mardi 23 janvier 2018
Vins en épicerie
Samy Rabbat

Samy Rabbat

Je suis un «réseauteur dans l’âme» et je suis en charge du développement des affaires dans les réseaux de l'agroalimentaire, des alcools et de l'hospitalité (HRI-HORECA). Mes objectifs sont de vivre en très bonne santé financière, en équilibre et en harmonie.

Egypte, belle inconnue. Pays aux mille secrets. Terre des sphinx, des pyramides, des pharaons, des hiéroglyphes.

Toi qui nous fais rêver depuis notre plus tendre enfance, nous baladant sur le Nil au grès des vents. Mais qu’es-tu donc devenue ? Où sont passées ta grandeur et ton âme ? Nous débarquons au Caire et nous tombons des nues. La capitale est venue se coller aux pyramides de Gizeh : Khéphren, Mykérinos et Khéops – seule des sept merveilles du monde de l’Antiquité à avoir survécu. L’aridité du désert se ressent dans chaque ruelle de la ville. Les murs tiennent à peine debout. L’atmosphère est pesante. Et pourtant, le Caire a gardé une beauté pudique, discrète, presque gênée. L’Egypte, qui a longtemps été une terre de vin, abrite encore quelques hectares de vignes, à mi-chemin entre le Caire et Alexandrie. Une belle carte postale.

La viticulture égyptienne, l’une des plus anciennes du monde

Rendez-vous compte : la vigne est cultivée en Égypte depuis 3000 ans avant notre ère, soit plus de 2000 ans avant l’apparition de la culture de la vigne en France !

Bien loin des fastes de l’époque gréco-romaine, c’est en 1882 que la viticulture est relancée dans le pays, sous l’impulsion de Nestor Gianaclis, un homme d’affaires grec. Il créa de toutes pièces le domaine Gianaclis Wines, qui connut son apogée entre 1930 et 1945 – durant l’Age d’Or de l’Egypte – avant d’être nationalisé en 1966 par Nasser, puis privatisé en 1999. Gianaclis Wines, avec ses 12 hectares de vignoble, appartient depuis 2002 à Al-Ahram Beverages Company (groupe Heineken). Et ça tombe bien, nous avons rendez-vous avec le domaine pour une visite des vignobles. En route !

Lire la suite sur ce lien du Figaro

NOTE DE L'ÉDITEUR

Il y a quelques années, j'avais eu des échantillons de vins. Ces bouteilles avaient été confié à Feu Jules Roiseux pour une dégustation professionnelle. Dans les années 80, ces bouteilles de vins n'auraient pas pu supporter un long voyage. Aujourd'hui c'est une autre histoire.

dimanche, 05 octobre 2014 13:53

Journalisme vs Relations Publiques

Frères ennemis
Une étude se penche sur les rapports complexes entre journalistes et relationnistes.

Le journalisme est en crise ? Normal, toute la société l’est ! Résultat : le Québec compte maintenant six fois plus de professionnels des relations publiques que de journalistes. Ce qui n’excuse pas pour autant les nombreuses erreurs diffusées par les médias.
   
La carte professionnelle électronique de Ben Tamblyn annonce qu’il est « directeur, storytelling et communications corporatives Microsoft, Seattle ». Il se présente aussi très sérieusement comme « évangéliste technologique », c’est-à-dire gourou du culte de son entreprise. Sa secte « produit divers contenus qui donnent vie à la marque Microsoft », selon l’introduction à la conférence qu’il prononçait récemment à Montréal dans le cadre des Rendez-Vous médias d’Infopresse.
  
Ben Tamblyn a raconté à plusieurs centaines de spécialistes du marketing et des « communications corporatives » comment il s’y prend pour convaincre les médias traditionnels de raconter les histoires qui avantagent sa marque. Comment l’évangéliste convertit les reporters à la bonne nouvelle de Microsoft, quoi. Comme le journalisme en pince pour les récits bien racontés, le prêcheur postmoderne les attire avec de belles histoires à se mettre sous le clavier ou la lentille. Il a lui-même décortiqué au pur sucre les structures des contes de fées à imiter, puis fournit des exemples concrets.
  
En voici un. Les médias ne s’intéressaient pas au nouveau « smart campus » de la compagnie à Redmond, près de Seattle dans l’État de Washington, un complexe hypertechno et überécolo inauguré il y a quelque 18 mois. Le dossier de presse traditionnel a été présenté à une quinzaine de journalistes. Aucun n’a mordu.
 

