mercredi 18 juillet 2018
Chroniques d'Emmanuel de Vaucelles
Emmanuel de Vaucelles

Emmanuel de Vaucelles

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...

jeudi, 12 juillet 2018 20:09

Minuty rachète le château Verez

Minuty, l’un des vins rosés de Provence les plus célèbres et qui fait les beaux jours des brasseries parisiennes et qui est l’un des meilleurs vendeurs à l’export, n’en finit plus d’investir: après avoir construit un nouvel outil de production en mars dernier, la famille Matton achète à la famille Rosinoer, le Château Verez.

L’information est tombée le mercredi 11 juillet. La Provence connait un nouvel investissement mais cette fois-ci, il s’agit d’une transaction entre «provençaux ou presque» et non d’un investisseur étranger ou d’un industriel en mal de diversification, comme nous en constatons beaucoup et pas seulement dans cette région. L’un des plus célébres rosé à la robe «Pétale de Rose» continue son développement, via cette fois-ci une opération de croissance externe.

Ce rachat pour Minuty semble logique, il exploite déjà la propriété voisine du domaine de Châteauneuf que la famille Franet-Matton possédait en 1850, avant d’acheter le Château Minuty en 1936. «Notre politique de développement se fait autour de nos pôles de production, à Gassin et Vidauban. Ce qui est plus facile qu'autour de la presqu'île...», note François Matton, le directeur général de Minuty. Confirmant aussi que le foncier est un enjeu majeur en Provence, François Matton est déjà prêt à envisagé de nouveaux investissements «mais pas n'importe où et à n'importe quel prix», témoignant de la forte demande mondiale pour les rosés qui connaissent depuis plusieurs années une croissance à deux chiffres.

Cette information reprise par les sites Internet Intervigne et Vitisphère précise que le Château Minuty vient de doubler son approvisionnement en vins rosés sur la commune de Vidauban avec l’acquisition du château Verez. Soit 35 hectares de vignes de cinsault, grenache et syrah en appellation Côtes de Provence. Le vignoble de Minuty réunit désormais 160 ha en production, dont 20 ha à Ramatuelle; 6 ha avaient été achetés en 2017, 60 ha à Gassin, et désormais 80 ha à Vidauban.

Cette augmentation de la surface produisant les vins du Château Minuty suit l’accroissement de son outil de vinification, d’embouteillage et de stockage de vins de marque (négoce). En mars dernier, la propriété a investi plus de 10 millions d’euros et a inauguré un nouveau site de production à Brignoles de plus de 8000 m², pouvant stocker 2 millions de cols et embouteiller 8 500 flacons/heure. «Nous produisons annuellement 4 millions de cols, dont 60 % de vin de marques. Le Château est un soutien à nos marques et à leur premiumisation», indique François Matton.

La propriété achetée était dans la même famille depuis 24 ans, reprise en 1994 par le défunt Serge Rosinoer, qui avait fait carrière notamment à la direction du groupe Clarins; le Château Verez était dirigé depuis par sa fille Laurence, âgée de 65 ans. Le prix de la cession n’a pas été communiqué à ce jour.

Source: McViti

Pendant que Rafael Nadal et Roger Federer affolent tous les compteurs des statistiques du tennis, Henri Jayer en fait de même avec une vente aux enchères exceptionnelle et record organisée par Baghera Wines à Genève.

Henri Jayer est né en 1922 à Vosne-Romanée et il nous a quittés le 20 septembre 2006. Ce charismatique vigneron bourguignon à qui on doit l'introduction d'importantes innovations dans la viticulture et la vinification des vins de Bourgogne, était entre autres particulièrement réputé pour la qualité de son pinot noir.

Il est diplômé, dans les années quarante, en œnologie de l’Université de Dijon. Profitant d'un héritage de trois hectares dont du terrain sur les vignobles d’Echezeaux et de Beaux Monts, Henri Jayer a commencé à produire du vin en nom propre dans les années 1950. Ses vins sont maintenant très recherchés et reconnus pour leur équilibre et leur élégance, ainsi que pour leur richesse et leur concentration. Il fut l’un des premiers à vinifier en macération préfermentaire à froid, c'est-à-dire une macération qui empêche la fermentation spontanée à environ 10 °C pendant un à quatre jours.

