

Le clou de la collection est dans une classe à part. Femme de Champagne, est un peu à l'image d'un certain raffinement Français, discret mais bien évident. C'est un champagne évanescent à l'attaque, mais qui s'impose et s'alanguit sensuellement en bouche, pendant de longues secondes. Un beau moment d'hédonisme vous est offert.
SAQ 10782528  $188.50

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Il faut bien admettre que cette marque est bien connue depuis longtemps au Québec, et pourrait, de ce fait, ramasser un peu la poussière.

Ça faisait 2 ans que je n'avais pas fait visiter mon palais à ces vins, donc l'invitation de Sylvain Brizard, de l'agence Diamond Estates, est arrivée à point pour corriger cette situation. Ce que j'ai bien aimé de cette rencontre, c'est de voir que l'entreprise ne s'assoit pas sur ses lauriers, et qu'elle ait consciente de son impact sur l'environnement. A travers projets-pilotes, et écoute de ses marchés, elle essaie de se maintenir dans le peloton de tête. Ce ne doit pas toujours être évident quand on doit gérer, 600 hectares sur 10 châteaux, mais ça donne beaucoup de pigments pour créer de jolies toiles.

chateaubonnet

En blanc, je dois encore saluer le plaisir que procure le Château Bonnet 2013, de l'appellation Entre-Deux-Mers. Malgré sa longue histoire avec les tablettes de la SAQ, et son importante production, c'est un blanc assez aromatique, aussi floral que fruité. Sec et frais, mais assez rond, j'aime sa petite amertume finale sur le zest d'agrumes. Surprenant d'apprendre que la vendange est manuelle. A $17.70, ca demeure un très beau choix.

Le Château de Rochemorin blanc 2010, en Pessac-Léognan, est plutôt sur la finesse et la légèreté, à prime abord. Il ressemble davantage à une aquarelle. Puis, à l'aération, il s'affirme davantage et acoquine à ses notes fruitées, de légers parfums de rôties matinales. Peut-être lui ferais-je faire une sieste de 2 ou 3 ans dans le cellier pour intensifier sa personnalité. On le retrouvera autour de $28.00, au printemps prochain.

Bien assis sur son trône, règne sereinement ce grand vin de Graves, qu'est le Château La Louvière. Cette version 2010 offre un bien joli nez minéral et floral, et propose une bouche veloutée et souple. Avec de franches notes de citron et de plantes aromatiques toute pimpantes, ainsi que des pointes boisées mais bien intégrées, il offre de passer de forts bons moments en sa compagnie. Vendu autour de $55.00, pour le moment, il attend qu'on le réclame dans les succursales.

On passe aux rouges? J'ai eu la chance de goûter deux fois en deux jours au Chateau de Cruzeau 2011,donc ca m'a permis de me faire une bonne idée. Cet assemblage de 55% cabernet sauvignon et 45% merlot n'est surtout pas unidimensionnel. Il provient d'un domaine situé sur la même nappe de graves qu'Haut-Brion. Un peu fermé au nez, le premier jour, il suggérait des notes de kirsch, de cacao et de roches après une ondée. Le lendemain, c'était des notes de fruits dans le chocolat et d'épices. Dans les deux cas, la bouche est certes tannique, mais si vous le carafez un peu, wow, la texture se pare de satin. Il a été un coup de coeur de mes étudiants.Beau vin pour $25.20

Vous aimez votre rouge très viril? Divinus de Chateau Bonnet, est issu de sélections parcellaires, et il passe environ 18 mois en barriques neuves. Ca lui donne un nez assez intense et masculin de bois et de boîte à cigares, avec des notes empyreumatiques. La bouche est ample,avec ses flaveurs de réglisse noire, et de confiture de cassis.Pas mal tannique à l'attaque, je l'oublierais volontiers quelques années en cave. Il a le coffre pour durer une belle décennie. $33.50

Envie d'un rouge original et surprenant? Le Château Couhins-Lurton est un rare Pessac-Leognan rouge, (de la rive gauche,donc) à forte majorité de merlot. Il offre un nez de fruits compotés et d'un peu de cuir, et une bouche friande et ferme à la fois. Il est long et frais, avec une amertume finale très intéressante. Il offre un beau potentiel de garde d'une quinzaine d'années. $60.25


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mercredi, 04 février 2015 22:55

Le Grand Cirque gastronomique de l’Érable

La Fête de l’Érable 2015 avait lieu dans la salle de spectacle du Cirque Eloize,et c’est tout un évènement qu’on nous a offert.

