samedi 18 novembre 2017
Vins en épicerie
Roger Huet

Roger Huet

Roger Huet - Chroniqueur vins et Président du Club des Joyeux
Québécois d’origine sud-américaine, Roger Huet apporte au monde du vin sa grande curiosité et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Il considère la vie comme un voyage, de la naissance à la mort. Un voyage où chaque jour heureux est un gain, chaque jour malheureux un gâchis. Lire la suite...

mardi, 19 octobre 2010 02:00

Hommage à Marguerite Aghaby

Une des personnalités passionnantes et passionnées du monde du vin au Québec est Marguerite Aghaby. Elle est responsable des comptes majeurs et des relations publiques chez LBV International. Je l’ai rencontrée et voici ce qu’elle m’a confié.

- Êtes-vous née au Québec Marguerite ?

- Non, je suis née à Ismaïlia, en Égypte et j’ai grandi à Suez où mon père était mesureur de tonnage de bateaux pour le Canal. J’ai donc grandi dans un monde d’épices et de fleurs et c’est d’ailleurs ainsi que j’ai appris à développer mon odorat. J’avais huit ans lorsque mon père, sentant venir la guerre, a décidé de venir s’installer au Québec où habitait déjà sa sœur. Auparavant mes parents nous ont fait le cadeau, à mes trois grands frères et moi, car je suis la cadette, d’un long voyage au cours duquel nous avons visité l’Italie, la France, l’Espagne et l’Angleterre. À notre arrivée au Québec nous nous sommes d’abord installés à Montréal Nord chez ma tante et par la suite nous avons déménagé à Longueuil.

- Vous êtes-vous adaptée facilement au style de vie québécois ?

- Au début c’était toute une adaptation ! D’abord à l’hiver et à la neige que je n’avais jamais vue, et aussi à une vie sobre qui contrastait avec l’exubérance méditerranéenne que j’avais connue. En Égypte nous parlions déjà le français mais ici j’ai dû m’adapter à l’accent pour éviter les moqueries et m’aider à me faire des amies.

- Avez-vous été très vite attirée par le monde du vin ?

- Pas du tout ! J’ai d’abord étudié en technique de garderie. J’ai terminé mes études en 1979 et j’ai été engagée à la Garderie de l’UQAM sur la rue Jeanne Mance où j’ai travaillé durant 9 ans. Pour me changer un peu les idées, un été j’ai décidé de partir faire les vendanges dans le Mâconnais avec les échanges France-Québec. C’est dans le vignoble de Jean-Jacques Lardet que j’ai découvert ma passion pour le monde du vin.

- Entrez-vous dans l’univers du vin dès votre retour à Montréal ?

- Non, je suis retournée travailler à la garderie où j’ai rencontré mon conjoint de l’époque, le papa d’un des enfants. Mon conjoint faisait alors des études en sciences politiques. Notre rencontre m’a permis de quitter mon emploi et de faire des études dans le domaine du vin. La première fois où j’ai touché au commerce du vin c’est pour Feu Jean-Louis Archat, un monument dans le milieu du vin et du fromage. Par la suite j’ai commencé à travailler dans la restauration et c’est Chez Julien que j’ai eu à collaborer avec des représentants de vins. C’est là que j’ai senti l’appel pour le commerce du vin. La première personne qui a cru en moi dans l’industrie est Monsieur Michel Mercier qui m’a référée à Monsieur Erwan Pors de chez Vins fins, agence qui a par la suite été rachetée par le groupe Pernod Ricard. Ce furent des années heureuses, de formation et de découverte. J’y ai travaillé 4 ans et l’opportunité s’est présentée à moi de me joindre à l’équipe des Vins Phillippe Dandurand. C’est Monsieur Marc Bourgeois qui m’a référée à Monsieur Raymond Nantel, à l’époque vice-président des Vins Phillippe Dandurand. J’y ai débuté le 1er  avril 1997. Les Vins Philippe Dandurand a été une grande école pour moi. J’y ai appris la rigueur. Après 13 ans j’ai eu besoin de relever de nouveaux défis et j’ai donc décidé de plonger dans une autre aventure. Je suis maintenant partenaire chez LBV International, qui est une entreprise plus petite mais en croissance, et de collaborer à son développement apporte une autre dimension à mon travail. Je crois que la vie nous mène là où l’on doit être et elle m’a fait ce beau cadeau pour mes 50 ans.

- Avez-vous eu des mentors à vos débuts ?

- J’en ai eu deux entre autres, à la fois mentors et anges gardiens, Samy Rabbat et Éliane Staziak (qui travaillait à la SAQ à l’époque et que j’avais rencontrée lors de nos dégustations des Échansons de France où j’avais été intronisée). Ces personnes ont toujours été là pour moi et à mon tour je souhaite être disponible pour d’autres.

- Comment est la vie d’un représentant en vins ?

- Être représentant est pour moi le plus beau métier du monde ! On rencontre beaucoup de gens et cette dimension humaine me nourrit. Mes clients sont pour moi comme une dynamo, leur contact me procure de l’énergie.  Il faut comprendre qu’on vit de la vente. C’est important de donner un très bon service à ses clients. Ce n’est pas un métier de 9 à 5, il faut être très disponible. Et c’est là ma force. Pour moi, tous les clients, grands ou petits, méritent d’être traités avec les mêmes égards. Un petit client peut devenir grand et on peut perdre un grand client si on n’en prend pas soin.

- Quels sont vos rapports avec les agents des autres compagnies ?


- Ils sont bons parce que je respecte mes confrères et consœurs qui font le même métier que moi et qu’il y a de la place pour tout le monde, et c’est pour cela que je suis respectée dans l’industrie parce qu’à la base j’aime les gens et j’aime travailler en réseau. J’établis des alliances. Si un client que je visite recherche des vins que je n’ai pas dans mon porte-folio, je n’hésite pas à le mettre en contact avec des agents qui en ont et avec lesquels j’ai tissé des liens d’amitié. Je pense à Esther, Sandrine, Julie, Marie, Caroline, Michel, Jean-François, Marco, Rocco, Jean-Marie, Charles … La liste est longue et je sais qu’ils et elles se reconnaîtront. Le retour d’ascenseur se fait tout aussi naturellement de leur part et c’est ça qui est merveilleux.

- Que pensez-vous des importations privées ?

- De plus en plus d’agences vont du côté des importations privées car il y a une demande. Pour moi les importations privées sont des produits complémentaires à notre porte-folio. Par contre il ne faut jamais oublier que le pain et le beurre pour nous ce sont nos produits réguliers et les spécialités. 

- Ne trouvez-vous pas qu’il y a parfois des abus, et que certains demandent des prix exagérés pour des vins qui ne les valent pas toujours ?


- Il y a encore sur notre marché d’excellents rapports qualité/prix et il y a la beauté de l’euro qui fait fluctuer les prix pas seulement à la hausse mais aussi parfois à la baisse. Par exemple mon Parallèle 45 se vend (c’est un secret !!) au prix d’il y a 10 ans !! Et pour ce qui est des importations privées, j’ai ouïe dire que la SAQ songe à publier les prix de référence de façon à ce que les consommateurs puissent y avoir accès et juger si cela en vaut la peine ou non.

- Est-ce que les buts visés à vos débuts et les buts actuels sont les mêmes ?

- On évolue toujours mais je reste néanmoins une communicatrice et j’aime ce que je fais comme au début.

- Vous impliquez-vous socialement?

- Oui.  Il y a beaucoup de causes qui m’interpellent mais les deux choses qui me tiennent le plus à cœur sont l’éducation et la santé. Je supporte la Fondation du Collège de Maisonneuve et j ai grand plaisir à collaborer avec Madame Brigitte Desjardins. Je supporte également la Fondation de l’Hôpital de Lachine avec la grande complicité de Monsieur Claude Briault.

- Qu’est-ce que vous percevez des producteurs de vins de la nouvelle génération ?

- Le vin est en mouvance. On commence à parler de plus en plus d’agriculture raisonnée et d’agriculture bio. Pour moi l’essentiel ce sont les producteurs, ce sont eux les grands magiciens de la vigne. Une fois que je les rencontre et que je vois dans leurs yeux cette flamme, cette passion qui les habite, je ne peux faire autrement que vendre leur vin avec cœur et passion à mon tour. J’ai même eu l’opportunité de rencontrer la relève pour deux de nos producteurs, Jean Sébastien Marionnet du Domaine la Charmoise et les fils de Michel Escande de Borie de Morel, et je peux vous confirmer qu’ils ont la trempe des grands.
 
- Quelles sont les choses dont vous retirez une satisfaction particulière dans votre métier ?

- Une grande liberté, l’autonomie professionnelle et la fierté du travail bien accompli à chaque jour. Le plaisir de développer des liens de confiance avec les différents acteurs du milieu du vin. C’est le lien de personne à personne qui est le plus important et ça je l’ai compris très rapidement. De plus j’ai l’opportunité  de voyager et d’aller chez nos producteurs et ça c’est très formateur. À chaque retour de voyage je dis toujours : « J’ai vu, j’ai bu et suis doublement convaincue. »  

- Quelle est votre perception de la femme dans le milieu vinicole?


- On voit de plus en plus de femmes dans la profession. Et c’est très bien ainsi.

- Quels sont les projets actuels auxquels vous tenez particulièrement ?


- Il y en a plusieurs ! J’investis beaucoup dans la formation auprès de mes restaurateurs parce que les consommateurs s’intéressent de plus en plus au vin et posent beaucoup de questions. Il est important de bien former les restaurateurs afin qu’ils soient en mesure de répondre à la clientèle adéquatement.

- Des projets futurs ? 

- Oui il y en a toujours, c’est ce qui me maintient en vie. Je collabore à un projet avec un restaurateur de Montréal (encore secret !!) qui fera sans doute boule de neige ! À suivre… Je suis heureuse d’être chez LBV et de continuer à partager ma passion du vin. Une phrase qui décrit bien ma philosophie de vie ? « L’amertume n’est bonne que dans le vin ! »


Entretien avec Roger Huet
Photographe: Julie Archambault

LES INCONNUS CÉLÈBRES 

Claude Simoneau a su appliquer les règles du réseautage  bien avant les sites sociaux, l’internet et le cellulaire. Il avait bien compris l’importance des liens émotionnels et avait mis en application les règles essentielles au développement de multiples contacts par le bénévolat et l’implication personnelle.

Il s’était constitué dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, une base de données de clients amateurs de vin qui disposaient d'importants moyens financiers et étaient prêts à dépenser. Cette base de données faisait l’envie de toute l’industrie de l’époque.
 
Nous rendons hommage à Claude Simoneau, qui  a su s’investir dans le monde du vin, avec une remarquable efficacité et une grande élégance.

Samy Rabbat
Éditeur
 
 
Roger Huet s’est entretenu avec Claude Simoneau, le 10 février 2011

 

R.H. – Claude Simoneau, vous êtes une personnalité montréalaise bien connue dans le monde du vin. Vous êtes partout et marcher à vos côtés dans un Salon c’est toute une expérience à cause de la qualité des personnes qui viennent vous dire bonjour. Est-ce qu’on peut dire que cette popularité est le fruit de toute une vie au service du vin?
C.S. – Détrompez-vous, je ne suis entré professionnellement au monde du vin qu’à l’âge de cinquante ans, quoique j’aie été membre de nombreuses associations d’amateurs de vin et de gastronomie bien avant.
 