« Nous avons alors produit des photos, des vidéos très alléchantes et nous les avons diffusés nous-mêmes sur les réseaux sociaux,a sermonné le sermonneur. En 48 heures, nous avions plus d’un million de connexions et une quinzaine de reportages ont finalement été écrits sur le sujet. »

  
L’évangéliste s’est aussi vanté d’avoir placé la même photo « corporative » montrant de hauts dirigeants de la boîte à la une de plusieurs grands journaux. Il a aussi fait écrire plusieurs articles sur un programme de traduction en misant sur l’histoire d’un des concepteurs américains qui l’utilisait pour dialoguer avec sa belle-mère chinoise. Un autre beau conte de fées.
  
L’info corpo
  Ainsi va une partie de la vie médiatique. Un reportage sur le sujet du Financial Times, pas vraiment une feuille de chou gauchiste, annonçait le 21 septembre « The Invasion of Corporate News », en expliquant là encore la confusion croissante des genres. Dans certaines villes américaines, les grandes entreprises lancent carrément des publications pour relayer leur propagande industrielle.
  
Les médias traditionnels sont en crise. Au mieux, le nombre de journalistes se stabilise, ici comme ailleurs. Par contre, les spécialistes des « communications corporatives » ne cessent de se multiplier. Le Canada comptait 2,1 relationnistes par journaliste en 1991. Ils étaient 4,1 par reporter en 2011.
  
Ici, dans la label province, le rapport gonfle à 6 contre un ! Selon Emploi Québec, il y avait 5000 journalistes québécois en 2012 pour 14 000 professionnels des relations publiques et des communications, et encore 16 000 experts-conseils en marketing.
  
Mais quels liens entretiennent vraiment ces deux mondes ?
  La professeure Chantal Francoeur de l’École des médias de l’UQAM, elle-même ancienne journaliste de la radio de Radio-Canada, vient de compléter la première tranche d’une étude sur le sujet des rapports complexes entre les relations publiques et le journalisme. « Il y a beaucoup, beaucoup d’études sur les liens entre ces deux mondes, explique-t-elle. Ce qu’il y a de nouveau, c’est de démonter ce que tout le monde qualifie de relation amour-haine ou de relation obligée. Je dis que ce n’est pas ainsi qu’il faut voir les choses. Je dis que la relation est beaucoup plus complexe et beaucoup plus nuancée. »
  
Pour comprendre finement ces liens, elle a longuement interviewé 13 reporters travaillant pour des quotidiens montréalais (dont Le Devoir). L’examen commenté de leur travail a permis de comprendre la variété des échanges entre les deux pôles de l’information. Les collègues exploitent différents « répertoires interprétatifs », des justifications quoi, pour décrire leur lien avec leurs vis-à-vis de la communication.
  
« Ces différents répertoires interprétatifs peuvent être mobilisés dans une seule et même phrase, montant la complexité de ces liens, écrit Mme Francoeur dans un article savant à paraître. Les journalistes défendent leur position de journalistes, insistent sur ce qui les différencie des relationnistes, tout en ouvrant la porte à des alliances possibles avec des relationnistes et même des espaces où des journalistes cèdent le terrain aux relationnistes. »

Barattage et baratinage
  Des chercheurs de l’Université Cardiff en Angleterre ont établi en 2006 que 41 % du contenu des articles de presse étaient alors directement fournis par les relationnistes. En anglais, on parle de « churnalism », mot forgé à partir du verbe « to churn » (baratter). Le site churnalism.com permet même de comparer un article et un communiqué de presse pour mesurer précisément la part de barattage ou de baratinage.
  
« Au départ, avec la recherche, on voulait un peu faire comme churnalism, voir la présence des relations publiques dans les articles, dit la chercheuse. On s’est rendu compte que c’est très difficile de voir où sont les relationnistes dans certains articles. À la une, par exemple, dans la vitrine la plus importante, y a-t-il des relations publiques ? On s’est rendu compte que c’est impossible d’arriver à un pourcentage précis parce que des relations publiques percolent partout. On a donc plutôt mis l’accent sur le spectre des rapports entre ces deux mondes. »
  
De prime abord, le reporter joue au sceptique pur et dur. Il dit qu’il ne croit pas les relationnistes, qu’il ne les utilise pas, qu’ils servent des intérêts privés, tandis que lui sert le public, etc. La réalité révélée au fil des entrevues s’avère beaucoup plus nuancée. « Et à la fin, parfois, les journalistes interviewés synthétisaient la situation dans une phrase du genre : les relationnistes, je ne les crois pas, mais je fais équipe avec eux », dit la confidente universitaire.
  