Le domaine aujourd’hui de 9 hectares appartient à son neveu Emmanuel Rouget. Chaque bouteille se vend au minimum plusieurs milliers d'euros. 12 bouteilles de Cros Parantoux 1985 avaient été adjugées à 199 735 euros (soit 16 644 euros la bouteille) lors d’une vente aux enchères de Christie’s à Hong-Kong en 2012. Seul la Romanée Conti atteint de tels prix.

Les vins d'Henri Jayer, auxquels certains amateurs vouent un véritable culte, sont rares et onéreux. Il n'est donc pas exagéré de parler d'événement lorsque 855 bouteilles et 209 magnums produits par le célèbre vigneron de Bourgogne sortent de la cave du domaine pour être vendus aux enchères. Cette vente historique, qui a duré six heures et demie et s’est déroulée dans le domaine de Châteauvieux sur les hauteurs de Genève, «s’est conclue sur un chiffre d’affaires de 34,5 millions de francs suisses (29,8 millions d’euros)», a déclaré la maison d’enchères genevoise Baghera Wines, qui la présente comme un montant record pour une vente unique.

L’ensemble des flacons mis en vente était estimé par les experts entre 6,7 et 13 millions CHF (entre 5,7 et 11,2 millions d’euros).

«Douze ans après son décès, les vins signés par le célèbre artisan-vigneron bourguignon restent incontestablement les vins les plus chers au monde», a relevé Baghera Wines.

Une centaine d’enchérisseurs provenant du monde entier ont cherché à s’emparer, que ce soit sur place, au téléphone et sur Internet, des ultimes flacons du «Roi du Bourgogne». Tous les lots ont été vendus et ont été «très très disputés», a assuré à l’AFP une porte-parole de la maison d’enchères, Emilie Drouin.

Trois lots ont déchaîné les passions, selon Baghera Wines :

1. Le lot 160 : le plus cher – une série de quinze magnums de Cros-Parantoux, Vosne-Romanée Premier Cru, allant de 1978 à 2001 – a pulvérisé les estimations, le lot ayant trouvé preneur à plus de 1,16 million CHF (plus d’un million d’euros) alors qu’il était estimé entre 280 000 et 480 000 CHF (entre 237 000 et 406 000 euros)

2. Le lot 135 : six magnums de Cros-Parantoux, Vosne-Romanée Premier Cru de 1999 – a également fait monter les enchères. Estimé entre 110 000 et 220 000 CHF (entre 93 230 et 186 450 euros), il a finalement été vendu à 528.000 CHF (457 285 euros).

3. Le lot 212 : une bouteille Richebourg 1986, est partie pour 50.400 CHF, alors qu’il était estimé entre 8 000 et 16 000 CHF (entre 6 780 et 13 560 euros).

Le Cros-Parantoux, c'est le nom de cette parcelle qu'Henri Jayer, vigneron méticuleux et attentif, avait entièrement façonnée, transformant cette terre à topinambours en vigne créatrice.

Avec cette dernière vente, c'est "la dernière page du Domaine Henri Jayer" qui se tourne, avaient expliqué dans un mail à l'AFP, Lydie et Dominique, les filles du viticulteur. Le domaine est aujourd’hui mené par son neveu Emmanuel Rouget, qui entretien le patrimoine et la mémoire de l’illustre « Roi du pinot noir. »

Source : McViti

Si depuis de longues années nous étions habitués à voir les grands crus bordelais ou les meilleurs crus de Bourgogne enchaîner des records de prix dans les différentes ventes aux enchères à travers le monde, Londres, Hong Kong, New York, Genève ou encore Paris, c’est à Lons le Saunier (17 000 habitants environ) dans le Jura qu’un nouveau record a été établi, et cette fois-ci pour un vin jaune, une bouteille datée de 1774. Elle a été adjugée à la somme record de 107 700 euros, le samedi 26 mai. Deux autres flacons du même millésime ont atteint 76 250 euros et 73 200 euros. Les trois bouteilles datées de 1774, qui pourraient être les plus vieilles bouteilles de vin jaune en circulation, ont été produites par le vigneron arboisien Anatoile Vercel (1725-1786).