R.H. – Parlez-nous de votre enfance.
C.S. – Je suis né en 1935 dans le quartier de Maisonneuve. Mon père Arthur  Simoneau était  dans la fabrication de chaussures avec mes oncles et mes deux sœurs aînées et leurs maris. Mon  père a été président de l’Association des manufacturiers de la chaussure pour l’Amérique du Nord. Il se retrouvait souvent des deux côtés de la frontière pour défendre les intérêts de ses membres. Nous étions quatre enfants : mes deux sœurs : Jeannine et Lucille et mon frère Jean. Je peux dire que j’ai eu une enfance heureuse car dans ces temps difficiles, nous étions à l’abri du besoin.

R.H. – Avez-vous été tenté de reprendre l’affaire de votre père à l’âge adulte?
C.S. – Non, mon père était aux premières loges pour savoir qu’il n’y avait pas d’avenir pour les manufactures de chaussures au Québec. La concurrence européenne et surtout asiatique commençait à prendre toute la place.

R.H. – Donc très jeune, vous saviez que vous deviez faire un choix de carrière.
C.S. – J’ai examiné toutes les opportunités qui s’offraient à moi. En ce temps-là la télévision démarrait vraiment et j’ai décidé d’étudier à l’Institut Teccart pour devenir électronicien. J’ai ouvert l’Atelier Simoneau TV Service  en 1956, un commerce de vente et de réparation de téléviseurs. Par la suite je me suis doté d’une formation en comptabilité administrative, en gestion des affaires et en gestion financière, et j’ai suivi des cours avancés de ventes. Mon commerce fonctionnait bien, il a duré trente-cinq ans. À cette époque les grandes chaînes n’existaient pratiquement pas et il y avait à Montréal profusion de petits commerces qui vivaient de ces services. Leurs propriétaires étaient à peu près tous, issus de l’Institut Teccart: Robert et Eugène Dumoulin, Louis Fillion, Paul Dubé, Claude Michaud et bien d’autres.

R.H. – C’était une école importante?
C.S. – Je pense bien, le Gouvernement du Canada envoyait les aviateurs pour recevoir une formation d’électronicien en radar, il y avait même une Association des anciens de Teccart dont j’ai été le président fondateur et mon secrétaire était Jean Meunier le président fondateur de l’Institut  Teccart. Par la suite j’ai aussi été le Président de la Corporation des Électroniciens du Québec.

R.H. – Est-ce que c’était une époque heureuse pour vous?
C.S. – Certainement, je me suis marié en 1957 avec Lise Lapointe, nous avons acheté notre triplex du boulevard Langelier en 1959 et mon commerce au sous-sol allait très bien. Nous avons un fils Bernard qui a aujourd’hui deux filles et ma fille France qui a un garçon. Nous avons filé le parfait bonheur jusqu’en 1980 lorsque nous avons appris que Lise à 45 ans était atteinte d’un cancer avancé. On en retire une très grande leçon de vie!

R.H. – En 1976 pendant les Jeux Olympiques de Montréal vous avez été agent de liaison pour l'Allemagne de l'Est. Parlez-vous allemand?
C.S. – J’ai été agent de liaison pour l’Allemagne de l’Est à charge des relations protocolaires et de l’asile politique sans parler allemand, mais j’avais des secrétaires trilingues. Quelle belle expérience!

R.H. – La télévision vous a amené à la photographie?
C.S. – Ce sont des mondes connexes. Je me suis tout de suite intéressé à la photographie. En 1964, j’étais membre de l’American Press Association Photographer. Petit à petit, j’ai commencé à prendre des photos d’événements  Expo 67, les Jeux Olympiques de 1976, des congrès d’électronique et des associations vineuses et gastronomiques. C’est ainsi que j’ai été initié au monde du vin.

R.H. – Un drôle de parcours, racontez-nous.
C.S. – Très tôt, je suis entré en contact avec des associations et des groupes d’amateurs de vin qui évoluaient la plupart du temps autour d’un gourmet connaisseur. C’était une époque riche, avec des personnalités aussi intéressantes que cultivés, comme Gérard Delage, Prince de la gastronomie, Roger Champoux, gastronome journaliste, Jacques Lacoursière, historien et secrétaire de la Presse gastronomique et hôtelière, Pierre Bougain,  gastronome émérite et Chevalier de l’Ordre du Mérite Hôtelier, Francis Cabane, de l’Ordre de Bon Temps, Jean-Gilles Jutras, Ambassadeur du vin au Québec, Mario Dumesnil, de la Commanderie des Vinophiles, Me Robert Poulin, de Ordre Illustre des Chevaliers de Méduse, Max Rupp, des Amis d’Escoffier, Jules Roiseux,  premier sommelier en 1963, Michel Busch, de la Confrérie de la Chaîne des Rôtisseurs, Jean-Louis Dufresne, de l’Hôtel la Sapinière, Robert Beauchemin, chroniqueur resto, Enzo Angelini, René-Luc Blaquière, un des bâtisseurs de l’ITHQ, Ghislain R. Laflamme, de la Commanderie des Costes du Rhône, Robert Henry, des Amis de Curnonsky, Thomas B Green, de la Société des Chefs Cuisiniers et Pâtissiers de Québec, André Caron formateur à la SAQ  Il y avait aussi des femmes très passionnées par le vin et très informées. Je vous cite le cas de ma sœur Jeannine Delli Colli présidente de l’Amicale des Sommeliers du Québec en 1979, Rollande DesBois Présidente de la Commanderie des Cordons Bleus de France. Il y avait aussi Émily Martin, Lucille Coté Collette, Lyse C. Coffin, Huguette Hardy de l’Ordre des Dames de la Duchesse Anne et Sylvette Péfaud de Sopexa.

R.H. – Est-ce que c’était des sortes de gourous du vin?
C.S. – Je dirais plutôt que c’était des sommités.  En parallèle il y avait des techniciens qui travaillaient brillamment. En 1981 paraît le premier Guide Phaneuf que je possède depuis 30 années, en 1985 paraît le Guide Debeur, que je possède également depuis 25 années,  Michel Phaneuf a fait la pluie et le beau temps dans le monde du vin avec Jules Roiseux. Ensuite brillent les chroniqueurs des grands médias : Roger Champoux journaliste et gastronome,  Jacques Benoit à La Presse, Marc Chapleau rédacteur au Voir  et aujourd’hui Rédacteur en chef de Le Cellier de la SAQ, Claude Langlois, au Journal de Montréal, Jean-François Demers, au Devoir, Malcolm Anderson à The Gazette, Jean Gilles Jutras, au Soleil. Patrick Rémond, éditeur de la revue Flaveurs. Il y avait aussi des femmes journalistes très influentes,  Rollande DesBois, Françoise Keller à La Presse, Claire Plante Lambin du magazine La Barrique, et Nicole Barrette Ryan qui l’a remplacée et qui a changé le nom du magazine pour Vins & Vignobles.

Il y avait tant d’autres. C’était l’époque des fameux  Jules Roiseux sommelier : Jacques Orhon, Maître sommelier, Don Jean Léandry,   et Jean Yves Bernard, il y avait également Claude Alain Cagny et Normand Bélanger tout les deux aujourd’hui professeurs au Collège La Salle en sommellerie.
 
R.H. – Parlez-nous des grandes confréries du vin.
C.S. – Je suis entré au Conseil des Échansons de France avec l’appui de ma sœur Jeannine Delli Colli en 1983. Plus tard j’ai été Maître Échanson et Grand Ambassadeur. J’ai aussi été responsable du souper-dégustation gastronomique annuel et photographe officiel pendant 25 ans. Une conférence thématique était donnée par un des membres. Elles étaient célèbres celles de  Gérard Delage, de Jules Roiseux, de Don Jean Léandry et de François Chartier à ses débuts.

R.H. – Il y a eu d’autres associations auxquelles vous avez participé activement.
C.S. – Certainement j’ai été officier chargé de presse de la Chaîne des Rôtisseurs, dont faisait partie l’honorable Normand Grimard, Sénateur et son Excellence Fulgence Charpentier était Bailli  délégué pour le Canada. C’était un vrai gourmet et un gentilhomme.  Michel Busch  qui est toujours le Bailli pour le Québec, nous accueillait dans de célèbres restaurants. J’ai été également Commandeur de la Commanderie des Cordons Bleus de France, Chevalier du Tastevin de l’Amicale des Sommeliers du Québec et aussi membre du bureau organisateur pour le 20ième  anniversaire de la section de Montréal en 1982, Chevalier de la Commanderie des Costes du Rhône. J’ai une tendresse particulière pour l’Association Canadienne de la Presse Gastronomique et Hôtelière que j’ai rejoint en 1990, elle réunit des chroniqueurs et des journalistes gastronomes prestigieux.

R.H. – Comment êtes-vous devenu représentant et conseiller en vins?
C.S. – Les grandes chaînes avaient accaparé le marché de la vente de téléviseurs  et il était devenu moins dispendieux d’en acheter un neuf que de faire réparer. J’ai vendu mon entreprise mais à cinquante ans j’étais trop jeune pour être retraité. J’ai donc commencé et à me chercher un nouveau débouché. Comme j’avais de nombreux contacts dans le monde du vin et de la restauration j’ai été approché par Sylvestre frères, qui m’ont offert un poste de représentant et de conseiller pour la restauration.
J’aime les gens et j’aime la vente, j’ai donc exercé mon nouveau métier jusqu’a  l’année 2000 avec passion. Je m’étais alloué un budget personnel substantiel pour être membre de toutes sortes d’associations, dans le but d’avoir un maximum de contacts. J’avais compris l’importance du réseautage et des bonnes relations publiques,  même avec les confrères des autres agences qui sont devenus des amis comme Serge DesMarchais, Patrick Coulibeuf, Jean Louis Archat André Girouard, Samy Rabbat, Claude Marotte, Carol Lafontaine, Roland A. Fortin, Michel Gagnière, Mady Létourneau, la petite marchande de vin.

À l’époque il n’y avait pas l’internet, tout se faisait par représentation en personne avec les restaurateurs et les hôteliers, qui devenaient des amis avec le temps comme Claude Beausoleil du Citrus – l’endroit ou Normand Laprise a commencé comme chef – comme Philipe Mollé du Saint-Honoré aujourd’hui Journaliste gastronomique et consultant en alimentation, Michel Gillet des Chenêts, Claude Violette de Chez Queux, Micheline Delbuguet de Chez la Mère Michel,  Alain Monod du Neufchatel aujourd’hui au Club Universitaire de Montréal, Christian Lévêque du Ritz-Carlton  aujourd’hui à l’hôtel Inter-Continental, Bernard Ragueneau de l’hôtel de la Montagne et Patrick Tréard du restaurant Le Lutecia.

Aujourd’hui je me plais à dire que je suis Pensionné du vin, mais je suis encore et toujours un  Passionné du vin.

R.H. – Claude Simoneau, je vous souhaite de profiter des bonnes rencontres gastronomiques et bachiques. Vous avez de belles années devant vous pour parfaire cette belle retraite, et vous savez que c’est un autre métier à plein temps.
C.S. – Merci.

NOTE DE L'ÉDITEUR: Merci de laisser vos commentaires sur le site ou sur son courriel directement: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
mercredi, 03 mai 2017 08:45

Les vins mystiques de Luce

Frescobaldi est une ancienne famille de vinificateurs du nord de l’Italie. Elle s’est installée en Toscane il y a 700 ans et a toujours combiné la tradition, l’expérience, l’innovation et la créativité dans une poursuite incessante de l’excellence. 

roger vins mystiques de luce marquis lamberto frescobaldiMarquis Lamberto Frescobaldi

Plus qu’aucune autre famille, les Frescobaldi ont célébré la diversité des terroirs. Dans leurs grands domaines ils ont su maintenir l'identité et l'autonomie de chaque propriété.