Je suis ravi de voir que ce produit, qui traînait peut-être encore une aura de folklore dans ma tête, a bel et bien fait son entrée de pied ferme dans le 21e siècle. A grand coup de promotion, d’association et de recherche scientifique, il se forge une identité contemporaine et moderne qui lui va très bien.
Plusieurs Créatifs de l’Érable ( des passionnés qui travaillent à le mettre en valeur au niveau gastronomique) nous ont présentés des petits bijoux qui mettaient en évidence leur virtuosité. Nous avons débuté avec un cocktail créé par Pierrick Jallais, du Sofitel, qui alliait gin Ungava,  boisson Sortilège, purée de pomme verte et jus de canneberge blanche.

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Puis nous avons traversé dans la salle à manger, où numéros de cirque et plats spéciaux nous attendaient. En amuse-bouche, Hugues Massey, de l’Auberge du Chemin Faisant, nous a préparé un parfait de mousse de foie de canard à la gelée d’érable. Un ravissement de douceur et de goût précis. Ensuite, dans une jolie présentation, on nous a servi un pétoncle au crémeux de topinambour à l’érable et au vinaigre d’érable du Pic Bois, une création de Thomas Gineis,du Valois. L’érable était un peu discret, mais le plat est bien harmonieux.

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Deux chef-d’œuvre ont suivi. Olivier Perret, du Renoir (Sofitel), nous a offert une bouchée de porc de St-Canut au Sortilège accompagnée d’un morceau d’homard poché à l’eau d’érable. D’une cuisson parfaite, c’était du prodige de réussir ça à grande échelle et de garder sa délicatesse. A côté, on nous a servi 3 déclinaisons de lapin de la ferme Besnier, à l’érable et aux endives, de Louis Paquelin,du resyaurant Panache (Auberge Saint-Antoine). Moi qui ne suis pas très gagné au lapin, j’ai vécu un superbe moment de dégustation avec ce plat. Un pur délice!

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Puis le clou du spectacle a été sans contredit, la présentation du plat gagnant du concours des Créatifs de l’Érable 2014 : Le poulet du Mendigot, parfumé au Charles-Aimé Robert (un vin fortifié) et aux feuilles de lotus, farci au foie gras et aux chanterelles, le tout cuit dans l’argile. Une création du Chef Jean-Claude Chartrand,de L’Orée du Bois. C’est carrément une ode à l’exotisme et une invitation au voyage qui nous sont proposées. Inspirée d’un plat traditionnel chinois (le poulet du mendiant), il a revisité la recette en le marinant dans cet alcool local et avec des Cinq-Épices chinoises. Les feuilles de lotus protègent l’humidité du poulet pendant sa longue cuisson (5 heures) et donnent un parfum merveilleux à la chair. Le plat a du nerf, grâce à l’ajout généreux de gingembre.

J’avais vraiment l’impression de faire du trekking à dos d’éléphant, dans une jungle touffue, où oiseaux exotiques et singes moqueurs se répondent à tue-tête. C’est choquant et déroutant comme résultat. Les flaveurs et les parfums capiteux, et entêtants m’ont mis k-o après 3 bouchées. Une expérience intense.

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Puis dans un lever de rideau théâtral, la table des desserts nous est apparue. Tous plus gourmands et ravissants les uns que les autres, je n’ai malheureusement pas pu faire honneur à tous, oh Déception! Je me dois de saluer la délicieuse demie sphère au chocolat, remplie de sorbet à l’érable et arrosée de Sortilège, de Robert Lachapelle (Havre aux Glaces) et le délicieux gâteau cru de Suzanne Gelais (Oui! Desserts).

Pour vous aussi en apprendre plus sur les produits de l’érable dans la gastronomie, allez visiter le site wwwjaimelerable.ca, et essayer de trouver les tables du Québec, où vos papilles seront câlinées par la vision créatrice de nos artisans. On n’est plus du tout limités aux crêpes du brunch ni aux fèves au lard de la cabane à sucre, les amis.

Bon appétit!


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lundi, 23 mars 2015 22:24

Chapeau, Québec!

Je tiens à remercier Vincent Lafortune pour l’invitation au Salon International des Vins et Spiritueux de Québec. Une très belle édition 2015. L’offre d’une navette pour les gens de l’industrie venant de Montréal et de Trois-Rivières a été une fameuse initiative,très appréciée.