Le vin jaune est un vin unique en son genre, soit adoré, soit détesté par les dégustateurs. Produit uniquement dans l’aire d’appellation du Jura qui n’excède pas les 1850 hectares, cent pour cent à base du cépage Savagnin, le vin est vieilli 6 ans et 3 mois en barrique sans ouillage, ce qui en fait un vin oxydatif avec des arômes très particuliers de noix, de noisette, dont la complexité est difficile à résumer en quelques mots. La notoriété de ce vin n’est plus à démontrer et l’engouement qu’a provoqué cette vente en est l’illustration.

À l’issue de la vente, Brigitte Fénaux, la commissaire priseur de la maison Jura Enchère, ne cachait pas son bonheur: "Je ne pensais pas que les bouteilles se vendraient aussi cher, le dernier record, en 2011, était de 57 000 euros. Les acquéreurs sont des Canadiens et quelqu'un qui achetait pour des Américains qui ont des attaches en France", a-t-elle précisé. "Il y avait des vignerons dans la salle, qui ont applaudi, qui étaient heureux, c'était émouvant."

Selon la dépêche de l’AFP, les flacons, de type "bourgogne", c'est-à-dire avec un corps ample et un col fin et d'une contenance de 87 cl, ont été conservés plus de 200 ans par les descendants d'Anatoile Vercel dans une cave enterrée et voûtée d'Arbois, la capitale des vins du Jura. Les trois bouteilles en ont été retirées mardi en vue des enchères. L’article rappelle qu’une dégustation de ce même vin jaune avait été organisée en 1994 au Château Pécauld, à Arbois, par 24 professionnels du vin. De couleur ambrée, avec un goût "de noix, d'épices, de curry, de cannelle, de vanille et de fruits secs", le vin avait été noté 9,4 sur 10 par les testeurs, qui avaient conclu avec cette formule: "À renouveler dans 100 ans".

L’AFP précise encore que la vente de l'ensemble des 115 bouteilles proposées ce samedi s'établit à 310 526 euros (frais compris). Pour rappel, deux bouteilles de la même cuvée avaient déjà été vendues en 2011, à Arbois, pour 57 000 euros et en 2012 à Genève, pour 46 000 francs suisses (soit 38 300 euros).

Ceci démontre bien l’intérêt des collectionneurs pour ce vin d’exception, qui remonte pour cette cuvée à l’époque de Louis XVI.

Source: McViti

Après la cérémonie religieuse de mariage de son petit-fils, Elisabeth II a offert le champagne préféré de sir Winston Churchill, du Pol Roger pour les six cent invités présents. 

Vitisphère, dans un article paru ce mardi 22 mai sur son site Internet, indique que la fibre patriotique anglaise a subit un revers. Ce 19 mai, la réception ayant suivi le mariage du prince Henry de Galles et Meghan Markle a été arrosée par la cuvée Réserve non millésimée des champagnes Pol Roger et non par un vin effervescent britannique. Le lobbying de l’Association Anglaise du Commerce des Vins et Spiritueux (WSTA) et les paris des bookmakers allant de 1/1 pour une cuvée de Chapel Down ou à 25/1 pour une cuvée de Rathfinny Wine Estate n’ont pas suffit. Une mise en lumière manquée pour les bulles anglaises, regrette Robert Joseph, le rédacteur en chef de Meininger’s Wine Business International Magazine, qui a fait une déclaration assez peu fair-play pour un Anglais : « Le mariage était parfait [à l’exception] de cette balle tirée dans le pied », alors que « c’était l’occasion parfaite pour mettre en avant l’un des produits dont l’Angleterre peut être fière. Qui plus est à l’approche du Brexit, qui est vendu comme l’opportunité d’exporter vers de nouveaux marchés. »

Rappelons que pour le mariage de Kate et William quelques années plus tôt, c’était cette même cuvée qui avait été offerte par la reine. Pol Roger entretien une relation toute particulière avec la couronne d’Angleterre, la maison possédant un brevet royal (Royal Warrant Appointment) de la reine. Comme les maisons Bollinger, Krug, Lanson, Laurent-Perrier, Louis Roederer, Moët et Chandon, Mumm et Veuve Clicquot. Outre la couronne britannique, Pol Roger a été aussi la boisson préférée du plus célèbre 1er ministre anglais du XXè siècle, Winston Churchill, qui donnera son nom à une cuvée d’exception quelques années plus tard. 