Bien plus à l’ouest, à des milliers de kilomètres, Robert Mondavi a profondément marqué l’industrie vinicole californienne en revendiquant la possibilité de faire des vins de qualité avec une personnalité typiquement californienne. Cela impliquait que le vin devait exprimer la personnalité d’un raisin gorgé de soleil et de lumière et son terroir. En cinquante ans il a transformé l’industrie du vin en Californie et a su lui donner une personnalité. 

roger vins mystiques de luce robert mondaviRobert Mondavi

La rencontre du Marquis Lamberto Frescobaldi et de Robert Mondavi a été déterminante car ces deux êtres, qui avaient inlassablement recherché le Graal à travers la qualité absolue du vin, se mettaient d’accord pour créer un vin d’exception sur les terres du Chianti. Les objectifs pécuniaires étaient exclus, pour se consacrer à l’art de faire un grand vin, dans le plus grand respect du terroir, des cépages et de la tradition. Le vin porterait le nom de Luce, car le raisin serait produit dans un des domaines très exclusifs de la famille Frescobaldi, le Luce della Vite, qui signifie Vigne de lumière. Ce vignoble est exceptionnel parmi tous ceux que possèdent les Frescobaldi, car c’est un des plus hauts de l’appellation, à près de 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ses conditions de luminosité exceptionnelles permettent d’obtenir des raisins d’une parfaite maturité.

roger vins mystiques de luce paire

Le premier vin de Luce a été produit en 1991 sur la base de l’équilibre entre le Sangiovese et le Merlot. La proportion reste toujours proche de 50/50 d’une année à l’autre. La fermentation dure environ 12 jours, suivie d’une macération avec les peaux de 4 semaines. Élevage de 18 mois jusqu’en 2007 et de 24 mois à partir de 2008, dans des petits fûts neufs, à hauteur de 80 à 100% selon les années.

Le vin a un taux d’alcool qui varie entre 13,5 degrés et 14,5 degrés d’un millésime à l’autre, et a un taux d’acidité qui frôle le 6%.

Monsieur Mondavi, très âgé, a vendu ses parts sur la production de Luce à la famille Frescobaldi en 2002. Le groupe canadien Constellation Brands lui a racheté toutes ses autres propriétés en 2004. Il s’est éteint en 2008, à l’âge de 94 ans.

La production annuelle du Luce dépasse rarement les 100 000 bouteilles, et reste plus proche des 80 000. Elles sont toutes vendues dans l’année de leur mise en marché.

La famille Frescobaldi a décidé de construire un chai écologique pour la production des vins de Luce. Il a la particularité d’être souterrain, pour ne pas altérer le paysage. Il a une architecture de cathédrale, et c’est un bijou de technologie.

L’agence Mark Anthony Wines & Spirits m’a invité à rencontrer le Marquis Lumberto Frescobaldi, son directeur technique Stéfano Ruini et le directeur pour l’Amérique du Nord, Alessandro Lunardi, pour une dégustation verticale, en compagnie de quelques confrères.

Les millésimes de Luce à déguster étaient 1997, 1999, 2006, 2008, 2010 et 2012.

Nous avons commencé par le millésime 1997. Un vin raffiné qui exhibe une belle couleur rubis, à peine plus claire que les millésimes les plus récents. Des arômes chauds de cassis et de framboise, un soupçon de vanille et de clou de girofle. En bouche c’est un vin généreux, élégant avec ces tanins veloutés, une énorme complexité et encore beaucoup de fraîcheur.

Au fur et à mesure que les millésimes évoluent, les robes se font plus foncées, plus violines, les bouquets ont toujours des notes fruitées, mais ils développent aussi des parfums de tabac, de cuir, de chocolat noir, d’épices douces; dans certains millésimes on note des arômes de menthe et de réglisse. Le millésime 2006 est magnifique et d’un équilibre parfait. Le 2010 est un vin extraordinaire. Sa robe est rouge pourpre. Son bouquet est généreux, complexe, les fruits rouges ressortent en premier, mais il y a tout de suite après des épices: cannelle cardamone, noix de muscade, un soupçon de menthe, des notes de moka, d’amande, de vanille. Une bouche à la fois tendre et charmeuse, et pourtant fringante, avec des tanins très intéressants. Un bel équilibre entre l’acidité et l’alcool et une force aromatique qui va in crescendo avec une présence minérale très claire. Une grande longueur en fin de bouche.

À partir du millésime 2012, ils utilisent des clones qui donnent des baies de Sangiovese plus petites, donc plus concentrées et plus aromatiques. La robe est couleur rubis très soutenu. Le bouquet est profond et d’une complexité étonnante, de cassis et de framboise, de poivre noir, de balsamique, d’épices douces qui se terminent dans des notes de réglisse. En bouche les tanins sont savoureux, la masse fruitée vous caresse le palais tandis que l’acidité apporte beaucoup de fraicheur. Un équilibre remarquable et une longue finale gourmande.

Après la dégustation, nous avons célébré avec un repas, réalisé par les soins de Gino Mourin, au restaurant Sinclair, qui est l’Ambassadeur de Luce à Montréal. Nous avons ainsi découvert d’autres produits Luce, dont une merveilleuse huile d’olive extra-vierge, qui est produite pour la première fois et en petite quantité. Espérons qu’elle sera disponible bientôt au Québec.

roger vins mystiques de luce huile olive extra vierge

Comme apéritif, on nous a servi des tranches fines de Prosciutto San Daniele en rosace, avec un Pinot Grigio IGT Venezia Giula 2015 de la maison Attems.

Attems Pinot grigio 2015 est disponible à la SAQ, code 11472409. Prix 19,95$.

roger vins mystiques de luce groupeMM. Frescobaldi, Ruini et Lunardi entourant une journaliste

Au premier service nous avons apprécié un duo de lapin «Stanstead» ballotine et cuissot, écrasé de Nantaises laquées à l’érable, légère Dijonnaise de Meaux.

roger vins mystiques de luce duo lapin

Il était accompagné d’un excellent Lucente IGT Toscane 2014, 60% Merlot, 40% Sangiovese.

Le Lucente est le second vin de Luce, et le raisin provient du même vignoble que lui, mais les vignes sélectionnées sont plus jeunes pour donner un vin d’un style contemporain, qui reflète son terroir. Le vin mûrit pendant 12 mois dans la salle des fûts du domaine Luce della Vite à Montalcino et est ensuite mis en bouteille dans la cave.

roger vins mystiques de luce lucente2014

Robe rubis, légèrement plus claire que le Luce. Bouquet de groseille, de framboise, de mûre, et d’abricot. En bouche c’est un vin charnu, corsé, avec des tanins à la fois fringants et agréables. Une belle masse fruitée, beaucoup de fraîcheur. Facile à boire et élégant. Le mariage mets-vin était très réussi.

Le Lucente 2014 est disponible à la SAQ, code 860627. Prix 33,35$.

roger vins mystiques de luce jacques belecJacques Bélec, le directeur des Produits de spécialité chez Mark Anthony Wines & Spirits, veillant au succès de chaque détail.

En second service nous avons dégusté un filet mignon de bœuf «Black Angus», nappage Rossini (au foie gras), pommes Dauphin, sauté de mini zucchini et de pâtissons rôtis.

roger vins mystiques de luce boeuf angus

Il était accompagné de deux vins parfaits: le Luce Brunello di Montalcino 2012 et le Luce della Vite 2014.

Sur les 77 hectares du vignoble de Luce della Vite, seulement 5 sont officiellement inscrits au Registre de Brunello di Montalcino DOCG. Le raisin du vin que nous avons dégusté provient de là. Le Luce Brunello Montalcino s’aligne sur le chemin de l'excellence de ce terroir de rêve. Le Sangiovese représente la tradition séculaire et le Merlot l’innovation, car il n’a été intégré dans les terres de Montalcino qu’en 1976.

roger vins mystiques de luce brunello2012

Magnifique robe rubis soutenu. Bouquet de groseille, de framboise, de fraise, d’abricot, de pruneau, de confiture de violette et de poivre noir. Également des notes de cannelle, de cuir, et de fourrure.

En bouche c’est un vin charpenté, bien équilibré, riche en alcool. Tannique et cependant assez souple, charnu et avec une belle matière fruitée en bouche. Une longue finale pleine de charme.

Le Luce Brunello di Montalcino 2011 est disponible à la SAQ, code 11593809. Prix 119,25$.

Le deuxième vin dégusté avec ce mets était le Luce IGT Toscana 2014, qui est la suite des vins de la verticale dégustés plus haut.

roger vins mystiques de luce luce2014

La robe est couleur grenat. Bouquet flamboyant et complexe de cassis, framboise, poivre noir, balsamique, avec des notes de réglisse. En bouche les tanins sont intéressants. Les arômes fruités et l’acidité apportent beaucoup de fraicheur. Une belle et longue finale.

Le Luce IGT Toscana est disponible à la SAQ dans le millésime 2013, code 12547450. Prix 114,25$.

Nous avons terminé le repas avec un dôme de chocolat au cacao de Cuba, cœur de praline, tuile de sésame et un excellent expresso de la Jamaïque. 

roger vins mystiques de luce dome chocolat

À la façon des anciens Romains, je marquerai cette journée d’une pierre blanche.

LIENS :

Frescobaldi 

Luce della Vite 

Marquis Lamberto Frescobaldi, président
Stefano Ruini, directeur technique
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Représentés au Québec par Mark Anthony Wines & Spirits

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Tél.: 514 798-5306

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., directrice comptes majeurs restauration 
Tél.: 514 798-5313

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., coordinatrice des ventes  
Tél.: 514 798-5316

Restaurant Sinclair, ambassadeur des vins de Luce della Vite 
Tél.: 514 284 3332
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414, rue Saint-Sulpice, Montréal (Québec) H2Y 2V5

Roger Huet
Chroniqueur vins
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com
LaMetropole.com
Touristica.ca

Le Golden Mille, ou Mille d’or, n’est pas seulement le quartier le plus riche en architecture de Montréal, mais c’est aussi un quartier qui regorge de restaurants de qualité.

En profitant de la Semaine des restos qui se termine le 30 avril, je suis allé déjeuner au restaurant du Musée des beaux-arts avec une amie. Le Menu spécial 3 services de midi ne coûte que 35$.

Nous avons eu l’agréable surprise d’apprendre que Laurent Godbout, chef propriétaire de Chez l’Épicier à Montréal et à Palm Beach, signe le menu du Beaux-Arts Restaurant avec le chef exécutif Aymeric Halbmeyer. Ensemble ils travaillent à relever une partie du Beaux-Arts Bistro en restaurant gourmet créatif dont les mets sont inspirés des expositions du Musée. Aujourd’hui c’est l’exposition Chagall. Leur cuisine se fait un point d’honneur d’employer des produits frais du terroir québécois.

roger diner avec chagal entree musee beaux arts
Le restaurant se trouve du côté de la baie vitrée qui donne sur le lobby. Nous avions réservé, notre table était prête; on nous a placés et la fête a commencé avec un Cocktail d’inspiration Chagall: Champagne, jus de canneberges et de cassis, que nous avons savouré lentement, avec gourmandise.

roger diner avec chagal cocktail champagne canneberges cassis
Pour ouvrir le bal on nous a apporté des beignets de moules aïoli, aux citrons brûlés, poireaux braisés. Les beignets étaient savoureux et les poireaux croquants.

roger diner avec chagal beignet de moules

La carte des vins est intéressante. J’ai choisi un Bordeaux et mon invitée un Sancerre.