Evidemment, le temps passant toujours trop vite,j’aurais volontiers profité d’une ou deux heures de plus,mais vraiment, je suis bien content d’avoir pu participé à ce salon. Je n’ai pas vu ce qui en était lors des grands achalandages,mais pour la journée des professionnels, je me dois de souligner à quel point la disposition des kiosques et l’espace public favorisaient une circulation fluide,et une prise de contact aisée avec les agents et les vignerons présents.Il y avait une bonne variété de produits, et les différentes régions productrices mises en vedette étaient intéressantes.

Coup de coeur particulier pour l’Autriche.
Ce n’était peut-être pas le plus gros échantillonnage,mais c’était super bien présenté et très convivial avec les explications de Kler-Yann Bouteiller.

Difficile de faire un choix,mais si je me faisais tordre très fort le bras, je pourrais nommer quelques produits qui m’ont particulièrement séduit:

  • Les vins en biodynamie de Friedrich Schatz, de Ronda (Malaga) en Espagne,
  • Les surprenants Macon, d’Emmanuel Guillot-Broux,
  • Un petit blanc sympa et pas cher qui s’en vient en avril:le Vive la Vie,de J.P Chenet
  • Le St-Pépin,du domaine Côteau Rougemont,
  • Le Conte des Garrigues,du domaine La Prade Mari, un Minervois qui arrive aussi en avril sur
  • les tablettes.
  • D’Afrique du Sud,j’ai redécouvert le domaine de Trafford,et surtout la gamme Sijnn,avec un
  • touriga nacional!
  • Le délicieux riesling de Kamptal,du Domaene Gobelsburg (Autriche)
  • Le champagne Bollinger rosé
  • et l’amusant apéro de la maison Campari, à base de gentiane:l’Aperol.


Bref, ce fut une étourdissante valse de rencontres et de plaisirs liquides qui donne déja hâte à l’édition 2017.

Beau travail!

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Il y a des moments parfois,dans la vie, où les astres s'enlignent et vous offrent un camaïeu de plaisirs. Ce fut le cas mardi, lorsque l'agence Elixirs nous convia à rencontrer Armin Grassa, à l'Europea, afin de déguster certains de ses produits, reflets des terroirs de la Gascogne.

olivier detariquet


Le tout commença à la bonne franquette,en faisant connaissance,avec à la main, un verre de Floc de Gascogne,servi très frais mais sans glaçon. C'est un délicieux apéro,aromatique au nez mais plutôt aérien en bouche. J'aime bien son mélange de notes de pêche et d'acacia. C'était parfait pour apprendre la surprenante et colorée histoire de la famille Grassa.

Nous avons pris place à table, où nous avons pu apprécier un ballet de saveurs et de textures qui m'a fait penser à Casse-Noisettes, avec ses tableaux de danses du monde. Tout d'abord le Classic 2014, un vin pour se faire plaisir en toute simplicité. Que ce soit en lisant son roman dans le jardin, pour un 5@7 entre amis, pour accompagner des huîtres fraîches ou des sushis, il offre un délicieux assemblages de quatre cépages qui ne vous ruinera pas. Offert à 12.95

Un autre plaisir bien dosé vous attend dans un verre de sauvignon blanc 2014. Il offre des notes franches mais pas entêtantes de fruits du verger et de fines notes florales. Sa bouche d'agrumes surprend avec un certain gras.Frais mais pas vif, le vin a un bel équilibre. Sa légère note de sel de céleri  en finale, le rend savoureux et facile à marier. Un bon prix, à 14.95

Petit saut dans l'exotisme avec Dernières Grives 2012, un vin à base de petit manseng,dans la lignée des vendanges tardives, offrant rondeur et fraîcheur, avec de délicieuses notes de coing et de fumée légère. Une belle bouche fruitée et persistante vient nous ravir. Offert en IP à 34.50

Puis,redécouverte d'un vin qui me plait beaucoup : le Côté , offert dans le millésime 2013. Issu d'une bévue lors d'une récolte hâtive, il a donné un assemblage savoureux et original de sauvignon blanc et de chardonnay. Le nez est fort charmeur d'abord de sauvignon blanc,puis il révèle des notes de pêches fraîches. La bouche est souple et croquante à la fois. Un super accord vous attend avec des coquilles St-Jacques, ou une salade de gésiers. On a pas mal de plaisir pour 18.95