Cette équipe joue un jeu, une « game » dans le jargon du métier. La joute se déroule de plusieurs manières. Parfois, le relationniste fournit quasiment l’article clé en main en donnant le sujet, l’angle et les personnes-ressources. D’autres fois, il sort la « cassette » et s’en tient au discours officiel. Parfois, la « game » est truffée de coups bas, par exemple si le relationniste étend les délais de réponse, refuse de répondre ou « envoie toujours les trois mêmes phrases, par courriel ».
  
Surtout, la « game » se joue à quatre, cinq ou six contre un et tous les organismes érigent maintenant des murailles qui contrôlent les messages. « Le ratio est impressionnant, conclut la professeure Francoeur qui entamera bientôt la deuxième étape de l’étude en interviewant des relationnistes. C’est clair que nous sommes dans un ratio inégal et dans une culture de relations publiques. C’est aussi clair que de plus en plus de gens ont peur de prendre la parole parce que toutes les demandes des médias doivent passer par le filtre des relationnistes. Je ne dis pas qu’ils mentent, mais je trouve que ce serait plus intéressant s’il y avait moins de relations publiques et plus de dialogue. »
Source: Le Devoir-4 octobre 2014  |Stéphane Baillargeon    

NOTE DE L'ÉDITEUR
Nous sommes confrontés tous les jours aux communiqués de presse, autant des entreprises que des relationnistes de presse. Il faut savoir distinguer le commercial de l'interêt général. Nous avons quand même pris la décision de diffuser les communiqués touchant nos réseaux, commercial ou non!

A peine rentrée de l'école avec ses enfants, Delphine les installe à table dans la cuisine, vérifie la cuisson du rôti et s'assure que tout sera prêt aussi pour la trentaine de vendangeurs de son domaine du Beaujolais, qu'elle bichonne comme le veut la tradition.

Alors que Pôle emploi constate « une érosion » des offres de vendanges avec hébergement, le comte et la comtesse Amaury et Delphine d'Harcourt assurent toujours à leurs saisonniers gîte et couvert, avec le plus grand soin. « On leur coupe le pain, on leur met un grille-pain, ils ont du jus de fruit, ils ont plein de choses pour pouvoir démarrer la journée correctement. Le moral du vendangeur, il est dans l'assiette, assure Delphine. Ils récoltent le travail d'une année pour nous, donc on a besoin qu'ils soient en forme et motivés. »

Le repas fini, la maîtresse de maison soigne aussi les bobos : piqûre de guêpe, doigts coupés pour deux jeunes filles, genoux douloureux pour un costaud à tatouages. « Je te laisse les moribonds, je vais m'occuper des Américains », glisse-t-elle à Sandrine, l'employée qui gère l'équipe de vendangeurs. Cet après-midi, la comtesse reçoit un groupe d'outre-Atlantique venu visiter le château familial à Montmelas-Saint-Sorlin. Celle qui est commerciale pour le domaine le reste de l'année ne manquera pas de leur faire déguster le "Marquis de Montmelas", la marque maison.

"Souci de l'ambiance"

Une fois les bobos soignés, Sandrine met tout le monde dans le camion et monte sur un coteau qui domine le château médiéval. « Je ne veux voir que vos dos, pas vos têtes », lance-t-elle à ceux qui discutent. Et les dos de se courber vers les ceps taillés en bouquet, particulièrement bas. « Ils sont crevés aujourd'hui, ça se voit. Demain, on leur donnera la matinée ».

Alors que de plus en plus de propriétaires font travailler des groupes de Polonais ou de Turcs, au sein desquels la productivité l'emporte sur les relations humaines, les d'Harcourt ont le souci d'entretenir une ambiance conviviale. Pour motiver ses troupes, Sandrine entonne des chants du cru. Patrick et son fils Nicolas, qui viennent tous les ans de la Meuse, enchaînent blagues et calembours. Dans les caves, en contrebas, Amaury s'occupe des récoltes des jours précédents avec quatre jeunes - une apprentie en Bts et trois saisonniers. Les pieds dans une cuve, tête baissée, il pellette les grains vers les bords, pour un remplissage homogène. Benoit, un blond à lunettes qui vient de renoncer à la tâche, montre ses mains éraflées par les parois. « On est obligé d'y aller, parce que comme c'est des apprentis... ils savent pas travailler », lâche Amaury.