Quant aux vins qui ont été servis au dîner, ils sont encore tenus secrets. Le nom du champagne Bollinger, choisi pour le mariage du prince Charles et de Diana, avait circulé parmi les bookmakers, mais la maison indique ne pas avoir été sollicitée. Sur le site Internet de la Reine, pas d’informations à cette heure au sujet des boissons servies, seulement sur le gâteau, le fleuriste et les invitations. Il est possible que les précieux liquides sélectionnés soient anglais et américains, à l’image de l’origine des jeunes mariés. En 2011, à l’occasion du mariage du Prince William et de Kate Middleton, trois vins français avaient accompagné le dîner de noces: un Meursault 2009 du domaine Guyot-Javillier, un L’Hospitalet 2004 de Gazin Pomerol et un Champagne Rosé Laurent-Perrier avec le dessert. 

En revanche, le champagne Hostomme, basé à Chouilly, est proposé sur le site de la boutique officielle parmi d’autres souvenirs commémorant le mariage comme des assiettes, des bougies ou encore des bijoux. A été sélectionné un quart de bouteille, vendu 15,95 livres, de la cuvée blanc de blancs Grand cru, portant un habillage blanc et or aux initiales du couple princier. « Nous étions en pourparlers depuis quelque temps et nous sommes très contents d’avoir été choisis », raconte le vigneron Laurent Hostomme au site Internet de L’Union. « L’Angleterre est notre premier marché mais c’est la première fois que nous entrons dans la boutique royale. »

La couronne britannique rappelle que les bénéfices de ces « goodies » royaux commercialisés par la Royal Collection Trust participeront au financement de l’entretien du patrimoine de la royauté.

Source: McViti

Sur son site, Terre de Vins, dans un article paru le 3 mai 2018, nous fait part du retour en grâce du cépage aligoté grâce à une association de vignerons, Les Aligoteurs. Désormais ce cépage a son propre salon. Le 23 avril dernier s’est tenu à Flagey-Echezeaux (Côte de Nuits) chez Philippe Delacourcelle, un restaurateur amoureux de l’aligoté, une dégustation uniquement consacrée à cette vigne.

L’aligoté est un cépage plutôt mal connu. Pour résumé, il produit un vin blanc, cultivé surtout en Bourgogne, issu d’un croisement de pinot noir et de gouais (ce qui en fait aussi un proche cousin du chardonnay et du gamay. Longtemps, l’acidité mordante de l’aligoté, récolté en sous-maturité, en a fait le compagnon tout trouvé de la liqueur de cassis locale.

Ce mariage, dont le grand promoteur avait été le Chanoine Kir, grand résistant et député-maire iconoclaste de Dijon dans l’après-guerre, a donné son nom à ce breuvage, le Kir, et cela permettait d’écouler une bonne partie de la production de ce vin blanc.

Pourtant l’image de l’aligoté évolue. Planté sur plus de 1 500 Ha surtout en Saône et Loire et Côte d’Or (pour mémoire la Bourgogne représente 29 000 ha de vignes) il n’est pas difficile d’en trouver sur nos linéaires, les plus grandes maisons bourguignonnes en proposant. De plus, son prix a su rester sage, la bouteille dépasse rarement les quinze Euros.

Mais c’est aussi la création de l’appellation bouzeron (Saône et Loire) en 1998 qui a marqué une étape notable en permettant d’affiner la règlementation et la communication. C’est la première appellation village où ce cépage est à l’honneur et non le « magique » chardonnay qui a su faire en parti la richesse de la région.

Vingt ans plus tard, en cette année 2018, une nouvelle étape est franchie avec la création de l’association Les Aligoteurs. Terre de Vins rappelait que plusieurs viticulteurs évoquaient cette initiative depuis quelques années. C’est chose faite avec pour ambition la promotion de l’aligoté de terroirs pour peu qu’il soit planté sur des sols pauvres, taillé court et vendangé tardivement.

Cette association ne manque pas de vignerons de talent. Voici une liste non exhaustive que rapporte Terre de Vins : Domaine de Villaine, Vincent Dureuil-Janthial, Arnaud Ente, Domaine Jean Fournier, Domaine Gachot-Monnot , Alex Gambal , Domaine Lejeune ou encore Thibault Liger-Belair.

De quoi déguster de bons vins blancs à un excellent rapport qualité prix.