On se resucre le bec cette fois avec Les Premières Grives 2014, un vin moelleux à base de gros manseng. Exotique et gourmand sont deux qualificatifs bien choisis pour le décrire. Le nez de pelure de pomme et de petites fleurs est charmeur.La bouche est assez grasse, avec une jolie amertume en rétro, puis on se retrouve avec une appétissante finale sur les pommes. Belle découverte à 19.95

Pour revenir sur terre, mais en gardant les yeux pétillants, un verre de Bas-Armagnac VSOP nous est proposé. Le nez d'orange sanguine, de raisin de Corinthe et de fleurs, m'a fait sourire. La bouche sur la fraîcheur et avec des notes fruitées assez intenses m'a bien plu. Attention, c'est quand même assez fort en alcool,et ca ne se cale vraiment pas. Ca teintera joliment vos joues de rose et vous rendra irrésistible en fin de soirée. Pas mal pour 51.50,non?

Pour résumer cette soirée festive, un des convives mentionna avec justesse, que malgré des prix modérés, ces vins s'harmonisaient fort bien avec le raffinement des plats réalisés dans la prestigieuse cuisine de l'Européa. Ils ne faisaient vraiment pas figure de parents pauvres. Bravo,et chapeau pour le savoir-faire de l'équipe du Château du Tariquet. Allez les visiter au www.tariquet.com.

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vendredi, 01 mai 2015 08:57

Vitrine sur Concha y Toro

Merci à la nouvelle agence Escalade, et à l'ambassadeur de la Maison Concha y Toro, le sommelier Martin Duran,  de m'avoir rafraîchi la mémoire sur les différentes gammes de vins conçus pour une grande variété d'amateurs.

Cette maison fondée en 1883 sait encore se renouveler et sait comment positionner le Chili sur l'échiquier mondial, grâce à une abondance de climats et de terroirs.

Issu de vignobles dans trois vallées (Casablanca,Rapel et San Antonio), le sauvignon blanc Trio Reserva 2014 propose un nez typé mais pas exagéré d'asperge, de lierre et de laurier. Très fruité en bouche, il  possède une acidité franche et bien intégrée. J'ai bien aimé sa texture et sa légère amertume finale. Joli vin pour 14.95

Marques de Casa Concha est une gamme de vin qui se veut un hommage aux vins espagnols, avec leur richesse et leur fruité. Le chardonnay 2013 est pourtant bien chilien et révèle particulièrement son terroir de la vallée de Limari, caressée chaque matin par le camanchaca, un brouillard rafraîchissant qui se dissipe tranquillement avant de faire place à un soleil éclatant. On a ici un vin au fort joli nez de romarin et de camomille, puis de pêche et de fruits tropicaux. Malgré qu'il soit élevé 11 mois en barrique neuve, le bois ne vient jamais prendre le dessus sur le fruit. Il offre une fine fraîcheur en finale, une pointe de minéralité (expression d'un sol riche en minéraux) et une très douce note de caramel blond. Pas de caricature Nouveau Monde ici, du beau jus pour 20.25$

On nous a ensuite proposé en primeur, une expérience d'assemblage de pais et de cinsault! Appelé aussi mission, le pais est un cépage qui était utilisé tant pour le vin de messe que pour les citoyens moins fortunés. Mais avec certaines très vieilles vignes, on s'est aperçu que les résultats pouvaient être surprenants. Avec sa robe claire et son nez de fruits rouges croquants, il ressemble à un beaujolais nouveau, ou à un poulsard du Jura! En bouche, il surprend par sa vivacité et son côté un brin rustique. Assez court et un peu astringent, il vaut mieux lui laisser une petite demi-heure d'aération et tout à coup il s'épanouit. Va à merveille avec terrines et pâtés de gibier. Non disponible au Canada.