Nous avons jeté notre dévolu sur le Surf and turf de bœuf braisé et pétoncles, polenta crémeuse, sauce au vin rouge, qui était un pur bonheur de délicatesse et de goût.

roger diner avec chagal surf turf boeuf braise
Au dessert nous avons choisi respectivement un Cheesecake déconstruit, à la lime, confit d’ananas et émulsion de fèves tonkas

roger diner avec chagal chesecake lime
et un Parfait glacé à l’érable, confiture d’argousier, granola maison. Une douceur juste à point et un équilibre de tous les éléments.

roger diner avec chagal parfait glace erable
Le chef Aymeric Halbmeyer est venu nous dire bonjour.

roger diner avec chagal nico fugita chef aymeric halbmeyerLe chef Halbmeyer avec la journaliste Nico Fugita

C’est un jeune chef, avec déjà une énorme expérience, passionné de cuisine. Il s’est juré de transformer son restaurant dans une des meilleures tables de Montréal, mais à prix acceptables.

Pour finir, je veux vous montrer un des plats inspirés du tableau le Poisson bleu avec bouquet de fleurs, de Chagall.

roger diner avec chagal inspiree poisson bleu chagal
Nous sommes sortis ravis.

Le restaurant, comme le bistro, étaient pleins; il vaut mieux réserver.

Liens :

Restaurant du Musée des beaux-arts 
1380, rue Sherbrooke Ouest
Montréal (Québec) H3G 1J5
514 285-2000, option 7

Montréal a reçu la visite de Frédéric Bonnaffous, le directeur des Domaines Dourthe. Il est en charge de 500 hectares de vignobles de neuf châteaux dans la région de Bordeaux. Une énorme responsabilité et un style à défendre.

roger frederic bonnaffous vient davoir une ideeFrédéric Bonnaffous vient d’avoir une idée

Le style Dourthe, très particulier et très qualitatif, a été défini ainsi par Patrick Jestin, le président de la Maison: « Depuis 1840, chez Dourthe, nous avons développé, au fil des ans, une culture particulière marquée par le lien à la terre, l’esprit d’équipe, le goût du bon, l’obsession du meilleur. Et peu à peu cette culture a été l’origine d’un style, le style Dourthe, devenu aujourd’hui une référence de qualité à Bordeaux».

Pour Frédéric Bonnaffous, son premier souci est d’avoir une connaissance précise des sols et des sous-sols. Chez Dourthe, ils ont mis en place une cartographie détaillée de chaque vignoble, qui leur permet d’orienter les choix viticoles que chaque parcelle impose: choix des cépages et des porte-greffes, adaptation des travaux viticoles aux contraintes hydriques.

Son deuxième souci c’est de revenir au raisin, sa référence, tout en tenant compte des exigences de l’appellation. Pour cela, à chaque vignoble, il adapte le matériel végétal et la densité de plantation aux études du terrain et au rendement recherché. Il porte une attention extrême au pied de vigne par des soins raisonnés tout au long du cycle végétatif et fait des vendanges parcellaires pour ne récolter que les raisins mûrs. Tous les vignobles sous sa gouverne sont Terra vitis certifiés. Terra vitis est la signature des vignerons français qui respectent la nature, les hommes et les vins.

Des domaines de rêve: en 1929, la famille Dourthe acquiert le Château Maucaillou à Moulis. En 1979, la maison prend l’exploitation du Château Belgrave, Grand Cru Classé Haut Médoc. En 1990, ils achètent le Château Pey La Tour, Bordeaux Supérieur, et le Château La Garde, Pessac-Léognan. En 1995, ils prennent l’exploitation du Château Le Boscq, Cru Bourgeois Saint-Estèphe. En 1998, ses trois dirigeants, Jean-Marie Chadronnier, Patrick Jestin et Xavier Gouvars, reprennent la maison et confirment sa vocation familiale. En 2005, ils reprennent l’exploitation du Château Grand Barrail Lamarzelle Figeac Saint-Émilion Grand Cru. En 2007, Dourthe intègre la maison familiale champenoise Alain Thiénot, qui devient actionnaire majoritaire. Patrick Jestin est nommé président de Dourthe. Trois propriétés bordelaises de la famille Thiénot: Château Rahoul, Château de Ricauld et Château Haut Gros Caillou intègrent alors les Vignobles Dourthe. En 2014, ils rachètent le Château Reysson, Cru Bourgeois Haut-Médoc, dont ils étaient en charge depuis 2001.

Chacun de ces châteaux produit des vins d’exception, mais il y en a un qui est Essence de Dourthe, le chef-d’œuvre des vignerons! Huit hectares de vignes ont été sélectionnés dans les plus grands terroirs de graves et d’argiles où l’on cultive le Merlot, le Cabernet-Sauvignon et le Petit-Verdot, les plus racés. Des créations exceptionnelles des vignerons, Essence, est l’assemblage final et rare, car seules 6000 bouteilles sont produites par millésime depuis 2002.

roger essence de dourthe

J’ai eu le privilège de déguster Essence en compagnie de Frédéric Bonnaffous, de Bertrand Lathière, directeur Export Canada – États-Unis, de Vanessa Besnard, coordonnatrice chez Philippe Dandurand, et de quelques confrères. Essence est hors norme.

roger vanessa besnard bertrand lathiereVanessa Besnard et Bertrand Lathière

Je vais vous parler de deux vins Dourthe que j’aime beaucoup. Le premier est le Château Rahoul Rouge 2012, Membre de l'Union des Grands Crus - AOC Graves, 65% Merlot, 35% Cabernet Sauvignon, 13,5 degrés d’alcool.

roger domaine chateau rahoulChâteau Rahoul

Vendanges manuelles par tris successifs. Macération préfermentaire à froid sur certains lots. Fermentation alcoolique en cuve inox thermo‐régulée. Fermentation malolactique en barriques de certains lots! Élevage de 12 mois en barriques, dont 20 à 30% renouvelées chaque année.

roger chateau rahoul

Voici comment Frédéric Bonnaffous décrit son vin: «Le nez expressif présente des arômes de fruits rouges frais, croquants, un boisé fin et délicatement fumé. L’attaque est ronde et souple. Des tanins onctueux lui confèrent un joli volume en bouche avec une trame bien équilibrée. La finale assez longue, savoureuse et fraîche, exprime l’élégance du terroir de Rahoul».

Ce vin de gastronomie accompagne avec bonheur les grillades, les ragoûts, l’agneau, et il est particulièrement heureux avec une assiette de fromages. Je suggère de le laisser reposer en carafe pendant une heure, et de le servir de le servir à 17 degrés Celsius. C’est un vin de longue garde, qui sera délicieux au moins jusqu’en 2024.

Le Château Rahoul Rouge AOC Graves 2012 est disponible à la SAQ, code 12391387. Prix 29,85$.

Le deuxième vin est le Château Pey La Tour, Réserve du château AOP Bordeaux supérieur 2014, 88% Merlot, 10% Cabernet Sauvignon et 2% Petit Verdot, 14,5 degrés d’alcool.

roger domaine chateau pey la tour

La propriété de 176 hectares a un des plus jolis terroirs de l’appellation. Il a été remodelé depuis 20 ans pour pratiquer une viticulture exigeante alliée à une vinification exemplaire.

Le Château Pey La Tour, au-delà de son appellation, est un modèle de grand vin abordable.

Élevage de 12 mois en fûts de chêne, dont 45% de bois neuf.

Frédéric Bonnaffous le dépeint ainsi: «Robe dense et brillante. Le nez bien fruité aux notes légèrement épicées précède une bouche pleine, enveloppante de fruits noirs, frais, soutenue par une belle fraîcheur et des tanins présents mais soyeux. Jolie finale persistante marquée par le fruit, les épices et encore quelques tanins qui vont se fondre».

roger chateau pey la tour
Un vin charmeur et polyvalent qui peut se marier facilement avec les viandes, les pâtes, les cuisines exotiques épicées et sucrées-salées. Il gagne à reposer en carafe une trentaine de minutes. On doit le servir à 16 degrés Celsius. Il est bon à boire, mais peut se conserver en cave jusqu’en 2021.

Le Château Pey La Tour, Réserve du château AOP Bordeaux supérieur 2014, est disponible à la SAQ code 00442392. Prix 21,55$.

Liens:

Les Vignobles Dourthe 

Frédéric Bonnaffous, directeur des domaines Dourthe

Bertrand Lathière, directeur Export Canada – États-Unis
Thiénot Bordeaux - Champagnes
Cell.: 438 404-1183

Représentés au Québec par Vins Philippe Dandurand 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., coordonnatrice Marketing  
1304, avenue Greene, Westmount (Québec) H3Z 2B1
Tél.: 514 932-2626, poste 293

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Tél.: 514 932-2626, poste 301

Roger Huet
Chroniqueur vins
Président du Club des Joyeux
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RH – Alessandro Berselli, Alma Wines est non seulement votre création, mais aussi votre chef-d’œuvre. Elle fait ressortir l’âme du vin italien dans sa tradition séculaire. D’où est venue votre inspiration?

ALESSANDRO BERSELLI – L'inspiration m'est venue avec le temps, en voyageant à travers le monde, en faisant la rencontre de producteurs italiens et d'importateurs et distributeurs internationaux. J'ai compris l'importance de respecter les traditions vinicoles italiennes séculaires, tout en répondant au mieux aux diverses nouvelles tendances et dynamiques des marchés internationaux.

RH – Je vous cite: Terroir, terroir et toujours terroir. Voilà la clé de lecture du grand succès international que connaissent les vins italiens. Quelle est votre définition du terroir?

ALESSANDRO BERSELLI – Le terroir est la combinaison de différents éléments: le sol, la vigne, le climat, la tradition, l'expérience humaine, l'amour et la passion pour la viticulture. Ces terroirs varient très fortement en Italie, de région en région... avec la richesse de plus 100 cépages autochtones.

RH –Alma Wines est le résultat de 25 ans d’expérience internationale dans le vin. Racontez-nous votre parcours.

ALESSANDRO BERSELLI – Je suis né et j'ai grandi en Italie, où j'ai terminé mes études avec un diplôme en Économie. Ma passion pour le vin, mon amour pour l'Italie, et ma curiosité à découvrir le monde et ses diverses cultures m'ont porté à fonder ALMA en 2003. J'ai créé cette société pour répondre aux exigences des marchés internationaux, tout en mettant au centre le caractère unique de mon pays, de sa culture et de ses traditions portées d'histoire.

RH – Qu’est-ce que vous avez appris dans des pays aussi éloignés que les États-Unis et le Japon, que vous avez apporté à Alma Wines?

ALESSANDRO BERSELLI – Du Japon, j'ai appris le respect pour le client, la précision, la fiabilité et l'importance de la ponctualité dans les réponses aux demandes. Les États-Unis m'ont appris énormément au niveau commercial, de par leur grand savoir-faire en Marketing.

RH – Alma Wines est plus qu’une maison de négoce. Comment réussissez-vous à inculquer vos principes fondamentaux aux vignerons avec lesquels vous travaillez?

ALESSANDRO BERSELLI – Nous avons des rapports privilégiés avec des viticulteurs italiens depuis plus de 20 ans. Avec le temps, nous sommes arrivés à leur transmettre nos principes de qualité et notre professionnalisme.