Source: McViti

L’ancien footballeur professionnel Christophe Robert, l’un des protagonistes de l’affaire VA-OM en 1993, a été renvoyé devant la justice dans une affaire de grands crus de Pauillac et Saint-Julien contrefaits, portant sur plusieurs dizaines de milliers d’euros, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Selon une révélation du quotidien Sud-Ouest, Christophe Robert, 54 ans, devra comparaître en juin devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour «tromperie», «tentative de tromperie» et «détention de marchandise contrefaite». L’affaire porterait sur 50 000 à 100 000 euros de marchandise.

Les châteaux concernés ne sont pas les moins importants de la place de Bordeaux et du Médoc, ce sont tous des grands cru classés en 1855, Gruaud Larose, Beychevelle et Pichon Longueville Comtesse de Lalande. Ces derniers ont fait savoir qu’ils portaient plainte.

L’enquête de la  gendarmerie faisait suite à la plainte, en novembre, d’un négociant, acheteur d’un stock à un autre négociant l’ayant obtenu de la société de Christophe Robert, qui l’avait lui-même acquis dans l’Hérault. Les conditions «un peu particulières» de la transaction initiale «ne cadraient pas avec les conditions de vente normales» de grands crus, a précisé à l’AFP une source proche du dossier.

Pour le directeur-général de Pichon Longueville Comtesse de Lalande, Nicolas Glumineau, la fraude était «tellement grossière qu’on s’étonne du nombre de transactions successives». «Tout est différent d’une bouteille réelle, sauf peut-être les prix», a expliqué à l’AFP Philippe Blanc, directeur du château Beychevelle.

Cité par le journal Sud-Ouest, Christophe Dejean, l’avocat de Christophe Robert, assure que son client « conteste avoir eu connaissance de l’origine frauduleuse du produit quand il l’a acheté », même s’il dit qu’il a eu un doute, compte tenu du prix proposé.

Christophe Robert, ancien footballeur de Nantes, Monaco, et Valenciennes notamment, avait été condamné en 1995 à six mois de prison avec sursis et 763 euros d’amende, dans l’affaire du match Valenciennes-Marseille (0-1) de 1993 entaché de corruption, plusieurs joueurs valenciennois ayant été achetés par l’OM à six jours de la finale de Ligue des Champions Marseille-Milan. Une affaire qui à l’époque avait mis fin à l’aventure de Bernard Tapie avec le club de la Bonne-Mère.

Source: McViti

La justice intervient régulièrement sur des fraudes de professionnels en France et deux affaires sont actuellement en cours, tant à Bordeaux qu’en Bourgogne. Un point sur les procédures. 

Tout d’abord, le Tribunal correctionnel de Bordeaux a rendu son délibéré ce 5 avril concernant la société de négoce Grands Vins de Girond (GVG) et son ancien directeur des achats, poursuivis "pour tromperie sur la nature, la qualité, l'origine ou la quantité d'une marchandise" en 2014 et 2015. Ils étaient accusés d'avoir utlisé frauduleusement plus de 6000 hL de vin, d'une valeur de 1,2 million d'euros. La société GVG a été condamnée à payer une amende de 400 000 euros, dont 200 000 euros avec sursis. L'ancien directeur des achats a par ailleurs été condamné à 15 000 euros d'amende avec sursis. Le tribunal a relaxé le directeur des achats pour la période postérieure au 2 juin 2015, date à laquelle il a fait l'objet d'une nouvelle fiche de poste. 

Ensuite, un vigneron de Chassagne-Montrachet (Côte d'Or) âgé de 47 ans, ainsi que sa société agricole, font actuellement l'objet de poursuites judiciaires pour fraude. L'affaire remonte à 2010, date à laquelle la Brigade interrégionale des vins (BIEV), basée à Dijon, a été alertée suite à la vente sur Internet de crus de Chassagne-Montrachet à des prix inférieurs à ceux du marché. Une enquête a, à cette époque, été ouverte, étayée en 2013 par un courrier de dénonciation dans lequel était évoquées des ventes occultes de bouteilles auprès de particuliers. Des contrôles plus approfondis de la BIEV en avril de la même année ont permis de mettre à jour un certain nombre d'irrégularités: détentions de vins d'origine incertaine, surproductions non détruites, ventes de vin sous une fausse appellation, détentions de stocks non déclarés, ou encore ventes occultes. 