Pour faire changement des apothic red de ce monde, la gamme Casillero del Diablo propose le Devil's Collection red 2013, un assemblage bien aromatique de syrah, de carmenère (assez marqué) et d'une touche de cabernet sauvignon, élevé en barrique de chêne français et américain. Ca lui donne une texture soyeuse et une bonne structure. Plutôt confiture de fruits, pas super complexe mais aux saveurs franches et doté d'une certaine longueur, c’est un vin boisé mais facile et plaisant à boire. Bon prix à 15.95$

olivier donmelchor

Le clou de notre rencontre au restaurant La Chronique,a été le superbe accord entre de petits médaillons de bœuf Angus avec leur jus de viande à l'huile d'olive, servis bleus, accompagnés de mini croquettes d'aubergine croustillantes, et un verre de Don Melchor 2010, un millésime superbe malgré le terrible tremblement de terre. Issu de vignes aux portes de Santiago, (que j'espère avoir le plaisir de visiter un beau jour) et voisines du vignoble des Chadwick, le Don Melchor est considéré comme un exemple de ce qui se fait de mieux parmi les cabernets sauvignons du Nouveau Monde. Bien jeune encore, il se boit déjà avec plaisir mais il convient de l'attendre une dizaine d'années. Il peut facilement se garder 30 ans. Structuré et charnu, fruité (figues) et complémenté de notes de terreau,  c'est vraiment un grand vin délicieux. Il devrait arriver sur nos tablettes en juillet. A 80.25, c'est assurément pour célébrer de grandes occasions, ou pour la fine gastronomie.

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Version 1.5.26Samy Rabbat No Translation Prévisualiser01Déconnexion Site Menus Contenu Composants Extensions Outils Aide Prévisualiser Sauver Appliquer Annuler Aide Article: [ Éditer ] Titre DOSSIER - Pour boire du rhum, pour boire du rhum, je n’en ai pas encore bu! (chanson du Père Gédéon) Publié Non Oui Alias dossier-pour-boire-du-rhum-pour-boire-du-rhum-je-nen-ai-pas-encore-bu-chanson-du-pere-gedeon Page d'accueil Non Oui Section Catégorie [Toggle Editor]

Derrière cette boisson au nom évocateur de voyages dans les Iles, de fêtes arrosées et de drague coquine, se cache un univers socio-économique fort peu connu de ses nombreux amateurs, mais très intéressant.

 

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La carte des membres de WIRSPA

 

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Dr.Frank Ward, Directeur WIRSPA


Chacun de ses 15 pays membres vous propose une version authentique d’un produit qui, en parallèle de son offre touristique, vous fera découvrir une partie de son patrimoine et de sa culture.

Si l’élaboration du rhum est relativement nouvelle (17e siècle à la Barbade), l’arrivée de sa matière première dans les Caraïbes remonte au 15e siècle. Lors de son second voyage, ce serait suite aux conseils de sa belle-mère, que Christophe Colomb aurait apporté d’Espagne, la canne à sucre. Elle y trouva une généreuse terre d’adoption. Elle met de 10 à 16 mois pour être prête à être récoltée, et comme le climat est plutôt semblable à l’année, on peut s’assurer d’avoir un approvisionnement quasi continu.

olivier voyage de cannes
Voyage de cannes à sucre

 

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Extraction du jus de canne à sucre


Pour élaborer un rhum, il vous faut d’abord soit du jus de canne à sucre, (comme pour le rhum Barcelo, de République Dominicaine) ce qui donne le rhum agricole, ou une mélasse pour élaborer le rhum dit traditionnel ou industriel, que vous faites fermenter de 18 à 42 heures, selon une recette propre au producteur.Ca vous donnera un liquide avec 7-8 degrés d’alcool.

Puis on le distille jusqu’à obtenir 90 degrés. On a un alcool blanc très pur, qu’on va diluer avec une eau déminéralisé ou une eau de source, si le domaine a accès à une telle source, pour avoir environ 60-65 degrés. C’est ce produit qu’on va envoyer dans des fûts, des barriques ou des foudres de bois, au minimum un an. C’est après ce délai qu’il aura le droit de s’appeler rhum. Si la grande majorité de ces barriques viennent des producteurs de bourbon du Kentucky, on retrouve aussi des contenants ayant servi à l’élevage de Jerez, de type PX ou oloroso (chez Brugal),  du vin de Bordeaux, et parfois même des barriques neuves françaises (Séguin-Moreau), comme par exemple chez Barbencourt, à Haïti. Ensuite, on laisse vieillir selon le type de rhum qu’on veut élaborer. Puis on procède aux assemblages.

