samedi 18 novembre 2017

Olivier au Pays des Merveilles

Les 25 et 26 novembre derniers avait lieu la fabuleuse dégustation Montréal Passion Vin, au profit de la Fondation de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont (aucun lien de parenté)
J’ai eu l’immense privilège d’assister à deux évènements, grâce à la générosité proverbiale de Madame Claudette Dumas-Bergen, à ma qualité de chroniqueur sur ce site, et à un heureux coup du hasard.

Ma première rencontre était avec le Château Branaire-Ducru, un St-Julien.4e grand cru classé. A l’origine, ce domaine faisait partie du célèbre château Beychevelle, mais il fut séparé et vendu au 17e siècle, pour payer une partie des dettes du duc d’Epernon. Aujourd’hui y habite son propriétaire Monsieur Patrick Maroteau, en compagnie de sa charmante épouse Evelyne. Il venait nous proposer une verticale de son grand vin.

Comme vous le savez sans doute, grands amateurs que vous êtes, chers lecteurs, St-Julien est un vin qui fait le pont entre le velours de Margaux et le fer de Pauillac. C’est une appellation qui fait la belle part au cabernet sauvignon. Ce qui caractérise Branaire-Ducru, c’est d’abord l’élégance, mais aussi la continuité du fruit et de la fraîcheur, millésime après millésime.

Collé mais non filtré, on nous suggère de l’oublier au moins 8 à 10 ans dans nos celliers avant de le servir. Voici quelques impressions :

2009 :
une robe grenat brillante. Un nez de rhubarbe, de cassis et d’eau de vie, de cuir. Fruité en bouche, tannique mais assez velouté. Une finale chaleureuse et fraîche à la fois. Long. Absolument à carafer, ou encore mieux, à regoûter dans 15 ans.

2005 :
jolie robe grenat. Nez un peu fermé, cuir et surtout floral. Bouche ronde et suave mais aux parfums aussi un peu fermés. Les tannins sont présents mais déjà bien intégrés. Me semble nettement plus équilibré en finale.

2003 :
D’un millésime de chaleur, on en a tiré qu’un petit volume. Quel joli nez!  Fruité mais surtout très typé cabernet sauvignon. Et quelle bouche suave et fraîche! Encore assez compact, mais d’un délicieux équilibre.

1989 :
Un millésime d’exception à cause de la précocité de la vendange, à la fin août, comme en 1793! Puisque le merlot était superbe, on en fit une cuvée spéciale à laquelle on donna le nom d’Evelyne, entre autre parce que l’anniversaire de la châtelaine est fin août. Il n’y en a eu que 300 bouteilles de produites, qui n’étaient jamais sorties du domaine! Une robe rubis aux reflets tuilés. Quel nez! Épicé, certes, mais aussi cuiré, torréfié, et avec l’élégance d’un vieux brandy. Une bouche aérienne et toujours fruitée; gourmande. Et quelle savoureuse longueur!
  

Ensuite, le suave (et ma fois, très amusant!) Comte de Neipperg (qui ressemble à l’élégant acteur David Niven!), nous présentait La Mondotte, un St-Émilion grand cru, qui jusqu’en 1996, vivait dans l’ombre des autres vins prestigieux dans son portfolio, comme Canon La Gaffelière ou Le Clos de l’Oratoire.

 Entre parenthèses, le nostalgique du passé aristocratique de mes ancêtres, qui s’éveille parfois en moi, s’imaginait être présenté à Monsieur le Comte, et devant son air poli mais manifestement perplexe, essayant de lui rappeler : Mais oui, cher ami, souvenez-vous : nous jouâmes au baccarat à Monte-Carlo, le soir du gala de la Pentecôte, en 2003! Heureusement, un toussotement importun derrière moi me ramena à la réalité!

La Mondotte entra dans la gloire en 1996, donc, lorsque Mr Parker lui attribua une note de 97/100! Issue de vieilles vignes de plus de 50 ans, dans un sol calcaire qui assure une fraîcheur au merlot, elle remplit moins de 13000 bouteilles par an!Voici mes impressions:

2009 :

Une robe grenat violacée. Un nez aromatique de fruits noirs, de réglisse, assez      floral. Une longue bouche assez tannique mais suave et presque charnue. Décanté     deux heures, l’alcool était perceptible en bouche à la toute fin, mais pas en déséquilibre. A attendre un bon dix ans!
  
2006 :
M’a donné le goût de m’écrier mélodramatiquement : Aaaah! Voir Venise, et mourir! Avant de me plonger un poignard dans le cœur. Un moment de grâce, qui vous suspend un instant dans l’infini. Un nez certes moyennement aromatique, mais d’une fine complexité. Du kirsch, et de la confiture de mûres, coquinement épicée. Une bouche très ample, et une belle fraîcheur finale. Un vin long et plutôt puissant. Était-ce un rêve? Wow!
      
2001 :
Selon Monsieur de Neipperg, ce millésime n’a pas la structure tannique pour vieillir aussi longtemps que la plupart des autres Mondottes. Peut-être 10 ou 15 ans. Je lui ai trouvé un joli nez très floral et d’épices douces, (de la cardamone?) un peu empyreumatique. Une bouche très suave mais pas trop charnue. Un vin fin!

1997 :
Une robe de rubis et de tuiles. Un nez moyennement aromatique. Une bouche aux tannins présents, un peu boudeur à l’attaque. Puis, à la chaleur de mon palais, le voilà qui s’ouvre, et s’ouvre, frais et tout en équilibre! Il m’offre une charmante amertume et des notes épicées comme finale. Un vin musclé, mais pas stéroïdé!     Impressionnant.
  

On se retrouve bientôt pour la 2e partie de mon aventure : Olivier, de l’autre côté du miroir, où m’attendent un mouton et un cheval blanc!
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Sommelier-conseil
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À propos de l' auteur

Diplômé sommelier-conseil de l’Université du vin de Suze-La Rousse, en France, j’ai commencé mon apprentissage du monde vinicole en suivant les cours Les Connaisseurs de la SAQ. Aujourd’hui, j’en suis devenu un animateur! Chroniqueur vins et alcools dans diverses publications, dont le magazine Fugues, je parcoure la planète pour mettre images et visages sur ces produits qui me font vivre tant d’émotions.