Des accusations balayées du revers de la main par l'avocat du prévenu, maître Pierre Bolze. Non, son client n'est pas un fraudeur. "C'est une pratique que mon client reconnaît comme n'étant pas légale et elle ne l'est pas, une pratique extrêmement minoritaire, car on est sur une très faible quantité; aujourd'hui la volonté du ministère public est de faire un exemple, le dossier est très volumineux". 

L'enquête, qui a été ouverte à l'époque, a mis au jour d'autres pratiques décrites comme "douteuses" par les agents des douanes présents à l'audience. Le viticulteur n'était pas non plus très rigoureux sur la déclaration de certains de ses vins. Il y a une explication à cela, nous dit son avocat, maître Bolze. "Je pense notamment à ces erreurs d'appels sur les mentions valorisantes; vous avez par exemple une appellation "Vieilles Vignes" pour laquelle vous devez déclarer dans des colonnes différentes l'appellation "Village" et l'appellation "Village Vieilles Vignes" alors qu'il s'agit de la même appellation!" 

Le procureur de la république a requis 15 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende à l'encontre du viticulteur. Le jugement a été mis en délibéré au mardi 29 mai. Également poursuivi par le fisc pour des "erreurs d'appel sur des mentions valorisantes", le viticulteur pourrait avoir en plus à verser jusqu'à 2 millions d'euros aux impôts. À suivre, donc.

À noter que sur ces deux affaires, l’INAO, mais surtout des associations de consommateurs, se sont portés parties civiles. Les sanctions sont lourdes, mais elles se veulent dissuasives.

Source: McViti

En ce début de printemps, les bureaux et les Comités Interprofessionnels des différentes régions viticoles françaises font un point sur la « saison » 2017. Si les vendanges ont été contrastées sur le territoire, en revanche la commercialisation se passe bien, surtout à l’export. Deux régions semblent plus performer que les autres: la Champagne et ses bulles et la Provence et son rosé.

En 2017, les vins de Champagne ont réalisé un chiffre d’affaires global record de 4,9 milliards d’euros. Depuis 2005, ce chiffre a progressé d’un milliard d’euros.

D’après le Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC), « cette performance est due à la progression de l‘export (2,8 milliards €, + 6,6 % par rapport à 2016) alors que le marché français est resté stable (2,1 milliards €).[…] Par rapport à 2016, où la croissance du chiffre d’affaires avait été tirée par la diversification des cuvées, c’est la forte progression des marchés où le Champagne est le mieux valorisé qui explique le nouveau record de 2017, en particulier grâce aux États-Unis, au Japon et à l’Australie. »

Les États-Unis restent ainsi le premier marché à l’export en valeur (586 millions €), en hausse de 8,5 %. De son côté, le Japon renforce sa troisième position grâce à une forte croissance en valeur (+ 21,3 %) et en volume (+ 17,6 %). L’Australie, au 7e rang, avec 132 M€, « poursuit son développement (+ 23 % en valeur) malgré un taux de change un peu moins favorable », indique le CIVC. Si le Royaume-Uni est toujours classé deuxième en valeur, il « continue à pâtir de l’effet défavorable "Brexit" avec une baisse de 5,7 %, encore plus marquée en volume (- 11 %) », souligne le CIVC.

A l’instar de la Champagne, le vignoble provençal enregistre des performances record à l’export. « En 10 ans nos exportations de vin rosé ont cru de 547 % en volume et de 1020 % en valeur. 30 % de notre production quitte désormais la France, contre seulement 11 % en 2008 », a détaillé, Brice Eymard, directeur du CIVP (Comité Interprofessionnel des Vins de Provence). L’an passé, les provençaux ont en effet expédié 382 000 hl pour 226 millions d’euros. « En 2008, une bouteille de rosé partait en moyenne à 2,56€ HT départ cave, aujourd’hui c’est 4,44€ », a complété le directeur.

Cette croissance en valeur est liée au développement des ventes sur le grand export, « notamment aux États-Unis, devenu notre premier marché en 2013. » Absent du top 10 des clients de la Provence il y a encore quelques années, le pays représente désormais 50 % des recettes issues de l’export. Avec 12 %, le Royaume-Uni, deuxième marché export du vignoble, arrive loin derrière. « Mais nos exportations ne progressent pas que chez l’oncle Sam. On peut notamment saluer la percée du Canada ou de l’Australie. Aujourd’hui, neuf pays importent plus de 10 000 hl de rosé de Provence chaque année, quand ils étaient deux il y a dix ans, la Belgique et la Suisse », s'est réjoui Brice Eymard. Un parallélisme se constate donc entre les bulles et le rosé quant au dynamisme des débouchés, c’est en dehors de l’Union européenne que le marché est le plus dynamique.  