RH – Vous travaillez dans la plupart des régions vinicoles italiennes, du Piémont à la Sicile. Pouvez-vous nous les décrire?

ALESSANDRO BERSELLI – L'Italie, avec sa configuration géographique et sa longue histoire, est un pays complexe qui, également dans la production vinicole peut se définir comme unique au monde. Chaque région vinicole d'Italie est un monde en soi, avec ses propres traditions et exigences. Il est impossible de décrire en peu de mots les différentes cultures, histoire, géographie et traditions des différentes régions italiennes. Chacune d'entre elles a ses singularités et est vraiment unique!

RH – Quels sont les cépages autochtones régionaux et les cépages internationaux avec lesquels vous réussissez si bien?

ALESSANDRO BERSELLI – Parmi les très nombreux cépages autochtones italiens, le Sangiovese, le Nebbiolo, le Primitivo, le Nero d’Avola, le Pinot Grigio, le Vermentino et le Cannonau nous donnent le plus de satisfaction. En ce qui concerne les cépages internationaux, nous pouvons citer le Pinot Noir, le Cabernet Sauvignon, le Merlot et le Chardonnay.

RH – Vous vous êtes laissé tenter par la production directe avec la création de la Société Agricole Alma Vineyards en 2014. Envisagez-vous acheter d’autres domaines dans l’avenir?

ALESSANDRO BERSELLI – Nous évaluons les possibilités d'investir en Salento (Pouilles), une des régions italiennes les plus sous-estimées, ainsi que dans les Langhe, vu que les vins du Piémont sont depuis toujours très importants pour ALMA.

RH – Vous avez réussi à bâtir des équipes solides qui défendent votre philosophie, autant à l’intérieur de votre maison que parmi vos distributeurs dans le monde. Je pense à Roberto Gerbino, à Claudio Giorgi, à Silvia Sgargi, à Laura Guidoni, à Dayuri Perez, à la bellissima Martina Gozzi, à Eleonora Longhi, à Yoshiko Jifuko, et plus près de nous au Canada à Georges Stefanopoulos. Est-ce que cela a été difficile de les convaincre de l’importance de votre philosophie pour créer un style Alma?

ALESSANDRO BERSELLI – L'équipe cosmopolite d'ALMA est composée de grands professionnels, qui ont compris et interprété au mieux la philosophie, l'esprit et la mission d'ALMA, dont le nom complet est, ne l'oublions pas "the Soul of Italian Wine". La préparation, le professionnalisme, la flexibilité, la cohésion d'équipe et le contact constant, voici ce que je recherche dans les personnes qui collaborent avec moi quotidiennement.

RH – Vous produisez combien de lignes de vin et combien d’étiquettes?

ALESSANDRO BERSELLI – 14 marques, et plus de 60 étiquettes de vins différents.

RH – De quel ordre est votre production en nombre de bouteilles?

ALESSANDRO BERSELLI – Environ 2,5 millions de bouteilles produites et vendues en 2016.

RH – Quelle est la part que vous destinez à l’exportation et quelles places occupent le Canada et le Québec dans vos ventes?

ALESSANDRO BERSELLI – Le Canada représente environ 5% de notre volume, et le Québec est la province la plus importante pour nous.

RH – Votre philosophie et votre style pourraient aussi s’appliquer à d’autres pays de tradition séculaire comme la France, l’Espagne, le Portugal ou l’Allemagne. Croyez-vous que vous pourrez résister à leur appel?

ALESSANDRO BERSELLI – ALMA est une société Italienne et continuera à focaliser son énergie, ses ressources et sa recherche pour améliorer et propager la connaissance des vins Italiens dans le monde: il y a encore beaucoup à faire comme ça!

RH – Merci de m’avoir accordé cette entrevue, ALESSANDRO BERSELLI.

FATTORIA DI RUPPIANO

FATTORIA DI RUPPIANO

J’ai dégusté 7 vins de la maison Alma Wines.

Le premier c’est l’ASTORRE NOTI BRUNELLO DI MONTALCINO DOCG 2009, Sangiovese Grosso 100%, 13 degrés d’alcool.

La collection Astorre Noti est dédiée au grand-père d’Alessandro Berselli et représente l’héritage de l’excellence Toscane. C’est ici que le cépage Sangiovese trouve les conditions climatiques idéales, et s’exprime de façon magistrale. Il est à la base de nombreux grands rouges toscans. Le Brunello di Montalcino, avec sa production soumise à des limites territoriales restreintes, représente l’interprétation la plus accomplie de l’élégance, y compris dans les variantes Riserva et Rosso di Montalcino.

Les vignes ont un âge moyen de 25 ans et poussent sur les sols sablonneux, riches en quartz et en argiles du pliocène.

Fermentation et macération pendant environ 20 jours à température contrôlée. Élevage de 12 mois en barriques de chêne français de l’Allier suivi de 18 mois en foudres de chêne de Slovénie. Un an de repos en bouteille.

AstorreNoti brunelloMontalcino

Robe rubis avec un reflet grenat. Bouquet de fruits noirs: cerise, groseille et mûre, mais aussi framboise, abricot et confiture de violette.

En bouche c’est un vin charpenté, plaisant, avec des tanins virils mais élégants, ronds et riches.

Il accompagnera avec superbe les viandes rouges rôties; parfait avec le gros gibier, mais aussi avec les volailles nobles: le faisan, la pintade, les cailles au vin, délicieux également avec un plateau de fromages à croûte dure, le parmesan, le comté du Jura ou le Gruyère vieilli en grottes. Je suggère de le servir à 17 degrés Celsius. Il gagne à reposer en carafe durant une trentaine de minutes.

L’ASTORRE NOTI BRUNELLO DI MONTALCINO DOCG 2009 est vendu en importation privée par l’Agence Essencia. Prix 69$.

En deuxième place j’ai dégusté le FATTORIA DI RUPPIANO SELACHUS SANGIOVESE – CABERNET SAUVIGNON TOSCANA IGT 2014.Un assemblage de 80% Sangiovese et 20% Cabernet Sauvignon, 13 degrés d’alcool. Un autre vin de la collection Astorre Noti.

Le domaine agricole toscan Fattoria Di Ruppiano est propriété d’Alma Wines. Il est situé à Castelnuovo Berardenga, au cœur de la région du Chianti Classico et il est membre du «Consorzio Vino Chianti Classico Gallo Nero».

La propriété comprend 13 hectares de vignes de Sangiovese, de Merlot et de Cabernet Sauvignon, ainsi que des chais. Elle représente le cœur de la production des vins Alma en Italie, avec un contrôle de l’ensemble de la production, de la vigne jusqu’à la bouteille. Non seulement on y élabore de nouveaux crus, mais on optimise la production des vins en provenance de producteurs de tout le pays. La Fattoria Di Ruppiano cultive aussi des oliviers et produit des huiles d’olive extra vierge de grande qualité.

Les vignes ont une moyenne d’âge de 25 ans et poussent sur des sols argilo-calcaires. Vendanges manuelles.

Fermentation, et macération pendant 15 jours à température contrôlée, suivie d’une fermentation malolactique; élevage en fûts de chêne français, dont environ 10 % de bois neuf.

Fattoria Selachus

Robe rouge rubis. Bouquet de fruits noirs et de fruits rouges, de cassis, de cèdre, d’épices, de réglisse, de moka et de vanille.

En bouche, c’est un vin ample, généreux, bien structuré, avec des tanins assez virils mais avec une certaine rondeur. Beaucoup de fraîcheur.

Ce vin convivial et assez souple, accompagnera avec bonheur une assiette de viandes froides et de fromages affinés, il sera délicieux avec les viandes rouges et blanches, avec les pâtes et les champignons. Il doit être servi à 17 degrés Celsius.

Le FATTORIA DI RUPPIANO SELACHUS SANGIOVESE – CABERNET SAUVIGNON TOSCANA IGT 2014 est vendu en importation privée par l’Agence Essencia. Prix 31$.

J’ai dégusté ensuite l’ARBÉTA BAROLO D.O.C.G. 2010, 100% Nebiolo, 14 degrés d’alcool.

Le Nebbiolo, est le plus noble cépage italien et la racine commune du Barolo et du Barbaresco, avec son riche éventail d’arômes variétaux. L’Arbéta Barolo est produit par Ténuta Arbéta à Castiglione Falletto et Monforte d’Alba dans le Langhe, au cœur du Piémont. C’est une région noble sur la carte de la vitiviniculture italienne, qui a été insérée dans la Liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Les vignes ont en moyenne 25 ans d’âge. Elles poussent sur un sol argilo-calcaire

La vinification est rigoureuse et commence par la macération et fermentation pendant une période d’environ 20 jours à température contrôlée. Élevage en fûts de chêne français pour un minimum de 24 mois.

Arbeta

Robe rouge grenat avec des reflets dorés. Bouquet floral de violette, de pétales de rose et d’iris, de fruits rouges et de fruits noirs également, ainsi que de réglisse, de thé, de truffes et d’épices.

Ample et puissant en bouche; les tanins sont veloutés, élégants. On perçoit une bonne dose d’acidité qui apporte beaucoup de fraîcheur et une très agréable masse fruitée de framboise, de fraise et de groseille rouge. Il se termine dans une longue fin de bouche épicée avec des notes de vanille.

L’ARBÉTA BAROLO accompagnera merveilleusement les viandes, les savoureux ragoûts, les fromages, les truffes blanches du Piémont bien sûr, et les tourtes aux marrons et aux noisettes. Il doit être débouché et décanté au moins 1 heure avant le service et servi à 17 degrés Celsius.

L’ARBÉTA BAROLO D.O.C.G. 2010 est disponible en importation privée, auprès de l’Agence Essencia. Prix 59$

J’ai ensuite dégusté le BERSELLI & GERBINO CHARDONNAY Signature Collection 2014. La bouteille est large et courte et porte le numéro 728, Édition 14, signée par l’œnologue Roberto Gerbino. 100% Chardonnay, 13,5 degrés d’alcool.

Le raisin est cultivé dans des vignobles du Frioul et de Lombardie. Fermentation en fûts avec «bâtonnage» pour une partie de l’assemblage et fermentation traditionnelle à température contrôlée pour l’autre partie.

Berselli e Gerbino Chardonnay

Robe jaune doré brillant. Parfums de poire, de tilleul, de noisette, d’amande grillée, de fruits exotiques, de tarte aux pêches, de beurre et de fleur d’acacia.

En bouche c’est un vin ample, riche, particulièrement bien équilibré, avec beaucoup de gras et de volume. Une belle acidité, de la minéralité et une grande élégance. Jusqu’en fin de bouche on perçoit son fruit riche, et sa fraîcheur.

Délicieux avec les fruits de mer, le poisson et la volaille. Il accompagne aussi avec bonheur les pâtes et les fromages de chèvre. Je suggère de le servir à 10 degrés Celsius.

Le BERSELLI & GERBINO CHARDONNAY Signature Collection 2014 est disponible en importation privée auprès de l’Agence Essencia. Prix 21$.

En cinquième place j’ai dégusté le BERSELLI & GERBINO MERLOT, Signature Collection. La bouteille est large et courte, elle porte le No 92, Édition 13, signée par l’œnologue: Roberto Gerbino.

Ici le Merlot provient de vignobles du Piémont, de la Lombardie et des Pouilles. Vinification traditionnelle en rouge, macération prolongée et 12 mois d’élevage en barriques.