"Vodka et Beaujolais"

Après une douche et en civil, seuls le teint hâlé et les yeux rougis par le soleil trahissent l'activité de la journée. Vignerons et habitués s'attardent à table et relatent leurs souvenirs. « J'ai connu Amaury, il était pas plus haut que ça », se souvient Patrick, qui vendange ici depuis 35 ans. Amaury, lui, sait qu'il peut compter sur ses « Meusiens » tous les ans : Patrick conduit les tracteurs, sa femme Frédérique cuisine, et Nicolas, le fils, est porteur ou « jarlot », comme on dit dans le Beaujolais.

Donner des ordres à ceux qui l'ont vu grandir ? « On essaie plutôt d'influencer les habitudes », sourit le patron. Ça a l'air de fonctionner : Nicolas, dit « Chonchon », aura passé ses six semaines de congés annuels à travailler à Montmelas en 2014. Et pour Quentin, la vingtaine, « on se sent un peu comme à la maison. On a notre pause café, après on va faire une petite sieste. Tout est fait pour qu'on travaille dans les meilleures conditions ».

Dehors, les jeunes ont entamé la soirée sur la terrasse. Un grand brun vient demander s'ils peuvent remplir quelques bouteilles de la cuvée maison. Et quatre étudiants Polonais invitent à goûter une vodka de chez eux. En cas d'excès, les vendangeurs auront la matinée du lendemain pour se remettre. « Faudra qu'on leur laisse des seaux quelque part », anticipe Delphine. 

AFP
SourceAgrisalon.com du 28 septembre 2014

NOTE DE L'ÉDITEUR

Deux cultures differentes: Ici on fait payer les vendangeurs pour creer une expérience-client , en Europe on paye les vendangeurs. En parrallèle, la Mercedez est consideré ici en Amérique comme le symbole de la réussite, et  au Moyen Orient c'est la voiture des chauffeurs de taxis

samedi, 04 octobre 2014 12:44

Comment servir un saké ?

Comment déguster le saké ?
Comment servir un saké ? Qu'apprend-on de sa couleur ? À quelle température le déguster ? Suivez le guide Kaoru Iida, sommelière saké, pour une initiation à l'art du saké.

Comme le vin, le saké est une boisson très complexe, d'où l'intérêt de le déguster dans un verre à vin. Selon le style de saké, on peut utiliser un verre à vins de Bordeaux ou un verre à Brandy. Pour les sakés de la famille Junshu par exemple, nous pouvons utiliser une coupelle qui s'appelle le guinomi.

Que nous apprend la couleur d'un saké ?
Kaoru Iida, sommelière saké : Pour juger la couleur, nous pouvons observer le saké sur fond de papier blanc. La couleur du saké est souvent transparente, mais en vieillissant le saké a tendance à jaunir, à prendre une couleur ambrée. Voici un saké de couleur or. Il existe aussi une catégorie de saké "trouble", souvent non-filtré, sur lequel on voit la trace de "moût" ("Moromi" en japonais. Il s'agit du moût de fermentation composé de riz étuvé, de koji, d’eau et de levures). Au japon, il existe d'autres moyens d'observer la couleur d'un saké : Nous pouvons utiliser une petite coupelle (choko, guinomi). Le cercle bleu au fond permet de voir si le saké est coloré.

Après avoir observé la couleur, nous pouvons apprécier l'arôme : Est-ce que le saké est bien fruité, de quels fruits s'agit-il, est-il épicé... Une fois le nez apprécié, la dégustation de saké se fait à l'identique du vin : Vous gardez le saké dans la bouche un petit moment. Vous pouvez décrire le saké, comme si vous dégustiez un vin : Est-ce bien un goût de châtaigne ? De céréales ? Mais aussi certains arômes de champignon ? Nous pouvons aussi décrire la longueur en bouche.

À quelle température doit-on servir le saké ?
Kaoru Iida, sommelière saké : Le saké offre la palette de température de service la plus large parmi les boissons alcoolisées, de 5°C à 55°C. À chaque température, il y a son équilibre juste. Mais à 5°C de différence de service près, il y a parfois un déséquilibre dans cet ensemble. C'est à vous de trouver le bon équilibre. Il y a certains sakés qui sont bien équilibrés à 10°C, mais à 15°C nous sentirions peut-être plus l'alcool que l'acidité.