Les vignerons provençaux ont encore une belle marge de progression, puisque dans le monde, seule une bouteille de rosé sur 10 vient de leur région. « Nous n'avons pas de vrais concurrents, mais des challengers: le Languedoc, l'Italie, l'Espagne ou l'Afrique du Sud. Certains tentent de nous imiter, mais nous avons 30 ans d’avance en termes de communication, de promotion, et de recherche et développement. Nous avons une très belle notoriété et un grand savoir-faire. Ce n’est pas si facile de faire de bons rosés », a conclu le président du CIVP, confiant en l’avenir.

La situation est quasi identique pour la Champagne. Si les Crémants se portent bien en France, leurs chiffres d’affaires restent bien loin des records champenois quant aux challengers internationnaux type Cava en Espagne, Prosecco italien ou effervescents du nouveau monde comme ceux d’Afrique du Sud ou d’Argentine, des États-Unis ou d’Australie, leur notoriété et leur prix restent bien plus faibles. Une situation qu’il faudra surveiller dans les années à venir. 

Source: McViti

Au cours de l’année 2017, le secteur de Saint Emilion avait vu un certain nombre de propriétés passer dans de nouvelles mains, soit étrangères, soit d’investisseurs cherchant à diversifier leurs risques. En ce premier trimestre 2018, il semble que l’activité des transferts soit passée de l’autre côté de la rive avec cette dernière transaction annoncée par le groupe de BTP Fayat.

Vitisphère a repris l’information dans un article paru sur son site Internet le 19 mars, confirmant que la famille Raimond vient de vendre le château Aney aux vignobles Clément Fayat (65 ha en Gironde). Le vignoble repris de 15 ha en appellation Haut-Médoc (et classé Cru Bourgeois) est composé à 60% de cabernet-sauvignon et 40% de merlot.

Fondée en 1850 à Cussac-Fort-Médoc, la propriété se situe sur la route des châteaux du Médoc et a développé une activité oenotouristique. Ayant connu des difficultés financières il y a quelques années, elle a fait face à un plan de redressement et la famille Raimond a progressivement réduit la surface de son vignoble. Initialement de 30 ha lors de son acquisition en 1972, elle est passée à 15 ha suite à des cessions de parcelles et du non renouvellement de fermages.

Quant au groupe Fayat, qui commercialise 250 000 cols par an, les propriétés bordelaises du groupe de construction réunissent les châteaux Fayat (12 ha à Pomerol), la Dominique (29 ha à Saint-Émilion) et Clément-Pichon (24 ha en cru bourgeois). Cette dernière propriété va absorber la production du château Aney, afin « d’étoffer » son deuxième vin, a annoncé un communiqué. Après la vente du stock restant au château Aney, son étiquette sera donc amenée à disparaître. Avis aux collectionneurs.

Vitisphère rappelle que ce développement du vignoble Fayat par le rachat de propriétés voisines a déjà été mis à profit sur la rive droite, le château Fayat ayant réuni en 2010 les châteaux Prieurs de la Commanderie (acheté en 1984), la Commanderie de Mazeyres (acheté en 2000) et Vieux Bourgneuf (2006). À noter que le château Clément-Pichon a été baptisé ainsi en 1985, s’appelant précédemment château de Parempuyre (du nom de sa commune).

Pour le moment, le montant de la transaction n’a pas été diffusé à la presse. Reste à savoir si cette cession de mars 2018 n’est que le début d’une longue série?

Source: McViti

Les vins d'Henri Jayer, auquel certains amateurs vouent un véritable culte, sont rares et onéreux. Il n'est donc pas exagéré de parler d'événement lorsque 855 bouteilles et 209 magnums produits par le célèbre vigneron de Bourgogne sortent de la cave du domaine pour être vendus aux enchères. 