Berselli e Gerbino Merlot

Robe rouge intense aux reflets violets. Bouquet à prédominance de fruits rouges: fraise, framboise, groseille et cerise rouge. Des notes de pruneau, de violette et de cannelle, de réglisse et de cardamone.

Rond en bouche, puissant, riche, charnu, avec une belle matière fruitée et une bonne persistance en fin de bouche.

Ce superbe vin relève le goût des viandes en général, que ce soit du bœuf, du veau, du porc ou de la volaille. Il se marie parfaitement avec les sauces et avec des champignons. Je suggère de le servir à 16 degrés Celsius.

Le BERSELLI & GERBINO MERLOT, Signature Collection, est disponible en Importation privée auprès de l’Agence Essencia, Prix 28,80$.

J’ai continué la dégustation avec le MASSERIA SUPRENO, PUGLIA IGT 2014, un assemblage de 80% Sangiovese et 20% Merlot, 14 degrés d’alcool.

Ce vin de conception classique est un hommage à l’identité régionale. La tradition millénaire et le goût contemporain se rencontrent dans ce Masseria Supreno, des Pouilles, où Alma récolte les raisins des principaux cépages de la région. La savante combinaison de deux cépages magistraux: le Sangiovese, cépage autochtone roi, en Italie, et le Merlot, roi à Bordeaux. Les raisins proviennent de la région de Canosa dans les Pouilles et sont cultivés à 250 mètres d’altitude. Les vignes ont un âge moyen de 25 ans et sont cultivées sur un sol calcaire.

Macération et fermentation d’environ 20 jours. Élevage en fûts pendant 12 mois dont 30% neufs.

Supreno Sangiovese Merlot

Robe rubis soutenu. Notes de fruits des bois: groseille, framboise, mûre, abricot, pruneau, violette; des notes balsamiques avec de la réglisse et des arômes de chocolat et d’épices douces.

En bouche c’est un vin équilibré, charnu et riche en alcool, souple, tannique, mais qui tend à s’arrondir avec l’âge. Une longue finale très gourmande.

Magnifique compagnon des repas copieux, car il se marie très bien avec les viandes et les fromages. Je suggère de le servir à 17 degrés Celsius.

Le MASSERIA SUPRENO, PUGLIA IGT 2014, est disponible en Importation privée auprès de l’agence Essencia. Prix 20$.

J’ai terminé la dégustation avec le SOTTO IL SOLE, SICILIA IGP NERO D’AVOLA 2014. Son nom veut dire Né du Soleil; 100% Nero d’Avola, 14 degrés d’alcool.

Ce vin incarne l’essence de l’Italie méditerranéenne, et son patrimoine de raisins issus d’un sol sablonneux et calcaire. La vigne pénètre profondément dans la terre, ce qui la rend résistante à la chaleur du soleil. Elle puise la richesse de la terre et du ciel et la restitue dans les baies pour se retrouver concentrée dans chaque gorgée de vin. Culture et vinification locale du Nero d’Avola, parmi les vignobles et les caves de Trapani et de Marsala, à l’extrémité occidentale de la Sicile. Les vignes ont en moyenne 25 ans d’âge. Elles sont cueillies à l’aube pour maintenir la fraîcheur. Le raisin est d’abord stabilisé dans le froid, ensuite la vinification se fait à température contrôlée, le vin est élevé 6 mois en fûts de chêne usagés.

SottoIlSole NeroDavola

Robe rouge foncé, intense. Superbe éventail de parfums de fruits noirs qui vont de la cerise noire à la prune, en passant par des notes de réglisse, d’eucalyptus, de poivron et de tabac.

En bouche c’est un vin qui a beaucoup de corps, très goûteux, avec des notes balsamiques. Ses tanins sont très présents mais veloutés et élégants. Un bon équilibre entre l’acidité et l’alcool. Une belle longueur fruitée et agréablement fraîche.

En bouche c’est un vin très versatile qui se marie admirablement avec les poissons gras, les viandes rouges et blanches, les pâtes, les champignons et les fromages. Je suggère de le servir à 16 degrés Celsius.

Le SOTTO IL SOLE, SICILIA IGP NERO D’AVOLA 2014 est disponible à la SAQ, code 12114646. Prix 20$

Les vins d’Alma Wines sont élégants et authentiques et faits pour le plaisir. 

Liens:

Alessandro Berselli

Alma Wines 

Sylvie Ménard
Syme
Conseillère spécialisée pour le marché du vin, QC-Canada
Skype: s.menard
Cell: 514 836-7184
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Représentés au Québec par Agence Essencia 

Georges Stefanopoulos, président

Jean-François Gendron, vice-président des ventes et marketing
Tél.: 514 916-9113
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Roger Huet
Chroniqueur vins
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com
LaMetropole.com
Touristica.ca

dimanche, 16 avril 2017 12:41

Malbec, l’âme de l’Argentine vinicole

À l’occasion de la Journée Internationale du Malbec, Maryline Demandre, la représentante officielle de Wines of Argentina au Québec, m’a accordé cette entrevue.

RH – Maryline Demandre, qu’est-ce que Wines of Argentina et quelle est sa fonction dans le monde?

MARYLINE DEMANDRE – Wines of Argentina est une organisation qui, depuis 1993, fait la promotion des régions viticoles de l’Argentine dans le monde entier. Nous organisons de nombreux événements tels que foires, salons professionnels, dégustations et autres activités au Canada, aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie et en Europe.

RH – L’Argentine est le deuxième plus grand pays de l’Amérique du Sud, il partage la pointe sud du continent avec le Chili.

MARYLINE DEMANDRE – L'Argentine est vraiment un grand pays, dont la superficie est de 2 791 810 kilomètres carrés. Il a une longueur 3 700 kilomètres du nord au sud et le pays compte environ 44 millions d'habitants.

roger malbec lame de largentine vinicole carte vinicole argentine

RH – L’Argentine est aussi un des gros producteurs mondiaux de vin.

MARYLINE DEMANDRE – Oui, la culture du vin est très importante pour l’Argentine. C’est le cinquième pays producteur au monde, devant le Chili, avec une production annuelle de 1,340 millions de litres (OIV, 2016).

RH – Depuis quand l’Argentine fait du vin?

MARYLINE DEMANDRE – La production du vin en Argentine remonte au 16e siècle, pendant la colonisation des Amériques par l’Espagne. La culture du raisin, ainsi que la production de vin, a commencé comme dans beaucoup de pays d'Amérique, par des cépages locaux (Vitis labrusca, Vitis rupestris...) qui ne sont pas de la même souche que les cépages européens (Vitis vinifera). Ces cépages locaux donnent au vin un goût foxé (rude et acide), alors, rapidement, les moines franciscains ont fait venir d'Europe les meilleurs cépages.

Le Malbec a fait son apparition au milieu du XIXe siècle, par l'entremise de l’agronome français Michel Aimé Pouget, qui l’a introduit en Argentine.

RH – Quelles sont les régions vinicoles argentines?

MARYLINE DEMANDRE – Les plus importantes régions viticoles se trouvent dans les provinces de Mendoza et de San Juan, aussi appelées région de Cuyo, dans la région du nord-ouest comprenant La Rioja, Catamarca, Salta et Jujuy et dans la Patagonie, à l’extrême sud.

C’est toutefois la province de Mendoza qui concentre 60 % de la production de vins argentins.

Le vignoble argentin couvre 223 000 hectares. La production se répartit à raison de 55% pour le vin rouge, 20% pour le vin blanc et 25% pour le vin rosé.

roger malbeclamedelargentinevinicole

RH – Quels sont les cépages les plus cultivés en Argentine?

MARYLINE DEMANDRE – Le Malbec est le cépage rouge emblématique de l’Argentine; viennent ensuite le Bonarda, le Cabernet Sauvignon et la Syrah.

Pour les vins blancs, c’est le Torrontés qui est prédominant, suivi du Chardonnay et du Sauvignon Blanc.

Le Torrontés est né d’un croisement entre le cépage Criolla et le Muscat d’Alexandrie. Il produit des vins rafraîchissants, aux arômes muscadés, épicés et d'agrumes, rappelant parfois le Gewurztraminer.

RH – Est-ce que les Argentins sont des grands consommateurs de vin?

MARYLINE DEMANDRE – Oui, le vin occupe une place importante en Argentine avec 22,6 litres par habitant et par an, loin après la France, certes, avec 45 litres par habitant et devant le Canada, avec 12,5 litres par habitant.

RH – Le 17 mars on célèbre la Journée Internationale du Malbec.

MARYLINE DEMANDRE – La Journée Mondiale du Malbec est une initiative internationale visant à positionner le Malbec argentin à travers le monde, tout en célébrant le succès de l’industrie vinicole argentine. Depuis sa première édition, le 17 avril 2010, elle connaît un succès remarquable.

Cette nouvelle édition explorera le concept du Malbec en tant que cœur de l'Argentine. Transformé en véritable moteur d'innovations, le Malbec a contribué à la croissance exceptionnelle de l'industrie vinicole argentine dans les vingt dernières années.

Au-delà du vin, le Malbec, c'est le fruit du travail, de la culture, de l’individualité et du développement des producteurs argentins. Chaque bouteille est l'expression même de ce qui particularise l'Argentine. Chaque bouteille parle des mains, de la dextérité et de l'âme des vignerons. Le Malbec témoigne du savoir-faire, du mode de vie argentin; il requiert technique, originalité et passion.

RH – Quelles sont les principales maisons qui produisent du vin de Malbec en Argentine?

MARYLINE DEMANDRE – Parmi les plus connues, mais surtout les plus représentées au Québec, on note Trapiche, Catena, Norton, Nieto Senetiner et Zuccardi.

RH – Comment va-t-on célébrer la Journée Mondiale du Malbec au Québec?

MARYLINE DEMANDRE – Au Québec, les célébrations se traduiront par un concours des vins argentins pour la relève en sommellerie, organisé à Montréal en collaboration avec l’ITHQ et le consulat d’Argentine.

Nous invitons aussi tous les amateurs à trinquer ensemble le 17 avril avec un verre de Malbec et à partager leur toast sur le réseau social de leur choix: Facebook, Twitter ou Instagram, en identifiant @wineofarg et en ajoutant le mot-clic #malbecworldday.

RH – Est-ce que l’oenotourisme se développe en Argentine?

MARYLINE DEMANDRE – Les touristes à la recherche d'expériences sensorielles autour du vin sont de plus en plus attirés par les nouvelles offres des vignobles argentins. Ils veulent non seulement visiter les vignobles et rencontrer les vignerons qui créent le vin, mais aussi découvrir la cuisine typiquement argentine.

L’oenotourisme a ajouté une nouvelle attraction sur les routes du vin avec les restaurants viticoles. La «gastronomie argentine» se réinvente, connaît une croissance soutenue, s'adapte à la demande et obtient des reconnaissances et des récompenses internationales. Elle est devenue même un aspect clé dans la promotion du vin. Les chefs sont de nouveaux ambassadeurs du vin argentin et ils sont maîtres dans l'art d’accorder les mets avec le vin. Les vins argentins, d’ailleurs, ont une place de choix sinon exclusive sur leurs cartes.

RH – Vous avez apporté 4 vins pour déguster. Ils représentent la typicité du Malbec d’Argentine.

MARYLINE DEMANDRE – Nous commençons par deux vins de la maison Catena. Alma Negra M Blend 2014 d’Ernesto Catena et Catena Mendoza 2015, qui a été produit par sa sœur Laura. Ils sont la quatrième génération de cette célèbre famille de vignerons argentins.