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olivier emballage brugal
Ligne d'emballage

 

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Tout voyage de presse doit avoir des tonneaux


Ce qui est fascinant, c’est qu’il fait si chaud dans les entrepôts, qu’une grande part des anges disparaît chaque année, et que le processus de vieillissement est accéléré. En comparant avec un producteur Ecossais (Macallan, jouissant d’un climat continental), un an dans les Caraïbes équivaut à un vieillissement de 4 à 6 ans en Ecosse. Au bout de 8 ans, on aura perdu de 70-100% du liquide dans le contenant.

Une des choses qui m’a le plus frappé pendant ce voyage d’apprentissage, c’est la conscience environnementale dont font preuve les producteurs rencontrés. Comme dans le domaine viticole, on se retrouve avec beaucoup de déchets végétaux solides, et d’eau usée qui pourraient facilement se retrouver non traités dans la nature. Nous ne sommes pas dans des pays riches aux moyens sophistiqués. Mais, j’y ai vu des trésors ingéniosité afin de transformer ces résidus en engrais, et de récupérer le CO2 produit (revendu à Coca-Cola, ou à des entreprises de parfums ou de glace sèche!). Même l’eau sale est bouillie et la vapeur fournit de l’électricité pour faire fonctionner la machinerie.
Alors quand on dit que l’énergie verte coûte cher, on a peut-être quelques leçons à apprendre de ces pays moins fortunés...Vraiment, chapeau pour l’effort et la volonté.

Il ne faudrait pas non plus, minimiser l’impact social que le rhum peut avoir dans les communautés. Certains producteurs emploient directement ou indirectement plusieurs milliers de gens, qui s’assurent ainsi de faire vivre leur famille. Pas  toujours richement, certes, mais avec une certaine stabilité. Plusieurs voient aussi à la relève à travers des bourses d’études ou en formant des enseignants. Si vous choisissez un rhum avec le logo de l’ACR (Authentic Caribeean Rum), c’est une façon facile et concrète de contribuer à cet effort collectif.

J’aimerais maintenant vous faire faire un tour des différents producteurs rencontrés lors de ce voyage enchanteur.

Commençons par St-Vincent Distillers, de l’ile du même nom. On nous propose une gamme premium avec d’abord le Sparrows 5 years old, aux notes de fruits tropicaux, qui est souvent servi avec soda, lime et campari.Puis, le Mutineer’s Gold, qui est un Reserve, de 8 ans,  plus riche, rond et chaud, avec des notes de caramel et de vanille.

De Grenada, Westerhall Rums, offre un Plantation Rum (5ans) aux notes de muscade et de canelle, qu’on boit volontiers avec du Ginger ale, ce qui lui donne une finale de chocolat blanc. Le 7 years old, lui est plus sombre et plus suave, sur des notes de guimauve et de moka.Long en bouche, on le sert un peu rafraîchi. Le 10 XO et le haut de gamme, très raffiné et long, sans sensation de chaleur finale. Peu produit.

On retrouve aussi Clarke’s Court, avec leur Old GROG (Georgius Rex Old Grenada) un rhum léger aux notes de fruits confits et de miel, qu’on boit volontiers avec du soda (Jamais de cola!) Ils ont aussi un Spicy rum et un overproof avec ses 69% d’alcool! Ça te désinfecte le palais en un instant, mais avec des notes fort agréables de cannelle et de laurier.

De Trinidad, Angostura offre des rhums plusieurs fois médaillés lors de concours internationaux.
Le 1919 offre un nez de banane et de miel, ainsi qu’une bouche fraîche et fruitée aux accents de pamplemousse. Surprenant et très facile à boire. le 1824, est un 12 ans aux notes de fumée et de chocolat, qu’on imagine boire avec un cigare.

Une originalité: Du seul pays qui n’est pas une île, Borgoe(fondé en 1882) propose des rhums du Suriname, situé près du Brésil et de la Guyanne Française, qui a de forts liens de parenté avec les Pays-Bas. Leur 8 years old, a des parfums de cerise et de chocolat au lait, et propose une bouche peu brûlante, peu sucrée et longue. On ne s’en lasse pas après quelques gorgées. Étonnant. Leur 15 ans single barrel, à un nez riche de confiture d’abricot, de tabac et de muscade. Très velouté, et très long en bouche.

De St-Lucia, Chairman’s Reserve, a une longue histoire à l’export. Le 5 ans a un nez intéressant de meringue et de raisin. Le Forgotten Casks (10ans) est fort, long et complexe avec des notes de bois blond. L’Admiral Rodney est inspiré du cognac, distillé semblablement et vieilli au moins 15 ans, il provient des meilleures barriques et a un nez de pêche, de cerise et de moka. C’est un rhum pour méditer.