Henri Jayer est né en 1922 à Vosne-Romanée et il nous a quitté le 20 septembre 2006. Ce charismatique vigneron bourguignon à qui on doit l'introduction d'importantes innovations dans la viticulture et la vinification des vins de Bourgogne était entre autres particulièrement réputé pour la qualité de son pinot noir. Il est diplômé, dans les années quarante, en œnologie de l’Université de Dijon. Profitant d'un héritage de trois hectares, dont du terrain sur les vignobles d’Echezeaux et de Beaux Monts, Henri Jayer a commencé à produire du vin en nom propre dans les années 1950. Ses vins sont maintenant très recherchés et reconnus pour leur équilibre et leur élégance, ainsi que pour leur richesse et leur concentration. Il fut l’un des premiers à vinifier en macération préfermentaire à froid, c'est-à-dire une macération qui empêche la fermentation spontanée à environ 10 °C pendant un à quatre jours. Le domaine, aujourd’hui de 9 hectares, appartient à son neveu Emmanuel Rouget. Chaque bouteille se vend au minimum plusieurs milliers d'euros. 12 bouteilles de Cros Parantoux 1985 avaient été adjugées à 199 735 euros (soit 16,644 euros la bouteille) lors d’une vente aux enchères de Christie’s à Hong-Kong en 2012. Seul la Romanée Comti atteint de tels prix.

C’est peu dire que les amateurs et les spéculateurs attendent avec impatience la vente organisée par le cabinet spécialisé Baghera Wines à Genève le 17 juin 2018 sous le nom de code "Domaine Henri Jayer, the ultimate sale". "La dernière vente, insiste la maison d’enchère, car d'après Baghera Wines, il s'agit des derniers flacons conservés au domaine de Vosne-Romanée par l’héritier d’Henri Jayer. 

Plus de 1064 bouteilles de 75 cl et magnums seront mis aux enchères et les millésimes proposés iront de 1970 à 2001. Parmi les climats prestigieux représentés: Vosne-Romanée, Vosne-Romanée "Beaumonts", Vosne-Romanée 1er cru "Les Brulées", Vosne-Romanée 1er cru "Cros Parantoux", Nuits-Saint-Georges, Nuits-Saint-Georges "Les Meurgers", Richebourg et Échézeaux. Cette évocation de terroir démontre qu’Henri Jayer était propriétaire de l'une des plus belle exploitation de Bourgogne pour un vigneron indépendant.

Voici un aperçu des cuvées qui figurent au catalogue sélectionné par la Revue des Vins de France :

  • 469 bouteilles & magnums Vosne-Romanée 1er Cru, Cros-Parantoux 1978 à 2001
  • 9 bouteilles & magnums Richebourg,Grand Cru 1973 à 1987
  • 42 bouteilles & magnums Vosne-Romanée 1er Cru, Les Brulées 1973 à 1987
  • 187 bouteilles & magnums Échézeaux, Grand Cru 1976 à 1999   

S’ajoute à cela trois lots d’exception qui devraient aiguiser les appétits des chercheurs de pépites fermentées:   

- Une verticale de 15 magnums de Vosne-Romanée 1er Cru, Cros-Parantoux, de 1978 à  2001. Estimation: entre 243,282 et 417,133 euros.

- Une verticale de 12 bouteilles de Echézeaux Grand Cru, de 1976 à 1999. Estimation: entre 34,761 et 69,522 euros.

- 12 bouteilles Vosne-Romanée 1er Cru, Cros-Parantoux 1985. Estimation: entre 104,283 et 173,805 euros

À vente exceptionnelle, mesures » exceptionnelles: chacun des flacons bénéficiera du système de protection ProofTag, permettant à l’acquéreur d’identifier et d’authentifier chaque vin. De plus, les bouteilles et les magnums seront présentés en caisses de bois d’origine, marquées du Domaine Henri Jayer, et réalisées exclusivement pour cette ultime vente.

Emmanuel Rouget, neveu d’Henri Jayer, partage l’avis d’Aubert de Vilaine, le propriétaire de la Romanée Comti. Il déclarait à la presse en 2015: "Pour le nom c'est très bien, mais je trouve ça très dangereux et quelque part ridicule. Mettre ce prix-là dans des bouteilles de vin, c'est un compte en banque, au final. C'est un peu dommage, on ne saura jamais si elle sont bonnes ou pas", estimait-il.   

Rendez-vous donc à Genève le 17 juin!

Source: McViti

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