RH – Nous débouchons l’Alma Negra M Blend 2014.

MARYLINE DEMANDRE – Le domaine Catena a été fondé par Nicola Catena à Mendoza, en 1902. Il avait quitté l’Italie en 1898 avec sa famille, à la recherche d’un meilleur destin. Il était fasciné par le vin et croyait que la région des Andes offrait un terroir et un climat propices pour faire de grands vins. L’avenir lui a donné raison.

Alma Negra nous rappelle la fascination des vignerons latino-américains pour le mystère et le démon. Alma negra veut dire le mal absolu, donc le malin. L’étiquette est noire et on voit dans la pénombre le visage de Belzébuth. C’est un assemblage de Malbec et de Bonarda dont les proportions varient chaque année. Le millésime 2014 contient: 85 % de Malbec et 15% de Bonarda, 13,5 degrés d’alcool.

Le raisin provient d’un vignoble altitude, le Vista Flores, dans la vallée de l’Uco, qui est travaillé en biodynamie. Élevage en barriques de chêne français et américain de deuxième et troisième usage pendant 8 mois.

roger malbec lame de largentine vinicole alma negra

RH – Robe rouge foncé intense. Bouquet de prune, de réglisse et de tabac. Le Bonarda apporte des parfums de fraise, de framboise, de menthe et de chocolat. En bouche il montre beaucoup de tempérament. Il est assez tannique mais joyeux, car le Bonarda arrondit les tanins très virils du Malbec. Sa masse aromatique est intéressante et dans l’ensemble il montre un bel équilibre avec l’alcool et l’acidité. La finale est longue, fringante et fraîche.

MARYLINE DEMANDRE – C’est un vin qui accompagnera agréablement les viandes, surtout les rôtis, avec des frites. Il est bon également avec l’agneau et les mets relevés de la cuisine sud-américaine. Je suggère de le servir à 16 degrés Celsius et on peut le conserver en cave une dizaine d’années.

RH – L’Alma Negra millésime 2015 est disponible à la SAQ, code 11156895. Prix 19,20$, Représenté par l’Agence Trialto – Réserve et Sélection.

MARYLINE DEMANDRE – Nous dégustons maintenant le Catena Mendoza 2015, 100% Malbec, 13 degrés d’alcool. Il exprime bien l’esprit puriste de Laura Catena, la scientifique. C’est un vin ciselé, porté sur le fruit.

roger malbec lame de largentine vinicole catena

RH – Belle robe rouge intense. Bouquet de cassis, de groseille, de framboise et un peu de violette.

En bouche il est ample, joyeux, les tanins sont virils mais intéressants, la masse fruitée est très agréable, une bonne dose d’acidité le rend digeste; il est équilibré et a une longue finale gourmande.

MARYLINE DEMANDRE – Il est fait pour accompagner les viandes, surtout en grillades, mais sera également délicieux avec des pâtes, avec un risotto et avec des fromages. Je suggère de le boire à 17 degrés Celsius, on peut le conserver en cave pendant une dizaine d’années.

RH – Le Catena Mendoza 2015, est disponible à la SAQ, code 00478727. Prix 20,45$. Représenté par l’Agence Trialto.

MARYLINE DEMANDRE – Nous passons maintenant à une autre intéressante maison qui fait du Malbec, je me réfère à Zuccardi. Nous dégustons le Zuccardi Q Malbec 2014, 14 degrés d’alcool.

Vendanges manuelles. Zuccardi est le spécialiste de la microvinification. Il a étudié ses terroirs par des méthodes satellitaires et également par infrarouge. Il sait pour chaque sillon quelle est la composition exacte de ses sols et il vinifie séparément 500 cuvées. Ce travail de fourmi lui permet d’obtenir les vins qu’il souhaite. Les combinaisons sont infinies. Ce Malbec a vieilli en fûts de chêne français neufs.

roger malbec lame de largentine vinicole zucardi malbec

RH – Robe rouge grenat, avec des reflets bleus. Bouquet de cassis, de mûre, de groseille, des notes de tabac et de chocolat; un soupçon de menthe et de vanille.

Ample en bouche, généreux, fruité, avec des tanins virils mais élégants, qui ont une certaine rondeur. Beaucoup de fraicheur, une belle consistance et un grand équilibre. Une fin de bouche longue et fruitée, pleine de charme.

MARYLINE DEMANDRE – C’est un très beau Malbec que je suggère de marier, de préférence, avec le bœuf, mais aussi avec l’agneau, avec des oiseaux nobles comme le faisan, la pintade et les cailles. Il faut le servir à 17 degrés Celsius et gagne à reposer en carafe une trentaine de minutes. Il peut se conserver en cave une dizaine d’années.

RH – Le Zuccardi Q Malbec 2014 est disponible à la SAQ, code 11218460. Prix 22$. Représenté par Élixirs Vins et Spiritueux.

MARYLINE DEMANDRE – Nous allons conclure avec le Newen Reservado, Malbec 2015, 100% Malbec, 14,1 degrés d’alcool.

La Bodega del fin del mundo, ou de la fin du monde, se trouve en Patagonie argentine. Le climat est extrême. À force de persévérance ils ont créé de nouveaux vignobles à San Patricio del Chañar, au Neuquén. Ce domaine compte Michel Rolland comme œnologue conseil.

Vendanges manuelles, fermentation alcoolique avec macération avec les peaux pendant 25 jours, suivie d’une fermentation malolactique. Élevage pendant 4 mois en fûts de chêne français.

roger malbec lame de largentine vinicole newen

RH – Robe rouge intense avec des reflets violets, presque noirs. Bouquet de violette, de prune, de confiture de framboise, un peu de vanille, des notes de noix de coco.

Une bouche fringante, avec une belle acidité, des arômes fruités, une note fumée, une bonne minéralité; un vin qui surprend et qui séduit, agréable jusqu’en fin de bouche.

MARYLINE DEMANDRE – Ce Malbec appelle les viandes grillées, mais il ira aussi très bien avec des croquettes de poulet ou de morue; il accompagnera merveilleusement une paella. Je suggère de le servir à 16 degrés Celsius. Il a un potentiel de garde d’environ 4 ans.

RH – Le Newen Malbec Reservado 2015 est disponible à la SAQ, code 11156810. Prix 17,55$. Représenté par LBV international. www.lbvinternational.com

RH – Merci de m’avoir accordé cette entrevue, Maryline Demandre.

MARYLINE DEMANDRE – Merci à vous, Roger. Je vous propose de déguster d’autres excellents Malbec argentins une prochaine fois.

Liens :

Wines of Argentina 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., représentante officielle de Wines of Argentina pour le Québec 

Roger Huet
Chroniqueur vins
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jeudi, 13 avril 2017 08:49

Les grands Malbec des Vigouroux

À l’occasion de la Journée Mondiale du Malbec le 17 avril, je vais vous parler d’une maison française qui a fait sa vocation de ce cépage, il s’agit de la Maison Georges Vigouroux.

Les Vigouroux étaient des négociants en vins depuis 1887 et ont connu les années noires où le phylloxéra a dévasté le vignoble français. Persévérants et ambitieux, ils finirent par devenir prospères autour de 1910. La Première Guerre mondiale leur donna des sueurs froides car les vignobles alsacien, bourguignon et champenois furent pratiquement anéantis. Comme les Vigouroux travaillaient surtout avec le Sud-Ouest et la région de Bordeaux, ils réussirent à tirer leur épingle du jeu.

Georges Vigouroux, troisième génération, reprit le flambeau en 1963 et donna une dimension nationale à l’entreprise de négoce en développant l’activité de vins en bouteilles. Il était fasciné par le Malbec, connu aussi sous les noms de Côt et d’Auxerrois. C’est un cépage difficile à travailler, mais qui peut donner des vins plein de charme. Les Anglais du Moyen Âge avaient donné le nom de Black Wine au vin de Malbec.

Dans ces années 60, le Malbec était assez peu cultivé en France, il y en avait à Cahors, où le terroir aride et sec, froid l’hiver et chaud et ensoleillé l’été lui convient parfaitement; il était aussi apprécié en Loire, surtout en Touraine et en Anjou, et dans le Languedoc comme cépage d’appoint. Par contre, en Argentine, sur les pentes raides et arides des Andes le Malbec règne en maître. Georges Vigouroux pensait que ce beau cépage méritait un meilleur sort en France et décida de le promouvoir.

Pour l’amour du Malbec, il ira jusqu’à se faire vigneron. Il découvre le château de Haute-Serre, qui autrefois avait produit des vins remarquables et qui était abandonné à cause des ravages du phylloxéra. Il l’achète en 1970 et entreprend la restauration du domaine et la reconstruction de son vignoble. Les vignes occupent aujourd’hui 60 hectares intégralement situées dans l’appellation Cahors, avec principalement du Malbec, un peu de Tannat et de Merlot. Ces trois cépages servent à la vinification de vins rouges classés AOC Cahors. Ses vins plaisent aux consommateurs et les experts ont des mots élogieux.

roger malbec vigouroux chateau mercuesChâteau de Mercuès

Georges Vigouroux est heureux de constater qu’il ne s’est pas trompé et quelques années plus tard, il acquiert le Château de Mercuès, Le Château Leret Montpezat, et finalement le Château Tournelles, à Buzet. L’étendue de son domaine est maintenant de 150 ha, tous châteaux confondus.

Dans les années 1990, Bertrand-Gabriel Vigouroux, quatrième génération et œnologue de formation, intègre l’entreprise et lance le concept des «Atrium» des boutiques-caves pour mettre en valeur les vins du Sud-Ouest et les produits régionaux.

Dans les années 2000, toujours à la recherche de perfection, Bertrand-Gabriel Vigouroux explore le Malbec des terroirs français aux bodegas argentines et le vignoble de Mendoza. Il s’attache, avec son célèbre condisciple Paul Hobbs, à créer des vins haut de gamme, issus de parcelles exceptionnelles, comme en témoigne la collection «Icône».

Il effectue en même temps de nombreux investissements au Château de Haute-Serre et au Château de Mercuès, pour que ses installations soient respectueuses de l’environnement. En homme avisé, il inaugure en 2008 la «Table de Haute-Serre », restaurant bistronomique créé dans les chais du château éponyme, au milieu des barriques. Il aménage ensuite le Château de Mercuès, qui date du Treizième siècle, en Relais et Châteaux, aujourd’hui étoilé du Guide Michelin.

L’oenotourisme de Georges Vigouroux a cédé la place à l’agritourisme de Bertrand-Gabriel, prônant le respect et la mise en valeur des produits régionaux: Malbec, truffe et safran.

J’ai dégusté le Grand Vin Seigneur, Château Haute Serre, Malbec 2013, 85% Malbec et 15% Merlot, 13,5 degrés d’alcool.

Les vignes ont 30 ans de moyenne d’âge. Elles poussent sur des coteaux d’altitude, avec un ensoleillement long et généreux, et un sol calcaire et argileux propice au Malbec.

Vendanges mécaniques. Chez les Vigouroux, on pratique essentiellement la microvinification dans de petites cuves inox, à température contrôlée, pour préserver au plus près la nature du raisin. Vient ensuite le vieillissement jusqu’à 18 mois en barriques de chêne neuves.

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Robe rouge profond, avec des reflets violets. Bouquet intense de prune, de mûre, de réglisse, de tabac et de vanille.