La plupart des températures de service du saké sont mentionnées au dos des bouteilles.

> Voici les températures de service et leurs noms poétiques :

  • Tobikiri kan : "Saké chauffé au point de nous faire partir pour de bon" (égal ou supérieur à 55°C)
  • Atsu kan : "Saké chauffé vraiment chaud" (50°C)
  • Jo kan : "Saké chauffé à température supérieure" (45°)
  • Nuru kan : "Saké chauffé tièdement" (40°C)
  • Hitohada kan : "Saké chauffé à la température de la peau" (35°C)
  • Hinata kan : "Saké chauffé par les rayons du soleil" (30°C)
  • Jo on : "À température normale" (ambiante) (20°C)
  • Suzu hie : "À la fraîcheur rafraîchissante" (15°C)
  • Hana hie : "À la fraîcheur d'une fleur" (10°C)
  • Yuki hie : "À la fraîcheur de la neige" (5°


Source: La Revue des Vins de France du 4 octobre 2014

Pour le seul mois de juillet, Sandrine Contant-Joannin a ramassé deux tonnes de légumes qui normalement auraient été laissés aux champs ou jetés à la poubelle.

En juin, c’était 871 kilos. Avec le début de la cueillette des pommes et des melons, en août, la directrice de Jardins solidaires s’attend à récupérer encore plus de volumes de fruits et légumes moches.

Pendant qu’en France, les légumes moches sont devenus très à la mode, au Québec, les supermarchés rejettent entre 20 à 50% des récoltes de légumes et fruits frais offerts par les producteurs québécois.

« Certains ont été égratignés, d’autres sont croches, trop gros ou trop longs pour les standards établis. Pour les légumes, le déclassement est très sévère et il y a très peu de transformation. Le phénomène du gaspillage est moins grave en pomiculture, puisque les pommes sont vendues pour le jus et la purée », explique Sandrine Contant-Joannin, qui a cofondé l’organisme à Saint-Joseph-du-Lac.

 L’organisation qu’elle dirige obtient actuellement ces denrées en dons de la part de cinq producteurs maraîchers de la région d’Oka.  Elle les redistribue gratuitement aux centres d’aide alimentaires qui manquent de produits frais à offrir aux familles démunies de la région.   

 « Je dois rejeter au moins 20% de mes récoltes. Je n’ai jamais compté combien je perds en ventes sur les marchés, mais c’est certainement des centaines de milliers de dollars », confirme Pascal Lecault, copropriétaire de la ferme Végibec, qui est un des  principaux donateurs aux Jardins Solidaires.

Encore plus de gaspillage
Du côté des pomiculteurs, le déclassement s’élève à 50% de la récolte, au minimum. Aucune meurtrissure, taches ni déformation n’est tolérée et chaque pomme doit être suffisamment rouge.

« Nous sommes captifs des grandes chaînes à qui nous vendons 80% de nos récoltes. Elles sont intraitables et exigent  une qualité exceptionnelle. Avant, on pouvait se rabattre sur la vente aux transformateurs québécois (NDLR : Lassonde pour le jus et les Vergers Leahy pour la compote) . Mais on commence à voir des problèmes avec eux », explique Marc Vincent, président de la Coopérative pomicole de Deux-Montagnes.

En effet, normalement, un minot de pommes (19 kilos) est acheté à 4,20$ l’unité pour la production de jus ou de purée. En 2013, le prix a chuté à 2,90$/ minot et en 2014, les producteurs s’attendent à un prix encore plus bas.  La concurrence provient principalement de la Chine qui vend à un prix très compétitif du concentré de pommes.

« On cherche à vendre sur des marchés de 2e qualité (Marché Central et fruiteries) ou à valoriser nos produits dans les HRI  [hôtels, restaurants, institutions]. Les distributeurs québécois sont plus ouverts à acheter nos produits. On pense aussi à faire nous-aussi de la transformation», complète Marc Vincent

La coop qu’il dirige fournira 200 kilos de pommes par semaine, au cours de la prochaine année, aux Jardins solidaires.

***

La faute aux Québécois
Les détaillants rejettent sur le dos des Québécois leur refus de manger des légumes et fruits moches. Ils ne se sentent pas non plus responsables des pertes imposés aux producteurs agricoles qui doivent laisser aux champs une grande quantité de leurs produits.