D’Antigua, English Harbour m’a surpris. Plusieurs fois médaillé or et double or, ils utilisent un alambic en cuivre pour une distillation en continu. Pas le plus complexe, mais agréablement sans aucune sensation de brûlure, le 10 years old a un nez élégant de groseille, de verveine et une bouche souple de trèfle et de miel. Chaque année, il n’y a que 360 bouteille de 1981 de produit. C’est superbe avec des notes de plum pudding et de cacao noir. Ca fait très veille de Noël,devant la cheminée. Absolument aucune sensation de chaleur! Wow.

De Jamaïque,  Hampden Estate m’a le plus dérouté. Situé à 45 minutes  de Montego Bay, le domaine a été répertorié une première fois en 1750, le manoir a été construit en 1799. Il a été racheté du gouvernement jamaïcain en 2009 par la famille Hussey. Fermentés avec des levures indigènes et dilués avec de l’eau pure du domaine, certains de leur rhums ont plus de 1600 esters (utilisés pour la parfumerie). Rum Fire est absolument unique, avec ses notes de sauce Hoisin et de miso, ainsi qu’un soupçon de menthe. Le Gold a un nez semblable avec en plus des notes de raifort! Ils produisent aussi un Rum Fire Overproof, à 63%, dont une goutte suffit à aromatiser un cocktail. Pas pour les âmes délicates, mais incroyablement original.

J’ai aussi pu visiter les installations de certains producteurs qui m’ont permis de mieux connaître tout le travail qui va dans l’élaboration de ce riche produit.

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Ron Barcelo

En République Dominicaine, Barcelo, en association avec AFD, m’a semblé celui qui est le plus consciencieux de son impact tant social qu’environnemental. Ils offrent une bonne gamme de produit dont un Gran Anejo, avec une bouche d’umami, un Platinum, qui se veut une option pour les amateurs de vodka, et un Imperial 30th Anniversary, vieilli en partie dans des barriques d’Yquem et produit en quantité limitée, bien sûr.

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Playa Dorada, visite Brugal

 
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Pavol Kazimir, Ambassadeur Brugal

Chez Brugal aussi, on offre une grande gamme de rhums, et surtout on innove, toujours à l’affût des demandes du marché mondial. Net,sec et boisé sont les adjectifs qui vont bien au style Brugal.Le XV, élevé en partie dans des fûts de Xeres P.X., vise une clientèle jeune qui aime des arômes fruités et pas d’arrière-goût. Le Extra Viejo, est plus traditionnel avec ses notes plus boisées que fruitées. Le 1888 est élevé longtemps d’abord en barriques de bourbon, puis un autre 2 ans en barriques de Xeres Oloroso.Le nez est aussi charmant que complexe, et la bouche suave et fine, le rend facile à boire et surtout à déguster lentement.

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De gauche à droite: Thierry Gardère, Président de Barbancourt, Olivier de Maisonneuve, Neil Morris , Ambassadeur mondial de la WIRSPA


A Haïti, j’ai visité ce monument qu’est Barbencourt,fondée en 1862.M. Thierry Gardère qui est la 4e génération à diriger cette maison, nous a reçu pour nous faire déguster ses rhums et nous parler un peu de sa réalité après le tremblement de terre, et de l’expansion de Port-au-Prince, qui gruge le terrain de la canne à sucre. Son plus grand vendeur à l’export est le ***, qui se déguste en rhum sour, puis il y a le ***** Réserve Spéciale, vieilli 8 ans, avec des notes d’orange et de fruits tropicaux et une bouche assez dense, et le joyau, le 15 ans Estate Reserve, plus boisé et plus riche, avec des notes de vanille et de fruits secs, dont l’histoire est liée aux aléas du régime Duvalier.

Quel voyage des plus intéressants. Il y a tant d’identité et d’histoires avec chacun de ces producteurs et de ces pays. Ils offrent bien plus qu’une base à cocktail. Et cet éventail de style me permet de dire que pour tout amateur de spiritueux, un rhum, quelque part, a une parcelle de votre âme. Partez à sa recherche, et visitez l’important site www.wirspa.com.


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NOTE DE L'ÉDITEUR
Olivier de Maisonneuve était le seul représentant du Québec, parmi treize autres personnes du Canada et des États-Unis!

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