En bouche son attaque est riche, puissante et corsée. Les tanins sont nombreux mais ronds, élégants; il y a une belle masse fruitée avec des notes poivrées, une acidité qui apporte beaucoup de fraîcheur. C’est définitivement un vin viril et fringant, qui sait se montrer généreux jusqu’en finale.

Ce vin gourmand accompagnera avec bonheur les viandes rouges, mais il est aussi délicieux avec un magret de canard, avec du veau, avec un gigot d’agneau. Accompagné d’une sauce au Roquefort ou aux champignons sauvages, il est inoubliable. Je suggère de le servir à 17 degrés Celsius, ou même à 18, selon les mets. C’est un vin de longue garde qui est bon à déguster dès maintenant, mais qui se conservera sans problème au moins jusqu'en 2028.

Le Château Haute Serre, Malbec 2013 est disponible à la SAQ, code 00947184. Prix: 24,60$.

J’ai dégusté ensuite le Château de Mercuès 2014 AOC Cahors. 88 % Malbec et 12% Merlot, 13 degrés d’alcool.

Les vignes poussent sur les graves argilo-calcaires des communes de Caillac et de Mercuès. Sélection parcellaire, macération préfermentaire, remontages longs. Élevage de 12 mois en fûts neufs de chêne de l’Allier.

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Robe rouge-noir aux reflets bleutés. Bouquet de fruits noirs confiturés, de prune, de cassis, de mûre, de myrtille, avec des notes de violette, de poivre noir et un peu de réglisse.

La bouche est puissante, généreuse, charmeuse, avec des tanins abondants, boisés et délicats. Des arômes de griottes confites et d’épices douces se fondent avec l’acidité, en parfaite harmonie avec l’alcool. Une finale onctueuse un peu poivrée, fruitée et rafraichissante.

Ce vin accompagnera avec panache le bœuf et le gibier à poil et à plume. Un délice avec le canard du Lac Brome. Il aime également les mets mijotés, et tous les fromages. Il gagne à reposer en carafe une trentaine de minutes et doit être servi à 16 °C. C’est un vin qui peut se conserver jusqu’en 2030.

Le Château de Mercuès 2014 est disponible à la SAQ, code 00972471. Prix: 24,95$.

Joyeuse Journée Mondiale du Malbec à toutes et à tous!

Liens :

Maison Georges Vigouroux 

Représentés au Québec par Vins Philippe Dandurand 
1304, avenue Greene, Westmount (Québec) H3Z 2B1
Tél.: 514 932-2626, poste 298

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Tél.: 514 932-2626 

Roger Huet
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lundi, 10 avril 2017 07:56

Le Skinos réinvente la fête!

J’ai devant moi une bouteille de Skinos, cette magnifique eau de vie grecque qui est faite de larmes de Mastiha. Le Mastiha est un arbre cultivé sur l’île de Chios, qui produit une résine très parfumée, qui vous caresse doucement le nez et le palais.

roger skinos

J’ai découvert le Skinos le 24 septembre 2009. Nous participions à un banquet grec organisé par Steve Kriaris, l’actif président du Groupe Kolonaki de Toronto, champion des ventes de vins grecs au Canada. Il y avait aussi Samy Rabbat, pour qui je commençais à écrire sur le vin, et cinq chroniqueurs chevronnés. Nous étions là pour rencontrer Demetre Steinhauer, le propriétaire de la maison Skinos. C’était un garçon dans la trentaine, d’une parfaite élégance, qui en plus du grec, parle impeccablement le français, l’anglais, l’espagnol et le portugais. Demetre aime la vie, la fête et l’Amérique latine, qu’il connaît comme la paume de sa main.

roger skinos banquet grec

Demetre Steinhauer, Roger Huet et Samy Rabbat

Nous avons commencé la dégustation du Skinos à l’apéritif, avec un Skinos on the rocks! Ensuite, ce fut la valse des plats: des salades au homard, des délices aux feuilles de vigne, un poisson excellent, des cailles farcies, des pâtes… tout, absolument tout, préparé avec une touche de Skinos!

Au milieu du banquet, nous avons parlé des dieux. Demetre nous racontait que les Grecs étaient le seul peuple qui avait un dieu pour la fête: Dionysos, copié plus tard par les Romains sous le nom de Bacchus. Comment voulez-vous qu’un peuple qui a un Dieu pour la fête ne sache pas faire la fête? Nous avons évoqué la belle île de Chios et le Banquet de Platon, juste un peu, parce que les réflexions sur la démocratie semblent un peu desséchantes, quoique bien arrosées, elles paraissent déjà sous des couleurs plus chatoyantes. On raconte que les Sultans ottomans qui ont dominé la Grèce pendant quatre siècles, avaient octroyé de grands privilèges à l’Île de Chios parce qu’une partie de la production d’eau de vie de Mastiha était envoyée pour les harems du Sultan. Considérez que ces harems avaient parfois cinq mille femmes! Et maintenant, imaginez cinq mille femmes dégustant le Mastiha en même temps, cela ne devait pas être ennuyeux!

Nous avons continué le repas avec des vins grecs, mais un peu avant le dessert, on nous a apporté un verre de Med. Dans un verre rempli de rondelles de citron, de feuilles de basilic, avec un peu de sirop de canne et de la glace pilée, on ajoute du Skinos, un peu d’eau gazeuse et encore de la glace pilée. La joie jaillit comme par magie de ce verre et de nos cœurs! Après un dessert délicat, nous avons bu un shooter de Skinos pur. Alors nous avons eu envie de danser comme Zorba le Grec, d’avoir la mer bleue tout autour et de briser des assiettes à la fin du repas. Le Skinos, c’est vraiment la fête!

roger skinos frais

Skinos frais

Il y a des dizaines de cocktails qu’on fait avec du Skinos. Certains sont simples et rafraichissants comme le Skinos tonic, ou le Skinos sour. D’autres sont magnifiques comme le Romeo et Julieta ou le Celery Martini, qui goûtent le ciel. Je vous recommande le Pikro, le Cosmopolis, le Peppy Skinos, le Punch, le Smokey tears, sans oublier les shots comme le Classic Chilled Shot, le Coroborante, ou le Spicy. Le South of Heaven a remporté le concours de cocktails méditerranéens en 2013! 


roger skinos south of heaven2South of Heaven

Si vous avez du talent pour les cocktails, vous pourriez vous inscrire au Skinos Mediterranean Cocktail Challenge 2017, la date d’inscription finit le 20 avril et les finalistes vont gagner un voyage à Athènes! 

Levons nos verres au Skinos et à la joyeuse fête grecque!

Le Skinos Mastiha, 30 degrés d’alcool, est disponible à la SAQ, code 11039470. Prix 34,75$ la bouteille de 700 ml.

Également disponible à LCBO en Ontario, vintages 91033. Prix 34,95$.

Liens :

Demetre Steinhauer

Skinos Mastiha Spirit

Page Facebook 

Représentés au Québec par :
Chris Dedes
514 803-3180

Représentés en Ontario par le Groupe Kolonaki

Roger Huet
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lundi, 03 avril 2017 08:45

Joel Gott 815 Cabernet Sauvignon 2014

En 1996, Joel Gott et sa copine Sarah, une vigneronne de Napa, décident de se lancer dans l’aventure du vin.

Joel achète 5 tonnes de raisin à son voisin et ami d’enfance Tom Dillian et ils vinifient leur premier Amador County Zinfandel.

L'Amador Vintner's Association compte une quarantaine de membres vinificateurs. Elle dispose de chais et de salles de dégustation dans le Comté d'Amador, et permet à ses membres de les utiliser selon leurs besoins. Les membres sont unis pour la promotion de leurs produits.

roger joel sarah gott

Le vin de Joel Gott s’est vendu en quelques semaines et ce premier succès lui a permis d’acheter la production de 12 vignobles. À partir de cette date, Joel et Sarah, qu’il épouse sur le champ, précisent leur philosophie vinicole: travailler avec des raisins de la meilleure qualité pour offrir des vins expressifs et conviviaux à des prix avantageux. Bientôt le couple commence à se fournir en raisin dans différentes parties de la Californie pour faire des vins avec plus de richesse aromatique et d’équilibre. C’est ainsi qu’ils lancent leur California Zinfandel.

Dans leur obsession de qualité, ils établissent des liens de confiance avec leurs vignerons fournisseurs et les aident à élever la qualité de leur raisin. De son côté, Sarah, qui travaille pour d’autres vinificateurs, acquiert de l’expérience dans le Cabernet Sauvignon et en 2003, Joel Gott va produire son premier Cabernet Sauvignon.

Un peu plus tard, vient s’ajouter à leur portfolio un California Sauvignon Blanc, avec toujours du raisin de première qualité ramassé dans plusieurs régions de la Californie.

Le talent de vinificateur de Joel Gott le conduit à une collaboration avec la maison Three Thieves et depuis 2009 avec Trinchero Family Estates. Il peut désormais augmenter la distribution de ses vins et se dégager de cette tâche pour se concentrer sur la vinification et à l'innovation.

La Trinchero family est une maison qui a été fondée il y a plus de 70 ans par l’immigrant italien Mario Trinchero, qui a quitté New York avec sa famille pour s’établir vigneron en Californie. Ils sont devenus des géants dans la production et la distribution, avec plus de 45 marques de vins et spiritueux de prestige international.

Joel Gott, pour sa part, se consacre aujourd’hui à la production de cinq vins: le California Zinfandel, le Californie 815 Cabernet Sauvignon, le Sauvignon Blanc de Californie, le Monterey Chardonnay non boisé, et finalement le Washington Riesling.

J’ai dégusté le Joel Gott 815 Cabernet Sauvignon California 2014, 13,9 degrés d’alcool.

Le raisin provient de régions aussi diverses que Lodi, où il se caractérise par son goût parfumé et sa texture douce, le Lac County qui lui apporte sa minéralité et sa richesse aromatique, Napa qui apporte au vin sa complexité, la Côte Centrale de Paso Robles et de Monterey qui ajoutent de la couleur et des tanins, Happy Canyon au sein de Santa Ynez qui donne des baies concentrées et Sonoma, où le fruit a une touche épicée.

Après la récolte, les fruits de chaque vignoble sont triés et égrappés avant d'être fermentés en lots individuels. Les lots sont élevés pendant un an et demi dans des fûts de chêne, dont 25% neufs, pour être finalement assemblés en fonction de leur l’équilibre.

roger joel gott cabernet sauvignon2014

Belle robe rouge soutenu, bouquet vif de cassis, de cerise noire et de mûre, avec des notes de vanille, de cèdre, d’épices, ainsi qu’un soupçon de moka, de cacao et de réglisse, qui se pointent déjà et qui sont très agréables.

En bouche c’est un vin intéressant, puissant, avec une belle structure tannique, mais avec beaucoup de rondeur. C’est un vin viril et corsé avec une belle masse fruitée et un parfait équilibre entre l’acidité et l’alcool. Une longue finale gourmande et fraîche.

Ce Cabernet Sauvignon est doué pour accompagner les viandes rouges, les grillades et les hamburgers; excellent avec les pâtes, avec les mets épicés et avec les fromages. Je conseille de le servir à 16 degrés Celsius. On peut le laisser reposer en carafe une trentaine de minutes.

Le Joel Gott 815 Cabernet Sauvignon California 2014 est disponible à la SAQ, code 12257014. Prix 23,70$.

Liens :

Joel Gott Winery 

Trinchero Family Estates Winery 

Représentés au Québec par Vins Philippe Dandurand

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Tél.: 514 932-2626, poste 257

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Roger Huet
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