lundi 20 novembre 2017
L'AOC Hermitage fête ses 80 ans

L'AOC Hermitage fête ses 80 ans

À l’occasion des 80 ans de l’appellation Hermitage, la cave de Tain organisait à Paris au Bistrot du Sommelier une dégustation des différents terroirs participant à l’assemblage de leurs cuvées.

« Avec 23 ha sur les 138 que compte l’appellation, notre atout est d’avoir accès à tous les terroirs, insiste le directeur Xavier Gomard. Mais cela implique un tri sévère et des liens resserrés entre le technicien dans la vigne et le maître de chai ». Le fondateur de la cave en 1933, Louis Gambert de Loche (dont une cuvée prestige porte le nom depuis 1994) a laissé ses vignes dans le giron de l’entreprise à sa mort en 1967. La cave (plus de 300 adhérents et 1000 ha) est désormais le deuxième opérateur derrière Chapoutier et devant Jaboulet et Jean-Louis Chave, les quatre maisons produisant à elles seules 80% des volumes. Après avoir investi 10 M€ en 2014 notamment dans des petites cuvées de 60-70 hl permettant une vinification à la parcelle, elle peut se permettre davantage de sélections, une quinzaine en 2016.

Les lieux-dits ne sont pas les terroirs

« En fait, les lieux-dits en Hermitage ne sont pas directement liés au terroir, explique Daniel Brissot, responsable du vignoble, à la cave depuis 35 ans. La majorité se situe sur des sols alluvionnaires à gros galets avec du granit à l’ouest, des murets qui retiennent la terre sur les pentes en terrasses qui datent du quaternaire. En général, dans le Gambert, on retrouve 3 ou 4 terroirs (souvent Beaume-Muret, Méal, Hermite…) ». « C’est à la fois un terroir d’exception et historique mais qui n’est pas figé puisqu’on continue un travail plus poussé sur les différents parcelles. Un signe d’élégance ! » commente Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde 1992 et propriétaire du Bistrot du Sommelier.

La cave de Tain a initié une politique parcellaire depuis une dizaine d’années, étendue en 2012 avec la gamme Terroirs d’Exception, après avoir cartographié le vignoble pour une connaissance précise de ses sols. Elle vinifie au total 28 ha en Hermitage sur la rive gauche du Rhône, 22 en rouge, en syrah, et 5,85 de blanc en marsanne majoritaire, parfois complétée de quelques pourcentages de roussanne, soit environ 10 000 bouteilles. En 2009, elle a inauguré le Fief de Gambert, une maison de maître au cœur du vignoble de l’Hermitage, dédié à l’œnotourisme et à la gastronomie avec un restaurant créé par Frédéric et Rika Bau, aujourd’hui sous la houlette du chef Mathieu Chartron.

« Terre de Vins » a aimé :

Hermitage Grand classique blanc 2011 : Floral et minéral sur des notes d’agrumes, de fleurs d’acacia et de poivre blanc avec des notes pâtissières. (33,90€)

Hermitage Grand classique rouge 2010 : Des arômes mentholés sur des notes de tapenade, de réglisse, d’épices et de fruits noirs sur une pointe animale. (33,90€)

Gambert de Loche rouge 2010 : Des arômes de fruits à noyaux et de graphite sur des épices, des notes de garrigue et des tanins fondus et élégants. (69,50€)

Hermitage Cœur des siècles blanc 2012 : A partir de 2 parcelles de vielles vignes centenaires au Méal et à La Croix. Floral et rond sur des arômes de mirabelle, pêche blanche, curry et verveine. (42€)

Source: Terre de Vins

À propos de l' auteur

Âgé de 45 ans, ingénieur agricole, diplômé de l’IHEDREA (Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole en 1995), j’ai poursuivi mes études par un master de Gestion, Droit et Marketing du secteur Vitivinicole et des Eaux de Vie dépendant l’Université de Paris 10 Nanterre et de l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin - 1997). Lire la suite...