« Le légume et le fruit parfaits, c’est le consommateur qui le réclame. Il est souvent le premier impliqué », réplique Nathalie Saint-Pierre,  du Conseil canadien du commerce de détail (CCCT).  La porte-parole soutient que les catégories et la nomenclature des produits frais permettent au détaillant de savoir ce qu’il achète et de négocier avec le fournisseur. Elle affirme que le marché de la transformation est bien développé et que les producteurs peuvent utiliser ce créneau pour écouler leurs marchandises non vendues.

Nathalie Saint-Pierre rappelle aussi que les détaillants évitent le plus possible de jeter les aliments défraîchis. « Ils offrent des promotions, des rabais et des plats cuisinés sur place. Sans oublier qu’ils font aussi des dons aux banques alimentaires. Ultimement, les aliments sont envoyés dans un système de collecte des matières organiques », énumère-t-elle.

Du moche depuis 20 ans
En fait, le Québec est un lieu où il se vendrait plein fruits et légumes de moindre qualité esthétique.

« Les Québécois sont des habitués aux fruits et légumes moches. En Amérique du Nord, on est un des endroits où la qualité est au plus bas, si on se compare à Toronto », ajoute Jacques Nantel, professeur au département de marketing aux HEC Montréal.

Il croit néanmoins que la demande pour la consommation d’aliments déformés et déclassés, comme c’est la mode en Europe,  demeurera marginale.

« Dans l’ensemble nord-américain, nous n’avons pas beaucoup de possibilités pour déterminer nos propres règles. Si vous avez 10% de la population qui est prêt à acheter des aliments déclassés, en amont, c’est toute la logistique d’approvisionnement et d’entreposage qui sera modifiée », explique-t-il. 

Il doute que le marché soit disposé à modifier ses règles pour un si faible pourcentage de consommateurs.
Source: Argent/Canoe du 30 juillet 2014


NOTE DE L'ÉDITEUR
Il serait temps que les organisations concernées, consultent La Tablée des Chefs qui ont l'expertise necessaire afin de regler une partie du problème!

lundi, 17 mars 2014 15:19

Le caoutchouc, l'ennemi du chocolat

L’ennemi du chocolat: Vice-président des ventes et du marketing chez Barry Callebaut Canada (filiale du plus important transformateur de cacao au monde), Jean-Jacques Berjot croit que le principal ennemi du chocolat, c’est l’hévéa: l’arbre à partir duquel on produit le caoutchouc.

Depuis 15 ans, la Côte d’Ivoire est le principal producteur de cacao avec environ 40 % de la récolte mondiale Les producteurs de ce pays dévasté par les guerres délaissent peu à peu la culture du cacaoyer pour se tourner vers celle de l’hévéa.

«Contrairement à nos érables, qui ne coulent que quelques mois par an, une fois entaillé, l’hévéa peut produire du latex pendant 11 mois, expose M. Berjot. Comme les besoins de la Chine et de l’Inde augmentent aussi au niveau automobile, ça prend du caoutchouc pour fabriquer les pneus que chausseront ces nouvelles voitures.»

De son côté, la culture du cacao est très contraignante, souligne-t-il, puisqu’elle est entièrement effectuée à la main, sans aucun équipement. La cabosse contient entre 48 et 50 fèves qui, une fois extraites, doivent fermenter pendant quelques jours avant d’être séchées.

M. Berjot croit qu’une partie de la solution à une possible pénurie passe par les producteurs. «Actuellement, la fermentation du cacao n’est pas optimale, explique-t-il. Il faut mieux former les producteurs et leur donner plus d’argent». Ainsi, ils pourront vendre un produit de grade supérieur, les transformateurs accuseront moins de pertes et les chocolatiers auront accès à un produit de meilleure qualité.

Il souligne également qu’en Asie, il y a des zones où le climat est propice à la culture du cacao. Toutefois, il faudra attendre de 6 à 7 ans avant que ces arbres ne donnent leurs premiers fruits.
La suite sur le journal L'Oeil Régional du 5 mars 2014

lundi, 16 juin 2014 20:32

La SAQ se débarasse de Twist

Après avoir vu ses profits baisser pour la première fois en 2013-2014, la Société des alcools met fin à ses prétentions internationales et se déleste de sa filiale Twist, dont elle détient 50% des actions.


