samedi 18 novembre 2017

Montréal Passion Vin par Olivier De Maisonneuve

Les 2 et 3 novembre avait lieu cette merveilleuse et généreuse fête du vin au Hilton Bonaventure de Montréal.

Présentée par la SAQ et organisée par la Fondation de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, elle a été une fois de plus le théâtre de la rencontre entre la philanthropie et le prestige. Sous la direction de son nouveau et dynamique président Martin Gauthier, la foule d’amateurs de vins réputés a permis de générer un profit de plus d’un million de dollars, qui contribuera à la création du centre intégré de cancérologie. Ce centre permettra de regrouper sous un seul toit les activités d’oncologie, ce qui évitera aux patients les éprouvants déplacements pour les traitements.
  

duval vinspassions

Voici la photo officielle (du photographe Alexandre Bédard) du comité en compagnie de la porte-parole, Mme Dominique Michel.

Donc, pour une onzième année, on nous a offert deux journées de découvertes et de rencontres avec des maisons de vins mythiques. Le vendredi, j’ai eu la chance de participer à une dégustation de la maison Mommessin, qui possède en monopole le fameux grand cru Clos de Tart en Bourgogne. Existant depuis plus de 12 siècles, mais n’ayant connu que trois familles pour en prendre soin, c’est un lieu presque mystique, sous la bienveillante protection de la petite Vierge de Tart, qui date du 14e siècle.

Présentées par M. Sylvain Pethiot, régisseur du domaine et fier représentant de la séduction à la Française, et par M. Jacques Orhon, toujours plaisamment en verve, deux verticales nous étaient proposées : d’abord sous l’appellation Morey-St-Denis premier cru, La Forge de Tart (qui est leur second vin, selon la coutume bordelaise)  nous avons eu droit aux millésimes 2008,2006 et 1999. Le trait d’union de ces vins était d’abord leur ravissante et assez intense robe. Si les nez étaient un peu fermés à prime abord, ils nous taquinaient le bulbe olfactif avec des notes tantôt de cerises fraîches, tantôt de kirsch, traînant dans leur sillage des traces de poivre. Si dans les deux premiers verres, la bouche était assez tannique, elle mariait avec plaisir une certaine amertume et une belle fraîcheur. Le 1999 fut un moment de grâce pour moi, avec son nez toujours fruité mais acoquiné d’un certain relent de cuir très sexy. Une bouche ample et veloutée, bien soutenue par de souples tannins et une tonifiante acidité. Quel beau vin!

Ensuite, place au fameux grand cru. Nous avions droit aux 2002,2001 et 1996.
Bien sûr, avec environ 18 mois d’élevage en fûts neufs, le bois se manifestait
davantage au nez, mais c’était le bois patiné et noble d’un salon de manoir, et non celui d’une cour à bois. Flottait aussi parmi les effluves de cerises bien mûres, des traces de boîte à cigares. Si le 2002 m’a paru un peu jeune encore, le 2001 était empreint d’élégance, et le 1996 parfaitement à point dans son équilibre de finesse et de charme.

Le samedi, pauvre de moi, je dus me lever pour aller déguster les vins d’une autre réputée maison bourguignonne : le domaine Joseph Drouhin. Quel dur métier que de devoir commencer sa journée avec une verticale de Chassagne-Montrachet puis une autre de Clos des Mouches! La présentation était animée par M. Laurent Drouhin, (qui ressemble tellement à son père!) et le toujours dynamique Jacques Orhon. Allons y donc avec le premier cru Mourgeot, Marquis de Laguiche 2008,2005 et 2000. Encore ce matin, les nez m’ont semblés un peu fermés. Mais on devinait les bourgeons des arômes de noisette et de beurre fin. Les bouches délicates et élégantes des deux premiers vins, un peu timides à l’attaque, s’épanouissaient peu à peu, et surprenaient par leur longueur. Dans le 2000, quelques pétales d’acacia et de jasmin et une bouchée d’abricot venaient enjoliver la surprenante fraîcheur finale.

Pour le Clos des Mouches, les millésimes 2008,2005 et 2002 nous attendaient.
M.Drouhin nous a remis les pendules à l’heure quant au nom de l’appellation, Il n’était pas dû à un nombre élevé de petites pestes, mais bien aux abeilles,
surnommées mouches rayées! Parlant de nature, notez que c’est un domaine en biodynamie. Pour bien profiter de la complexité parfois un peu subtile de ces vins, je leur recommanderais un bon passage en carafe. Un de mes coups de cœur fut le 2008. En bouche comme au nez, il m’a charmé avec ses parfums de noisette, de beurre et de miel, voire de caramel blond, puis d’abricot. Le 2005 était plus réservé mais encore très long. Finalement, le 2002 : Avec sa robe plus dorée, il me prévenait de son évolution entamée. Des petites notes de sucre brûlé se pointaient dans une bouche, ma foi, encore assez fraîche. Ces traces oxydatives me plaisaient beaucoup dans un vin qui gagnait en richesse au gré des minutes.

Mon éprouvante journée s’est poursuivie par un lunch qui proposait une étonnante association de la cuisine szechuanaise du chef Paul Kiu Kwok Kit, de l’Orchidée de Chine, à des perles de la maison vénitienne Masi, dont quelques fins amarones. Puis ce fut au tour de deux stars de la Ribera del Duero, en Espagne, M.M. Sisseck et Fernandez. Présenté par le sympathique  Nick Hamilton, l’amusant fondateur de  la maison Pingus nous a parlé de son parcours de vigneron Danois en Espagne traditionnelle! Nous avons pu ensuite goûté à deux Flor de Pingus (2009 et 2008) et à un Pingus 2010. Des nez plutôt charmeurs mais des bouches un peu adolescentes encore pour ces vins naturels, précédés de toute une réputation.

Finalement un moment d’émotion fut cette rencontre avec le vénérable Sr Alejandro Fernandez, et ses vins Tinto Pesquera. Dans sa 8e décennie de vie, ce digne vigneron parle, avec simplicité et certitude, de son travail au domaine.
Nous avons ensuite bu les Janus Gran Reserva 2003,1995 et 1986, une gamme de vins produits que les grandes années. 100% Tempranillo et élevés en fûts de chêne américain, comme la tradition le veut. Le bois assez présent ne vient jamais masquer le fruité. J’ai trouvé qu’avec l’âge, il se virilisait passablement avec des notes marquées de cuir. Avis aux amateurs!

Un énorme merci à Mme Claudette Dumas-Bergen, pour avoir permis ces moments et pour sa toujours aimable efficacité.

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Sommelier-conseil
VINS CONSEIL
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À propos de l' auteur

Diplômé sommelier-conseil de l’Université du vin de Suze-La Rousse, en France, j’ai commencé mon apprentissage du monde vinicole en suivant les cours Les Connaisseurs de la SAQ. Aujourd’hui, j’en suis devenu un animateur! Chroniqueur vins et alcools dans diverses publications, dont le magazine Fugues, je parcoure la planète pour mettre images et visages sur ces produits qui me font vivre tant d’émotions.