La fin du twist
Le grossiste en vin Twist, qui visait à tirer profit de l'expertise de la SAQ sur le marché international, est à vendre. La SAQ (50%) et ses partenaires, le Fonds de solidarité FTQ (25%) et Fondaction de la CSN (25%), négocient actuellement avec un acheteur intéressé à reprendre les activités déficitaires de Twist, a fait savoir hier la porte-parole Isabelle Merizzi.

Au cours des trois dernières années, la SAQ a encaissé des pertes de respectivement 1,1 million, 2,8 millions et 7,0 millions avec sa participation de 50% dans Twist.

- 2,7%

La SAQ affiche un bénéfice net de 1 milliard pour l'exercice clos à la fin du mois de mars. C'est une baisse de 2,7% par rapport à l'exercice précédent. Le gouvernement québécois, qui attendait un dividende de 1,057 milliard, a reçu 54,3 millions de moins.

Les ventes totales ont augmenté de 1%, à 2,9 milliards. Mais les ventes en volume ont diminué de 0,9%. La SAQ ne prévoit aucune augmentation pour l'exercice en cours.

Les Québécois ont donc visité moins souvent la SAQ l'an dernier et ont acheté moins. Mais ils ont dépensé en moyenne 46,19$, soit 5,2% de plus que l'an dernier. Cette augmentation peut s'expliquer par la hausse des prix, mais la SAQ l'attribue à «l'évolution qualitative des achats effectués par les clients».

Cibles ratées
La SAQ avait comme objectif d'augmenter ses ventes de 4%, alors que la hausse n'a été que de 1%. De même, la cible de 1371$ de ventes au pied carré n'a pas été atteinte. Les dépenses ont par contre augmenté de 5,7%, ou 29,5 millions, par rapport à l'exercice précédent. Les dépenses représentent 18,8% des ventes de la SAQ, comparativement à 18,0% à l'exercice précédent.


La suite sur ce lien!

NOTE DE L'ÉDITEUR

Lors de la conférence de presse qui annonçait le lancement de Twist, j'étais le seul média spécialisé en vin présent au Pied du Courant. Je n'avais pas posé de questions, pour ne pas attirer l'attention des médias traditionnels! À mon avis, ce n'est pas une excuse de la baisse des ventes pour se débarasser de cette division. Le commerce à l'international ne se fait pas en claquant les doigts, celà prend des années de démarchage, et la preuve flagrante est avec les succès remportés par  Bombardier sur l'échiquier mondial.

lundi, 24 mars 2014 10:17

Vin de paille contre vin paillé

Les vignerons de Corrèze n’ont plus le droit d’utiliser le terme "vin paillé" sur leurs étiquettes suite à un arrêté du Conseil d’État.

Une décision obtenue par le Jura après un long combat dans le but annoncé de protéger sa mention traditionnelle "vin de paille".
Le Jura est-il jaloux de son célèbre vin liquoreux appelé vin de paille ? C’est probablement ce que pensent les vignerons de Corrèze. 

Ces derniers, sous la pression des Jurassiens, ont désormais interdiction d’utiliser la mention vin paillé sur leurs étiquettes. La Société de Viticulture du Jura s'est en effet battue, jusqu'à porter l'affaire devant le Conseil d’État pour, obtenir cette interdiction. 

Selon cette Société, le terme "vin paillé" est trop proche de la mention "vin de paille" utilisée dans le Jura et peut prêter à confusion chez le consommateur. 

RAPPORT DE FORCE À L'AVANTAGE DU JURA

De quoi s’agit-il ? Les termes "vin de paille" et "vin paillé" renvoient à des méthodes de vinification différentes. Pour le vin de paille, le passerillage (action de faire vieillir le raisin traditionnellement sur lies de paille) dure au moins 6 semaines et le vin est élevé en fût de chêne pendant trois années. Alors que pour le vin paillé, le passerillage dure au minimum quatre semaines et le vieillissement au minimum deux ans. 

Le rapport de force est à l’avantage des Jurassiens. Alors qu’il n’y a que 17 vignerons corréziens qui produisent du vin paillé, répartis sur 20 hectares, les vignerons jurassiens produisant du vin de paille sont environ 70, sur 65 hectares.

L’histoire de cette bataille du vignoble remonte à 2003. À l’époque, "les producteurs de vins de paille ont tenté de dissuader les Corréziens de continuer à utiliser la mention "vin paillé" sur leurs bouteilles" se souvient Daniel Cousin, directeur de la société de Viticulture du Jura. Dans l’esprit des vignerons jurassiens, il s’agit de protéger leur spécificité et leur identité.
La suite sur ce lien de la Revue de France du 24-3-2014

«Haltes routières: premier PPP, premier échec et gouffre financier.»
Quel plaisir de lire ce titre dans le quotidien La Presse du 11 juin 2014, grâce à la vigilence du site de l'industrie touristique Tourismexpress.

Québec) Montage financier bancal. Rentabilité mal établie. Emplacements mal situés. Risque trop grand pour l'État. Le partenariat public-privé (PPP) sur les haltes routières, le premier lancé par le gouvernement libéral de Jean Charest, est une aventure mal ficelée qui prend les allures de gouffre financier pour l'État.

Dans un rapport, dévoilé mercredi, à l'Assemblée nationale, c'est un regard très critique que pose le vérificateur général du Québec sur ce projet en PPP.

À son élection en 2003, Jean Charest avait fait de cette formule un élément-clé de sa stratégie économique. En juillet 2004, il confiait au ministère des Transports la tâche d'aller de l'avant pour les balises d'un contrat signé, en 2008, avec Immostar pour rénover ou construire en PPP sept aires de service d'une nouvelle génération.

Le document multiplie les exemples de mauvaises projections, dont :

les «dépenses de maintien des actifs [sont] de 17,1 millions $ plus élevées pour le mode conventionnel [146 %] sans justification»; «certaines hypothèses sont peu probables», comme dans le cas du trafic, où il était prévu une hausse de 206 % sur 30 ans, alors qu'elle n'a été que de 24 % de 2000 à 2010.

Le vérificateur général Michel Samson note que le Ministère a établi des haltes routières sans tenir compte de services déjà offerts par le privé. Les installations de Saint-Augustin-de-Desmaures, à proximité de Québec, sont «très peu [utilisées] comme aire de repos», et il ne s'y «trouve ni poste d'essence ni dépanneur».

À la signature du contrat, le partenaire privé devait consacrer 35 millions $ et l'État, 7 millions $. Moins de deux ans plus tard, le Ministère a dû rouvrir un accord censé couvrir trois décennies et injecter, seul, 4 millions $, en raison de retards dans la délivrance de permis.

Le vérificateur général souligne que des négociations ont dû être conduites «avec le candidat sélectionné» sur le montage financier et le partage des risques. «En raison des garanties de revenus accordées et du risque financier supporté par le Ministère, il aurait été normal qu'il puisse profiter de redevances plus importantes si le projet est plus rentable.»
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NOTE DE L'ÉDITEUR

Celà fait des années via mes chroniques sur le site de planete.qc.ca et celui-ci que je dénonce l'inaction des gouvernements suite à leurs promesses d'établir des haltes routières convenables, propres et adéquates le long de nos autouroutes.

Avec son programme « Escale de l’été », le CIVB, Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux, veut montrer que les vins du Bordelais ont toute leur place sur les tables estivales.

À l’occasion de la manifestation « Bordeaux fête le vin », du 26 au 29 juin prochain, 87 partenaires (cavistes, restaurants et grandes surfaces) vont mettre en avant des bordeaux légers et aromatiques, dans les trois couleurs.

C'est une première. Cette année, du 26 au 29 juin, « Bordeaux fête le vin » ne va pas être cantonné aux quais, le long de la Garonne. Pour sa neuvième édition, la manifestation va gagner 24 cavistes, 27 grandes surfaces et 36 restaurants de l'agglomération bordelaise. La grande fête des vins de Bordeaux était l'occasion rêvée de lancer l'opération « Escale de l'été » qui vise à montrer aux consommateurs que les vins de Bordeaux ont parfaitement leur place sur la table estivale...

« Nous voulons faire découvrir des vins de l’été, des Bordeaux gourmands et légers, au travers de plusieurs manifestations. La première escale est celle de Bordeaux fête le vin », indique Roland Quancard, président de la commission promotion du CIVB. « C’est lors du « Bordeaux fête le vin » organisé à Québec que nous avons été bluffés en voyant que les restaurants participaient à la manifestation. Leur connaissance des bordeaux et le plaisir de les faire partager à leurs clients nous ont donné envie de les associer à la manifestation », commente Laurent Maupilé, délégué général de Bordeaux Grands Événements.

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